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Santé : Risques

 

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LES PROBLÈMES D’ENVIRONNEMENT ET DE SANTÉ PUBLIQUE


Toute activité humaine a, sur l’environnement, des incidences dont l’ampleur et les conséquences sont variables. Des dispositions législatives ont été élaborées pour les contrôler et les réduire au minimum.

La production d’énergie électrique comporte plusieurs risques majeurs, potentiels ou réels, pour l’environnement, notamment les émissions de substances dans l’air et la contamination de l’eau et du sol (voir tableau 76.4). Les centrales à combustibles fossiles sont une source de préoccupation particulière du fait qu’elles rejettent dans l’atmosphère des oxydes d’azote (voir ci-après «L’ozone»), des oxydes de soufre (ce qui pose la question des pluies acides), du dioxyde de carbone (voir ci-après «Les changements climatiques mondiaux») et des particules, dont on a déterminé qu’elles sont sources de problèmes respiratoires.


Tableau 76.4 Principaux risques pour l'environnement pouvant être créés par la production d'énergie électrique


Tableau en cours de préparation ...


Dans le cas des centrales nucléaires, les préoccupations majeures concernent le stockage à long terme des déchets nucléaires et la possibilité de catastrophes entraînant le rejet de contaminants radioactifs dans l’atmosphère. L’accident survenu en 1986 à Tchernobyl, en Ukraine, est un exemple classique de ce qui peut se produire en l’absence de précautions appropriées dans les centrales nucléaires: le lecteur peut se reporter à ce propos à deux articles pertinents de la présente Encyclopédie : «Tchernobyl, ou la méconnaissance des principes de conception ergonomique», au chapitre no 29, «L’ergonomie», et «Les mesures de sécurité et de santé dans les régions agricoles contaminées par des radionucléides: l’expérience de Tchernobyl», au chapitre no 39, «Les catastrophes naturelles et technologiques».

Pour ce qui est des centrales hydroélectriques, les inquiétudes tiennent principalement au lessivage de métaux, à la perturbation des habitats de la faune aquatique et terrestre et à la rupture éventuelle d’un barrage ou d’une digue.



  Les champs électromagnétiques


Les travaux de recherche sur les effets des champs électromagnétiques se sont développés dans le monde entier depuis l’étude publiée par Wertheimer et Leeper en 1979. Ces auteurs postulaient l’existence d’un lien entre les cancers de l’enfant et la présence de lignes électriques à proximité des habitations. Les études effectuées depuis cette date n’ont pas été concluantes et n’ont pas confirmé l’existence d’un lien de causalité; en fait, elles ont mis en évidence les aspects sur lesquels il serait nécessaire d’avoir une connaissance plus étendue et des données de meilleure qualité pour tirer des conclusions valables sur le plan épidémiologique. Certaines des difficultés rencontrées dans ce domaine tiennent à l’évaluation (mesure de l’exposition, caractérisation de la source, fréquence des expositions et intensité des champs magnétiques dans les habitations). Bien que l’étude publiée par le Conseil national de la recherche de l’Académie nationale des Sciences, aux Etats-Unis (National Research Council of the National Academy of Sciences, 1996) ait conclu qu’il n’existait pas de preuve suffisante pour dire que les champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence constituent une menace pour la santé humaine, la question continuera probablement de préoccuper les populations tant qu’elles n’auront pas été rassurées par des études et des recherches qui auront démontré l’absence d’une telle menace.



  Les changements climatiques mondiaux


Ces dernières années, l’opinion publique a pris davantage conscience des répercussions des activités humaines sur le climat du globe. On estime que la moitié environ de toutes les émissions de gaz à effet de serre produites par ces activités sont constituées de dioxyde de carbone (CO2). De nombreuses recherches ont été consacrées et sont en cours dans ce domaine aux niveaux national et international. Comme les activités des entreprises de production d’énergie électrique contribuent de manière significative aux émissions de CO2 dans l’atmosphère, toute réglementation visant à réduire ces émissions est de nature à avoir de graves conséquences pour l’industrie considérée. La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le plan d’action des Etats-Unis sur le changement climatique (Climate Change Action Plan) et la loi américaine de 1992 sur la politique de l’énergie (Energy Policy and Conservation Act) ont largement incité cette industrie à rechercher des moyens de s’adapter à une législation future.

Parmi les domaines étudiés actuellement, on peut citer la modélisation des émissions, la détermination des effets des changements climatiques, le calcul du coût des plans à prévoir pour gérer les changements climatiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et ses avantages pour l’être humain, et la prévision des changements climatiques.

Une cause de préoccupation majeure tient aux éventuelles répercussions négatives des changements climatiques sur les systèmes écologiques. On considère que les systèmes non encore pris en charge sont les plus sensibles et les plus exposés à des effets dommageables à l’échelle mondiale.



  Les polluants atmosphériques dangereux


L’Agence américaine de protection de l’environnement (Environmental Protection Agency (EPA)) a adressé au Congrès un rapport intérimaire sur les polluants atmosphériques dangereux produits par les entreprises publiques d’électricité, comme cela avait été demandé dans le cadre de la révision de la loi de 1990 sur la lutte contre la pollution de l’air (Clean Air Act Amendments) (EPA, 1998). L’EPA avait été chargée d’analyser les risques posés par les centrales thermiques à combustibles fossiles. Elle a conclu que ces émissions ne constituent pas un danger pour la santé publique. Les auteurs ont différé leurs conclusions au sujet du mercure dans l’attente de travaux complémentaires. Une étude très complète de l’Electric Power Research Institute (EPRI) sur les centrales à combustibles fossiles indique que plus de 99,5% de celles-ci n’occasionnent pas de risques de cancer supérieurs au seuil de 1 pour 1 million (Lamarre, 1995). A titre de comparaison, des chercheurs ont calculé que le risque dû à toutes les sources d’émissions pouvait atteindre 2 700 cas par an.



  L’ozone


La réduction des concentrations d’ozone dans l’air stratosphérique constitue une préoccupation majeure dans de nombreux pays. Les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) produisent de l’ozone. Comme les centrales à combustibles fossiles contribuent largement au volume total des émissions de NOx dans le monde, leurs responsables peuvent s’attendre à des mesures de contrôle plus rigoureuses à mesure que les pays renforceront leurs normes de protection de l’environnement. Il en sera ainsi jusqu’à ce que soient définies avec plus de précision les données destinées aux modèles photochimiques à grille utilisés pour la modélisation du transport de l’ozone troposphérique.



  La réhabilitation des sites


Le moment est venu pour les entreprises publiques de calculer ce que pourrait coûter le démantèlement des usines à gaz et la réhabilitation de leurs sites. Ces usines ont été créées à l’origine pour la production de gaz à partir de charbon, de coke ou de pétrole, de sorte que du goudron de houille et d’autres sous-produits ont été évacués dans de grands bassins sur place ou sur des terrains à l’extérieur du site. Les décharges de ce type sont de nature à contaminer les eaux souterraines et les sols. En raison des travaux de recherche qu’il faudra entreprendre pour déterminer l’étendue de la contamination des eaux souterraines et des sols à ces emplacements ainsi que les moyens d’y remédier de manière économique, le problème restera sans doute à l’étude pendant un certain temps encore. Des remarques analogues pourraient s’appliquer aux sites des centrales nucléaires.


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