
L’ÉQUIPEMENT DE PROTECTION INDIVIDUELLE DES MINEURS

La protection de la tête
Dans la plupart des pays, les mineurs doivent porter un casque ou un chapeau de protection d’un type agréé. Contrairement au casque qui ne comporte qu’une visière, le chapeau de mineur est à large bord, ce qui permet à l’eau de s’écouler, avantage fort appréciable dans un milieu aussi humide. Cette conformation empêche toutefois l’incorporation de fentes latérales pour la fixation de coquilles antibruit, d’une torche, d’un écran facial pour les travaux de soudage, de découpage, de meulage, de purgeage, ou encore d’autres accessoires. Les chapeaux ne constituent qu’un très faible pourcentage des protecteurs de la tête portés dans les mines.
Casques et chapeaux sont, dans la plupart des cas, équipés d’une bride et d’une pince pour la fixation d’une lampe et d’un cordon, respectivement. Le profil très bas du casque traditionnel de mineur réduit de manière appréciable le risque de se cogner la tête dans l’exploitation de veines de faible épaisseur. Cette caractéristique n’est toutefois d’aucune utilité dans les chantiers dont le toit est relativement élevé. De plus, ce profil très bas réduit l’espace compris entre le sommet de la tête et la voûte du casque. De ce fait, ces casques sont rarement conformes aux exigences de résistance aux impacts par le haut, ce qui motive souvent leur remplacement par des protecteurs de la tête de type conventionnels.
Les normes en matière de protection de la tête dans l’industrie ont très peu changé depuis les années soixante. Or, dans les années quatre-vingt-dix, l’explosion des ventes d’équipements de protection de la tête pour les activités de loisir — par exemple les casques pour la pratique du hockey et de la bicyclette — a révélé des lacunes dans le cas des protecteurs industriels, plus particulièrement l’absence de protection contre les chocs latéraux et la chute du casque en cas d’impact. Des pressions se sont donc exercées pour l’adoption de normes industrielles plus rigoureuses en matière de protection de la tête. Certains pays possèdent déjà de telles normes, et l’on trouve sur le marché des casques de protection avec doublure en mousse, serre-tête à rochet et mentonnière. Ces casques ne sont pas encore très répandus en raison de leur coût élevé, de leur poids et de leur manque de confort. Toutefois, l’inscription de ces nouvelles normes dans la législation devrait favoriser le port de ces types de casque dans l’industrie minière.
La lampe au chapeau du mineur
Dans les secteurs de la mine qui ne bénéficient pas d’un éclairage permanent, le port d’une lampe au chapeau est essentiel pour que le mineur puisse se déplacer et travailler avec efficacité et en sécurité. On exige surtout d’une telle lampe qu’elle soit robuste, facile à utiliser avec des gants, qu’elle fournisse un flux lumineux suffisant pendant toute la durée du poste de travail (et satisfasse le cas échéant aux niveaux d’éclairement requis par la réglementation locale) et, enfin, qu’elle soit aussi légère que possible sans que cela ne nuise aux exigences de performance mentionnées ci-dessus.
Au cours des dernières années, les lampes à halogène ont en grande partie remplacé les lampes à incandescence à filament de tungstène, ce qui a permis de tripler, voire de quadrupler les niveaux d’éclairement et de satisfaire aux dispositions réglementaires, même à la fin d’un poste de travail prolongé. Les progrès réalisés en matière de batteries ont aussi eu un rôle majeur dans l’amélioration de la performance des lampes. Les batteries au plomb sont encore les plus courantes dans la plupart des applications minières, bien que certains fabricants aient lancé avec succès des batteries au nickel-cadmium qui peuvent fournir le même rendement avec un poids inférieur. La fiabilité, la longévité et la facilité d’entretien continuent néanmoins de jouer en faveur des batteries au plomb, et c’est vraisemblablement pourquoi on continue à les utiliser aussi largement.
Outre leur fonction principale qui est d’éclairer, la lampe au chapeau et la batterie qui l’alimente ont récemment été intégrées aux systèmes de communication intéressant la sécurité dans les mines. Grâce à un récepteur radio installé dans le couvercle de la batterie, les mineurs peuvent recevoir des messages, des mises en garde ou des ordres d’évacuation par des ondes radioélectriques de très basse fréquence; ils peuvent aussi être informés de l’imminence d’un message par le clignotement de la lampe. Ces résultats prometteurs devraient permettre d’améliorer les systèmes d’alerte rapide et de supplanter les méthodes traditionnelles d’alerte olfactive par injection dans le courant d’aérage de gaz malodorants, en tout cas dans les mines où cela peut se faire.
La protection des yeux et du visage
La plupart des mines ont adopté des programmes contraignants de protection oculaire obligeant les mineurs à porter des lunettes de protection ou un écran facial, selon le type de travail effectué et les risques rencontrés. Pour la majorité des activités, des lunettes de protection à coquilles latérales assurent une protection suffisante. La saleté et la poussière, présentes dans beaucoup de chantiers miniers, plus particulièrement dans le cas de l’abattage en roche dure, peuvent être très abrasives et causer des rayures ainsi qu’une détérioration rapide des lunettes munies de lentilles en plastique (polycarbonate). Nombre de mines tolèrent donc encore les lentilles en verre, même si celles-ci n’offrent pas la même résistance aux chocs et si elles peuvent ne pas être conformes aux normes en vigueur.
Des progrès ont été réalisés en ce qui concerne le traitement antibuée et le durcissement superficiel des lentilles en plastique. Parmi ces traitements, ceux qui modifient la structure moléculaire de la surface des lentilles, au lieu d’y déposer simplement un film ou un revêtement, sont habituellement plus efficaces et plus durables. Ils devraient permettre de supplanter le verre en tant que matériau privilégié pour les lentilles utilisées dans les mines.
Le port de visières en forme de coques n’est pas courant dans les chantiers du fond, sauf s’il y a risque de projection de produits chimiques.
Le port d’un écran facial peut être indiqué lorsqu’il est nécessaire d’assurer une protection complète du visage dans des travaux de soudage ou de meulage ou des travaux analogues. Un écran facial peut convenir à une tâche particulière (par exemple, le soudage) ou être d’un usage plus général; dans ce dernier cas, il peut être tout simplement en matériau acrylique ou en polycarbonate. Bien qu’ils puissent être équipés d’un serre-tête, les écrans faciaux utilisés par les mineurs sont normalement montés dans les fentes du casque prévues pour recevoir un accessoire. Ils doivent pouvoir se relever et s’abaisser rapidement.
Le mineur peut porter un couvre-face complet lorsque, en plus d’une protection du visage, il doit également bénéficier d’une protection contre des substances susceptibles d’irriter les yeux. Ce genre de protection s’impose plus souvent en surface qu’au fond.
La protection des voies respiratoires
C’est le plus souvent pour se protéger contre les poussières que les mineurs doivent recourir à une protection des voies respiratoires. Les poussières de charbon ainsi que la plupart des autres poussières ambiantes peuvent être filtrées efficacement au moyen d’un quart de masque antipoussières peu coûteux. Le modèle de masque comprenant une pièce en élastomère couvrant le nez et la bouche et un filtre remplaçable est efficace; la coquille jetable en fibres, par contre, ne l’est pas.
Des activités comme le soudage, l’oxycoupage, la mise en œuvre de solvants, la manutention de combustibles et le tir de mines peuvent polluer l’atmosphère des chantiers. Il faut se protéger en portant un respirateur à deux cartouches filtrantes permettant d’éliminer les poussières, les brouillards, les fumées, les vapeurs organiques et les gaz acides. Les concentrations de polluants seront mesurées à l’aide de tubes détecteurs ou d’autres appareils portatifs, afin de déterminer si une protection est nécessaire. Le personnel exposé devrait porter un respirateur approprié jusqu’à ce que le système d’aérage de la mine ait évacué les polluants ou ramené leur concentration à un niveau acceptable. Certains types de particules que l’on trouve en suspension dans l’atmosphère des mines — par exemple, les fibres d’amiante dans les mines d’amiante, les fines de charbon découlant de l’exploitation par longues tailles et les radionucléides des mines d’uranium — peuvent imposer l’utilisation d’un appareil respiratoire à adduction d’air comprimé équipé d’un filtre à particules à haute efficacité.
Les respirateurs à adduction d’air filtré dans une cagoule, une pièce faciale étanche ou un casque avec pièce faciale intégrée satisfont à cette exigence.

La protection de l’ouïe
Les engins motorisés en service dans les chantiers souterrains produisent des niveaux sonores élevés susceptibles à long terme de porter atteinte à l’audition. Normalement, des coquilles antibruit fixées au casque de mineur dans des fentes prévues à cet effet assurent la protection requise; une protection supplémentaire peut être obtenue en portant des bouchons d’oreilles en mousse compacte. On peut aussi utiliser des bouchons seuls, du type jetable en mousse ou réutilisable en élastomère; cette solution s’impose lorsque le casque porte déjà un masque ou un autre accessoire.
La protection de la peau
Certaines activités minières peuvent causer une irritation de la peau et exiger le port de gants de travail. Une protection supplémentaire peut être apportée par des crèmes isolantes (crèmes barrières); ces crèmes sont indispensables lorsqu’il est impossible de porter des gants.
La protection des pieds
Les chaussures montantes portées par les mineurs sont en cuir ou en caoutchouc, suivant que la mine est sèche ou humide. Pour satisfaire aux exigences minimales en matière de protection, la chaussure doit être munie d’une semelle résistant à la perforation avec couche extérieure composite antidérapante, embout en acier et protection du métatarse. Ces exigences de base sont demeurées inchangées, mais des progrès ont permis de mettre au point des chaussures montantes beaucoup moins encombrantes et bien plus confortables que celles utilisées il y a plusieurs années. Ainsi, la protection du métatarse est désormais assurée par des éléments moulés en fibres qui remplacent avantageusement les anciens cerceaux et étriers d’acier. On obtient la même protection avec un poids moindre, ce qui réduit les risques de trébuchement. La forme des chaussures est devenue plus anatomique, et les chaussures montantes des mineurs ont bénéficié des améliorations apportées aux modèles conçus pour les sportifs, avec semelles intercalaires absorbant l’énergie, revêtements empêchant le passage de l’humidité et matériaux isolants modernes.
Les vêtements
La combinaison en coton ordinaire ou en coton traité ignifuge est le vêtement de travail normal dans les mines. Elle porte d’ordinaire des bandes réfléchissantes pour que le mineur soit plus visible et, en particulier, mieux repéré par les conducteurs d’engins du fond. Les mineurs travaillant sur perforatrices jumbo ou conduisant d’autres équipements lourds peuvent également porter un imperméable étanche par-dessus leur combinaison pour éviter tout contact avec des liquides tels que les fluides de coupe, les fluides hydrauliques et les lubrifiants.
Les mains seront protégées par des gants de travail. En général, ceux-ci sont faits de toile de coton renforcée de cuir. Il existe des types et des modèles de gants adaptés à chaque tâche.
Les ceintures et les harnais
Dans la plupart des mines, la ceinture de sécurité n’est plus considérée comme un moyen approprié de protection contre les chutes. On continue cependant d’utiliser dans certains cas une sangle de toile ou une ceinture de cuir, équipées ou non d’un baudrier ou d’un support lombaire pour transporter la batterie de la lampe ainsi qu’un appareil autosauveteur à filtre ou un appareil respiratoire autonome (avec production d’oxygène).
A l’heure actuelle, le seul dispositif recommandé pour la protection des mineurs contre les chutes est le harnais complet avec mousqueton en D pour réunir les deux bretelles. Les mineurs travaillant dans des puits, au-dessus de broyeurs ou à proximité d’excavations, de bassins ou de puisards non protégés devraient porter un harnais muni d’un filin d’amarrage et d’un amortisseur de choc. On peut utiliser des mousquetons supplémentaires pour limiter les mouvements du corps à l’intérieur d’une zone de sécurité.
La protection contre la chaleur et le froid
Dans les mines à ciel ouvert en climat froid, les mineurs devraient porter des vêtements d’hiver y compris des chaussettes, des sous-vêtements et des gants leur assurant une bonne protection thermique, des pantalons à l’épreuve du vent ou des pantalons protecteurs portés en survêtement, une parka doublée avec capuchon et une doublure intérieure pour l’hiver à monter sur le casque de protection.
Dans les mines souterraines, c’est la chaleur davantage que le froid qui pose problème. Les températures élevées peuvent être dues à la profondeur de la mine ou au climat tropical de la région. Des vêtements et sous-vêtements spéciaux peuvent fournir une protection contre les agressions thermiques et les coups de chaleur; ces vêtements peuvent être garnis de sachets de gel congelé ou d’un réseau de tubes assurant la circulation d’un fluide de refroidissement à la surface du corps, fluide qui traverse un échangeur thermique. Si le massif lui-même est chaud, les mineurs devraient porter des gants, des chaussettes et des bottes résistant à la chaleur. De l’eau potable — de préférence additionnée d’électrolytes — devrait être fournie aux mineurs pour remplacer les liquides physiologiques perdus.
Autres équipements de protection
La réglementation en vigueur peut, selon le type de mine, exiger que les mineurs portent un appareil autosauveteur individuel. Il s’agit d’un appareil respiratoire qui permet de s’échapper de la mine en cas de feu ou d’explosion avec dégagement de monoxyde de carbone, de fumée ou d’autres substances toxiques rendant l’atmosphère irrespirable. L’appareil peut être du type à filtration, avec catalyseur pour la conversion du monoxyde de carbone, ou il peut s’agir d’un appareil autonome, c’est-à-dire d’un appareil respiratoire à circuit fermé qui régénère chimiquement l’oxygène de l’air expiré.
Les mineurs ne sont pas tous équipés d’appareils portatifs (y compris les tubes détecteurs et les pompes d’aspiration) pour la mesure des gaz toxiques et des gaz combustibles; ces appareils sont plutôt utilisés par les agents responsables de la sécurité ou par toute autre personne désignée, conformément à des procédures établies, afin de vérifier l’atmosphère de la mine à intervalles réguliers ou avant l’entrée des équipes.
L’amélioration des moyens de communication dans les chantiers du fond a très largement amélioré la sécurité; aussi, l’usage de systèmes de communication bidirectionnels, de téléavertisseurs et de dispositifs de repérage individuels se répand de plus en plus dans les exploitations modernes.

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