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Santé : Risques

 

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LES INTERVENTIONS EN CAS D’URGENCE




Dans toute mine, les situations d’urgence sont souvent le résultat de l’absence ou de la défaillance de systèmes destinés à prévenir ou à contrôler les circonstances susceptibles de provoquer des incidents pouvant conduire à une catastrophe s’ils ne sont pas maîtrisés efficacement. Une urgence est un événement imprévu capable d’affecter la sécurité ou la santé des travailleurs ou la bonne marche des opérations, et qui requiert une intervention rapide et appropriée afin de se rendre maître de la situation et de limiter le plus possible les dommages.

Toute exploitation minière comporte des risques susceptibles de créer une situation d’urgence. Dans les mines de charbon souterraines, il faut compter avec le grisou, les poussières de charbon, les éboulements, la combustion spontanée et les engins lourds d’abattage et de transport. Dans les mines métalliques souterraines, une situation d’urgence peut résulter d’un éboulement (coup de terrain, chute de rocher, effondrement de piliers, etc.), de la détonation imprévue d’explosifs et de la présence de poussières de minerais de soufre. Quant aux mines à ciel ouvert, leurs risques sont liés aux gros engins mobiles de forte puissance, à la détonation imprévue d’explosifs et à la stabilité des excavations. La préparation du minerai crée également des risques: fuites ou déversements de produits chimiques dangereux, exposition à ces produits, défaillance des digues à stériles, etc.

Les techniques modernes d’exploitation intègrent des mesures utiles de contrôle des risques. Néanmoins, des catastrophes minières surviennent encore de temps à autre dans le monde, et cela en dépit du fait que plusieurs pays ont mis en œuvre des stratégies dynamiques d’amélioration de la sécurité dans les mines.

Le présent article donne un aperçu des moyens mis en œuvre pour intervenir en cas d’urgence et assurer dans toute la mesure du possible la poursuite de l’exploitation.



  La gestion du programme d’intervention en cas d’urgence


Le programme proposé ci-après est l’expression d’une démarche intégrée en matière de gestion des situations d’urgence. Il comporte notamment:

•   la manifestation de l’engagement de l’entreprise en faveur de la sécurité (politique de l’entreprise, engagement de la direction et leadership);
•   la gestion du risque (identification, évaluation et maîtrise des risques);
•   l’élaboration des mesures nécessaires pour faire face à un événement imprévu, un incident dangereux ou une situation d’urgence;
•   l’organisation des secours (stratégies, organigramme, effectifs, compétences requises et procédures);
•   la mise en place d’installations et la fourniture de matériel;

•   la formation du personnel à la reconnaissance d’incidents dangereux, et sa préparation à assumer les missions qui lui seront dévolues lors de la mobilisation et du déploiement des moyens mis en œuvre;
•   l’évaluation et l’amélioration de l’ensemble du programme par des vérifications et des suivis réguliers;
•   la réévaluation périodique des risques et de la capacité d’intervention ; l’évaluation de l’efficacité des interventions d’urgence, l’analyse critique des résultats et l’adoption des améliorations nécessaires.

En intégrant les interventions à prévoir en cas d’urgence aux dispositions des normes de la famille ISO 9000 sur les systèmes de management de la qualité, on disposera d’un système bien structuré qui devrait permettre de maîtriser les situations d’urgence d’une manière à la fois rapide, efficace et sûre.



  Les déclarations d’intention et l’engagement de l’entreprise


Il sera difficile de faire valoir qu’il est indispensable de disposer d’un programme d’intervention en cas d’urgence aussi longtemps que les risques potentiels n’auront pas été clairement reconnus et perçus comme une menace directe, tout à fait possible sinon probable, susceptible de se manifester dans un délai relativement court. En raison de sa nature même, on a tendance à ne reconnaître une situation d’urgence que lorsqu’elle est survenue; si on la reconnaît comme telle, on hésite souvent à lui conférer un caractère menaçant. L’absence de plans adéquats ou la présence de failles dans les plans existants accroissent la probabilité de voir survenir un incident grave ou une situation présentant un caractère d’urgence.


C’est en prenant les engagements nécessaires et en fournissant les ressources indispensables pour bien planifier les interventions requises en cas d’urgence qu’une entreprise se dotera de la capacité, des compétences et des moyens qui lui permettront de créer un milieu de travail sûr, de satisfaire à ses obligations morales et légales et d’augmenter les chances de pouvoir poursuivre ses activités en cas d’urgence. Les pertes dues aux interruptions de l’exploitation après un incendie, une explosion ou un accident n’ayant pas causé de mort d’homme sont souvent importantes en raison de l’ampleur des dommages causés et peuvent même entraîner la fermeture définitive de la mine. Les enquêtes portant sur les causes des accidents jouent également un rôle considérable. L’absence de mesures efficaces pour contrôler et gérer les événements dangereux aura pour effet d’alourdir le bilan des pertes qu’ils occasionnent.

L’élaboration et l’application d’un programme efficace d’intervention en cas d’urgence supposent des qualités en matière de leadership et de gestion ainsi que l’engagement et l’appui de la direction. Un bon système d’intervention en cas d’urgence comporte les obligations ci-après pour une entreprise:

•   assumer un leadership, manifester un ferme engagement et fournir un soutien continu aux actions qui auront été décidées;
•   définir des objectifs à long terme;
•   assurer un soutien financier adéquat;
•   garantir la disponibilité d’un personnel convenablement formé;
•   fournir des moyens suffisants pour améliorer le système et son application.

L’entreprise peut montrer sa détermination en nommant une personne compétente et expérimentée, jouissant de l’estime générale, au poste de coordonnateur des mesures d’urgence et en lui conférant l’autorité nécessaire pour obtenir la participation et la coopération de tous les niveaux et de toutes les unités de l’organisation. La création d’un comité de planification des mesures d’urgence, sous la direction du coordonnateur, pourra favoriser la planification et la mise en œuvre de moyens intégrés d’intervention en cas d’urgence à tous les échelons de l’entreprise.



  L’évaluation des risques



Grâce au processus d’évaluation des risques, l’entreprise devrait être en mesure d’identifier et d’analyser ceux auxquels elle est confrontée et de déterminer les probabilités et les conséquences de leur matérialisation. Ces risques seront étudiés en fonction de critères préétablis afin de déterminer s’ils sont acceptables ou non et d’adopter le cas échéant les mesures nécessaires pour les supprimer ou les atténuer. Il faudra ensuite élaborer des plans avec des objectifs précis et assurer leur mise en œuvre.

La même démarche peut être suivie pour élaborer des mesures destinées à faire face à des situations imprévues. L’analyse méthodique des risques permet d’imaginer des scénarios très proches de la réalité. Il s’agit ensuite de concevoir les mesures appropriées pour chacun des scénarios retenus, mesures qui formeront la base de la stratégie d’intervention en cas d’urgence.

Parmi les scénarios susceptibles d’être retenus, il est intéressant de noter ceux qui sont présentés au tableau 74.5. D’autres sources, par exemple la norme australienne (Australian Standard AS/NZS 4360:1999 — Risk Management) , proposent une liste de risques génériques et une classification différente des risques et de leurs conséquences; ces données constituent un plan complet d’analyse des risques pour l’établissement d’un système d’intervention en cas d’urgence.


Tableau 74.5 Eléments essentiels/secondaires de la planification d’urgence


Tableau en cours de préparation ...



  Les mesures et les stratégies d’intervention en cas d’urgence


Le système d’intervention en cas d’urgence devrait comprendre trois niveaux. L’intervention de premier niveau englobe les actions individuelles entreprises après l’identification d’une situation ou d’un incident dangereux:

•   l’information des surveillants ou du personnel d’encadrement pour les mettre au courant de la situation;
•   les mesures élémentaires de survie, de lutte contre le feu, etc.;
•   l’évacuation, la fuite ou la mise à l’abri.


L’intervention de deuxième niveau comprend les actions des personnes appelées à intervenir lorsqu’elles sont informées de l’incident (équipes de lutte contre le feu, équipes d’intervention spéciale, personnel spécialisé, etc.) et à mettre en œuvre des compétences et des équipements de pointe.

L’intervention de troisième niveau suppose le déploiement de techniques et d’équipements plus sophistiqués; elle s’applique aux situations dans lesquelles les interventions de premier et de deuxième niveau ne peuvent être envisagées de manière sûre ou efficace. Ce type d’intervention comprend entre autres:

•   l’utilisation de dispositifs de localisation de personnes et de détecteurs sismiques;
•   le sauvetage par des trous de grand diamètre;
•   l’inertage, l’obturation à distance ou l’inondation de certains quartiers;
•   l’utilisation de véhicules et de systèmes de surveillance et d’exploration (par exemple, caméras-sondes et appareils d’échantillonnage de l’atmosphère).



  La définition de l’organisation des premiers secours et des opérations de sauvetage


Une situation d’urgence qui se prolonge s’aggrave à mesure que le temps passe. Le personnel sur place doit être préparé à réagir de façon appropriée à ce type de situation. L’organisation chargée des secours doit être en mesure de coordonner et de gérer une multitude d’activités afin d’intervenir de manière rapide et efficace.


L’organisation responsable devrait élaborer un plan comportant des dispositions qui définissent et intègrent les stratégies d’urgence et qui précisent la chaîne de commandement, les ressources en personnel, les fonctions et les responsabilités de ce personnel, les équipements ainsi que les procédures. Toutes les étapes d’une situation d’urgence devraient y figurer, depuis sa reconnaissance initiale et l’instauration des mesures les plus urgentes jusqu’aux opérations de mobilisation, de déploiement des moyens et de rétablissement des conditions normales.

L’accent devrait être mis sur un certain nombre d’éléments clés, notamment:

•   la capacité d’intervention au premier et au deuxième niveau;
•   l’aptitude à gérer et à maîtriser une situation d’urgence;
•   la coordination des interventions et des communications, y compris la collecte et l’évaluation des informations, la prise de décisions et leur application;
•   l’ampleur des moyens à mettre en œuvre pour se rendre maître de la situation, notamment dans le domaine de l’identification et du confinement du feu, du signalement rapide d’une situation d’urgence, de l’instauration de procédures opérationnelles particulières (lutte contre l’incendie, évacuation, techniques de survie) ainsi que lors des activités de surveillance et de suivi;

•   la définition et l’attribution des responsabilités et fonctions clés;
•   les services de surveillance, les services consultatifs, techniques, administratifs et d’appui;
•   les dispositions à prendre à titre transitoire, en cas de passage d’une exploitation normale à une situation d’urgence, ces dispositions concernant les voies de communication, les niveaux de commandement, la définition des responsabilités, l’exécution des ordres, les liaisons, etc.;
•   la possibilité d’intervenir de manière prolongée et d’assurer les changements de postes nécessaires;

•   les conséquences des changements apportés dans les situations d’urgence, y compris les conséquences sur la structure et la supervision des effectifs, la réattribution des tâches ou la réaffectation du personnel, la motivation, la discipline, ainsi que le rôle des experts et des spécialistes, des services extérieurs et des représentants du siège central de l’entreprise;
•   les dispositions à prendre dans l’éventualité de situations particulières, par exemple en dehors des heures de travail, en l’absence des cadres chargés de l’organisation des secours ou quand ces cadres sont eux-mêmes victimes d’accidents liés à la situation d’urgence;
•   l’intégration et le déploiement des plans, des méthodes et des moyens correspondant aux interventions de troisième niveau.



  Les installations, les équipements et le matériel de premiers secours et de sauvetage



Pour déterminer la nature et l’ampleur des moyens qui seront nécessaires en cas d’urgence, il est impératif de se reporter aux techniques de gestion du risque et d’appliquer celles qui conviennent, puis d’établir les stratégies de secours à mettre en œuvre pour maîtriser les différentes situations qui peuvent se présenter. Par exemple, face à un risque élevé d’incendie, il faudra prévoir des installations et des équipements adéquats de lutte contre le feu ainsi que les moyens requis pour déployer ce matériel en fonction du profil du risque. On pourra se reporter au tableau 74.6 pour déterminer les besoins en installations, en équipements et en matériel qui permettront de porter effectivement secours dans les situations d’urgence où il est essentiel de disposer de services de premiers secours, de moyens d’évacuation et d’équipement de survie ou de sauvetage.


Tableau 74.6 Mesures et moyens à prévoir


Tableau en cours de préparation ...


D’autres structures d’appui peuvent se révéler nécessaires dans certaines situations d’urgence, par exemple la mise en place de services de gestion de l’intervention, la désignation de zones de rassemblement pour les travailleurs et les sauveteurs, des mesures visant la sécurité des lieux et de leurs accès, la mise à disposition d’installations adéquates pour les proches et les médias, la fourniture d’équipements et de matériel divers immédiatement utilisables, etc. Il serait utile de prévoir aussi des moyens de transport et un service d’intendance. Ces structures devraient être en place avant que ne survienne un incident. Les situations d’urgence qui se sont déclarées dans les mines soulignent la nécessité de mettre l’accent sur trois points relevant spécifiquement de l’infrastructure: les abris, les communications et la surveillance de l’atmosphère.


Les abris-refuges

Ces abris facilitent les opérations de secours et de sauvetage au fond. Certains sont équipés d’appareils individuels de survie et de moyens permettant au personnel de communiquer avec la surface; d’autres procurent un refuge pendant une période prolongée, en attendant l’arrivée des sauveteurs.

C’est la configuration générale du système de secours et de sauvetage qui dicte en tout premier ressort la décision d’installer ou non des abris-refuges ou des niches de sécurité dans une mine. On tiendra compte en outre des facteurs ci-après dans toute étude concernant l’éventuelle mise en place de ce type d’installations:

•   la probabilité de se trouver pris au piège;
•   le temps mis par les travailleurs du fond à gagner la sortie par les voies et les issues normales; ce temps peut être très long dans les mines comportant de nombreux chantiers ou présentant une configuration accidentée (pentes raides) ou encore de faible hauteur;
•   la possibilité pour les travailleurs se trouvant dans la mine de sortir par leurs propres moyens, cette possibilité pouvant être compromise par un état de santé déficient, une mauvaise con-dition physique ou des blessures subies en cours d’incident;
•   les exigences de la discipline indispensable;
•   la mise à disposition des moyens nécessaires pour diriger vers les abris, dans des conditions de très faible visibilité, les travailleurs en état de stress;

•   la résistance aux explosions et au feu des matériaux utilisés;
•   les quantités, dimensions et capacités à prévoir;
•   les services à fournir (par exemple, aérage/épuration de l’air, refroidissement, communications, hygiène, moyens de subsistance);
•   la possibilité de mise en œuvre d’un inertage pour prévenir la propagation du feu;
•   les options permettant de mener à bien les ultimes tentatives de sauvetage (par exemple, appel à des équipes de sauvetage minier et foration de trous de grand diamètre).


Les communications

Chaque mine dispose d’un réseau de communication destiné à faciliter la conduite des opérations et à transmettre d’éventuelles demandes de secours. Malheureusement, cette infrastructure n’est souvent pas assez robuste pour résister à une explosion ou à un incendie importants, ce qui a pour effet d’interrompre les transmissions au moment où elles sont d’une importance vitale. Outre qu’elles requièrent l’accès à un combiné téléphonique dont l’utilisation n’est guère compatible avec le port d’un appareil respiratoire, les lignes conventionnelles de communication sont souvent installées dans les voies principales d’aérage plutôt que dans les voies de secours.

Les besoins en communications après un incident devraient être évalués de manière approfondie. Bien qu’il soit préférable, pour des raisons de maintenance, de coût et de fiabilité, qu’un tel système de communication fasse partie intégrante du système de communication normal, il peut être justifié d’installer un système autonome pour les urgences. En tout état de cause, les systèmes de communication de la mine doivent faire partie intégrante de la stratégie globale de gestion des secours, du sauvetage et des urgences.


Le monitorage de l’atmosphère

Il est essentiel de connaître les conditions prévalant dans une mine suite à un incident pour déterminer et mettre en œuvre les moyens voulus pour maîtriser la situation, ainsi que pour secourir et évacuer les travailleurs restés à l’intérieur, tout en assurant la protection des sauveteurs. Une fois que les besoins en monitorage de l’air dans la mine auront été analysés, il s’agira de mettre en place un ensemble de mesures appropriées portant sur:

•   l’installation de stations fixes d’échantillonnage et d’analyse de l’air susceptibles de fonctionner dans des conditions normales ou potentiellement dangereuses;
•   le maintien de capacités d’analyse et d’interprétation des résultats afin de suivre l’évolution de la composition de l’air dans la mine, en particulier dans les cas où l’on suspecte la présence de mélanges explosifs après un incident;
•   la mise en place de systèmes modulaires à faisceau tubulaire autour des trous de mines afin de réduire autant que possible les délais d’analyse et d’améliorer la robustesse du système;
•   les moyens de vérifier le bon fonctionnement des systèmes à faisceau tubulaire après un incident;
•   le recours à la chromatographie en phase gazeuse dans les cas où les sauveteurs seraient appelés, après un incident, à pénétrer dans un quartier susceptible de contenir des mélanges gazeux explosifs.



  Les qualifications, les compétences et la formation en matière de situations d’urgence



La capacité de reconnaître les risques, de déterminer les mesures à prendre, d’organiser les secours et de choisir les moyens nécessaires sont autant de qualités et de compétences requises pour faire face à une situation d’urgence.

Celles-ci ne se limitent pas à la planification et à la gestion d’une situation de crise; elles supposent également un vaste ensemble de connaissances de base associées aux interventions primaires et secondaires et qui devraient faire partie d’une stratégie complète de formation comprenant:

•   l’identification et la mise en œuvre des mesures nécessaires pour circonscrire l’incident (lutte contre l’incendie, appareils individuels de survie, évacuation, etc.);
•   les communications (radio, téléphone, etc.);
•   la mobilisation et le déploiement des moyens (par exemple, recherche et sauvetage, lutte contre le feu, prise en charge des victimes, récupération des corps).

Tout plan d’intervention en cas d’urgence bien conçu fournit un cadre à l’élaboration d’une stratégie privilégiant une formation de caractère pratique. En effet, il permet d’identifier de façon raisonnablement fiable les besoins susceptibles d’apparaître dans une situation d’urgence, leur importance et leurs conséquences prévisibles pour la mine, ainsi que les compétences nécessaires pour y faire face. Ce plan devrait notamment comprendre:

•   une déclaration d’intention précisant les raisons pour lesquelles il importe d’améliorer les connaissances et les compétences du personnel et indiquant, en outre, la volonté de la direction de s’engager dans la mise en œuvre des moyens nécessaires;
•   des méthodes de gestion des risques permettant d’identifier les principaux événements pouvant donner lieu à une situation d’urgence (feux et incendies, explosions, présence de substances dangereuses, mouvements imprévus de terrain, dégagements instantanés, actes de sabotage, alertes à la bombe, infractions à la sécurité, etc.);
•   la définition des composantes d’une organisation de secours (stratégies, structures, effectifs, compétences et procédures) et des indications précises concernant la formation et l’entraînement pratique des personnes appelées à faire partie de cette organisation, leur mission dans une situation d’urgence et les qualifications qu’elles devraient posséder;

•   l’identification des ressources consacrées à la formation, afin de déterminer les besoins et les structures de soutien nécessaires en matière d’équipements et d’effectifs;
•   la formation du personnel dans la reconnaissance des situations à risque et l’instauration des mesures qui s’imposent;
•   la mise à l’épreuve, l’évaluation et l’amélioration continue du plan. Combinées à une réévaluation périodique des risques et de la capacité d’intervention, ces mesures complètent la formation et contribuent à assurer l’efficacité du plan d’intervention en cas d’urgence.

Les différents éléments de la formation en matière d’interventions en cas d’urgence relèvent des diverses catégories indiquées au tableau 74.7.


Tableau 74.7 Grille de formation aux interventions en cas d'urgence


Tableau en cours de préparation ...



  Les audits et l’évaluation



L’évaluation de l’efficacité des plans d’urgence (procédures, moyens, formation, compétences du personnel, etc.) s’accompagne nécessairement d’un programme d’audit et de suivi. Audits et simulations fournissent dans tous les cas l’occasion d’améliorer l’efficacité des interventions, de formuler des critiques constructives et de confirmer la bonne exécution des actions clés.

Tout plan d’urgence devrait être testé sur place au moins une fois par année, pour chaque équipe. Les éléments sensibles — comme l’alimentation de secours et les systèmes d’alarme à distance — devraient faire l’objet de vérifications spéciales plus fréquentes.

Il existe deux formes d’audits. L’audit horizontal vise le fonctionnement d’éléments spécifiques et de moindre importance du plan d’intervention global et se propose d’en détecter les carences. Même si elles sont en apparence mineures, des carences peuvent avoir des conséquences graves en situation d’urgence. On trouvera des exemples de ces carences au tableau 74.8. L’audit vertical , en revanche, s’intéresse à l’entrée en action simultanée de plusieurs éléments constitutifs du plan d’intervention en simulant une situation d’urgence. Il teste le déclenchement du plan d’urgence, les procédures de recherche et de sauvetage, la lutte contre le feu ainsi que la logistique en cas d’intervention dans une exploitation éloignée.


Tableau 74.8 Exemple d'audit horizontal d'un plan d'urgence


Tableau en cours de préparation ...


Les simulations peuvent mettre en scène des personnes appartenant à des services différents, voire à d’autres entreprises, des organisations d’entraide et même des services d’urgence comme la police et les sapeurs-pompiers. La participation d’organisations extérieures peut être bénéfique pour tous; elle fournit une excellente occasion d’intégrer les équipes d’intervention, de rassembler les moyens et d’adapter les capacités d’action aux principaux risques propres à certains sites.

Un examen critique systématique sera effectué dès que possible après tout audit et simulation. Les carences mises en évidence devraient être déterminées avec le plus de précision possible, et les procédures revues afin de les amender le cas échéant; si des changements ont été apportés, les résultats devraient être contrôlés.

Un programme suivi mettant l’accent sur la planification, les compétences, la discipline et le travail d’équipe permettra d’assurer le succès des exercices de simulation et de formation. L’expérience a démontré à maintes reprises que ces exercices sont bénéfiques; ils offrent en tout cas l’occasion de mettre en évidence les forces et les faiblesses du plan d’intervention en cas d’urgence.



  La réévaluation périodique des risques et de la capacité d’intervention


La plupart des risques ont une dynamique; il importe dès lors de surveiller leur évolution pour décider en cas de besoin des ajustements à apporter au niveau des personnes, des méthodes et des équipements. On pourra être amené à modifier l’ordre des priorités en matière de risques ou la capacité d’intervention.



  Conclusion


Les situations d’urgence sont souvent considérées comme des événements totalement inattendus. En réalité, à notre époque marquée par d’énormes progrès dans le domaine de l’information et des communications, seuls quelques événements peuvent encore être réellement qualifiés d’imprévus. Rares sont les catastrophes dont on peut dire qu’elles ne se sont pas encore produites. Une abondante documentation (presse spécialisée, alertes au danger, statistiques d’accidents, rapports techniques, etc.) nous fournit de solides données historiques et devrait nous aider à imaginer ce que l’avenir peut réserver à ceux qui ne sont pas préparés.

Les changements qui s’opèrent dans l’industrie modifient également la nature des situations d’urgence qui peuvent survenir. Si l’on se fie aveuglément aux méthodes du passé, on risque de ne pas avoir en main tous les éléments requis pour traiter les événements futurs.

La gestion des risques permet d’aborder de façon complète et systématique la connaissance des dangers propres aux mines et de mettre en place des plans et des moyens d’intervention efficaces en cas d’urgence. Il importe par conséquent de se familiariser avec cet outil et d’en maîtriser l’application.

Une bonne capacité d’intervention en cas d’urgence repose sur la sensibilisation de l’ensemble du personnel de la mine. Celui-ci devrait être soumis à un entraînement prospectif réaliste dans des conditions de chaleur, d’humidité, de fumée et de faible visibilité. Une formation insuffisante ou exclusivement théorique peut suffire à transformer un incident en une catastrophe.

La convention (no 176) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la sécurité et la santé dans les mines, 1995, et la recommandation no 183 qui l’accompagne constituent des outils de référence générale pour l’amélioration de la sécurité et de la santé dans les mines.

Remerciements: les auteurs tiennent à remercier M. Paul MacKenzie-Wood, directeur, Coal Mines Technical Services (Mines Rescue Service, NGS, Australie) pour sa collaboration à la mise au point du présent article.





 

 

 

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