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Elevage

 

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LES ANIMAUX DE COMPAGNIE, LES ANIMAUX À FOURRURE ET LES ANIMAUX DE LABORATOIRE




  Les opérations


L’élevage des animaux en institution comporte quatre opérations principales:

1. la réception, la quarantaine et l’isolement des animaux;
2. l’isolement, lorsqu’il y a lieu, d’espèces ou d’animaux destinés à tel ou tel projet;
3. l’hébergement, les soins et l’hygiène;
4. le stockage.

Les tâches à effectuer sont multiples: nourrir les animaux et les abreuver, confectionner les litières, veiller à l’hygiène et à la salubrité des locaux, éliminer les déchets, carcasses comprises, lutter contre les ravageurs et assurer les soins vétérinaires nécessaires. La plupart impliquent de nombreuses opérations de manutention (déplacer les cages, les aliments, les produits pharmaceutiques, les produits biologiques et autres fournitures), sans oublier l’activité première qui consiste à manipuler les animaux eux-mêmes. Au nombre des tâches relevant de l’hygiène et de la salubrité figurent le changement des litières, le nettoyage et la désinfection et, enfin, le lavage des cages, indispensable à l’hygiène générale.

Les cages, enclos ou stalles des animaleries sont installés à l’intérieur d’une pièce ou d’une grange, ou en plein air. Les locaux d’une animalerie moderne doivent être suffisamment spacieux, bien aérés, climatisés (température, humidité), convenablement éclairés et dotés d’installations adéquates pour nourrir et abreuver les animaux et lutter contre le bruit. Ils doivent aussi être aménagés en fonction de l’espèce qu’ils abritent. Parmi les animaux le plus souvent regroupés en animaleries figurent les rongeurs logés ensemble (souris, rats, hamsters et cobayes), les lapins, les chats, les chiens, les visons, les primates (singes, babouins et grands singes), les oiseaux (pigeons, cailles et poulets) et les animaux de ferme (moutons et chèvres, porcs, bovins, chevaux et poneys).





  Les risques et les précautions


Les personnes chargées de l’élevage, du pansage et de la manipulation des animaux de compagnie, des animaux à fourrure et de laboratoire sont exposées à divers risques biologiques, physiques et chimiques qui peuvent être efficacement maîtrisés grâce à un certain nombre de mesures. Parmi les risques biologiques propres aux espèces animales faisant l’objet de cette section, on peut citer: les morsures et les griffures, la présence d’allergènes puissants dans les squames, le sérum, les tissus, l’urine ou les sécrétions salivaires, sans oublier une grande diversité d’agents zoonotiques. Si les risques biologiques dans les animaleries sont a priori plus variés et potentiellement plus dangereux que ceux liés à des facteurs physiques et chimiques, ces derniers sont plus fréquemment incriminés dans les cas de maladies professionnelles et les accidents du travail.

Les personnels chargés de s’occuper d’animaux de compagnie, à fourrure ou de laboratoire et de les élever doivent recevoir une formation adéquate pour apprendre à connaître les comportements de ces espèces et les techniques de manipulation adaptées à chacune d’entre elles, étant donné que c’est bien souvent une erreur de manipulation qui est à l’origine du coup de dent ou de griffe d’un animal difficile. Susceptible d’être contaminée par des micro-organismes provenant de l’environnement ou de la riche microflore orale et cutanée des animaux, la plaie doit être désinfectée sur-le-champ et un traitement antimicrobien rapide et massif, complété par une prophylaxie antitétanique, doit être instauré pour éviter les complications liées à une infection, voire un préjudice esthétique. Il faut aussi sensibiliser le personnel aux morsures d’animaux qui peuvent s’infecter et entraîner des maladies généralisées, parfois mortelles. Au nombre de ces maladies, il faut citer la maladie des griffes du chat, la fièvre causée par morsure de rat et l’infection à orthopoxvirus (orf) et, au nombre des maladies mortelles, la rage et les infections à virus B et à hantavirus.

Compte tenu de ces risques exceptionnels, il serait utile de prendre deux types de mesures préventives dans certaines circonstances. D’une part, il conviendrait de recommander au personnel de porter des gants en treillis métallique à l’épreuve des morsures et, d’autre part, d’administrer des sédatifs aux animaux pour en faciliter la manipulation. Les travailleurs risquent également de contracter des zoonoses par inhalation d’aérosols infectieux, par contact de la peau ou des muqueuses, par ingestion de matériaux infectés ou par transmission par les puces, tiques ou acariens spécifiquement associés à des animaux hôtes.

Tous les types d’agents zoonotiques sont présents chez les animaux de compagnie, à fourrure et de laboratoire, y compris les virus, les bactéries, les champignons et les parasites internes et externes. Au nombre des zoonoses qu’ils sont susceptibles de transmettre figurent la giardiase et les infections à campylobacter (diarrhées) chez les animaux de compagnie; le charbon, la tularémie et la teigne chez les animaux à fourrure; la chorioméningite lymphocytaire ainsi que les infestations à hantavirus et à ténia nain chez les rongeurs de laboratoire. La distribution des agents zoonotiques varie considérablement selon l’espèce hôte, l’emplacement par rapport à des réservoirs d’autres maladies, l’isolement, les méthodes pratiquées dans les animaleries ainsi que les antécédents en matière de soins vétérinaires et l’intensité de ces traitements. Certaines populations d’animaux de laboratoire qui font l’objet d’une production commerciale sont soumises à de rigoureux programmes d’éradication, complétés ultérieurement par des contrôles très stricts destinés à empêcher toute réintroduction des agents pathogènes. De telles procédures ne sont pas systématiquement appliquées dans les animaleries et les établissements où sont gardés animaux de compagnie, à fourrure et de laboratoire et leur absence peut favoriser la persistance des zoonoses.

Toute une série de réactions allergiques, allant de l’irritation et de l’écoulement oculaire ou nasal à l’asthme en passant par des manifestations cutanées sous forme d’urticaire, sont fréquentes chez les personnes qui s’occupent de rongeurs de laboratoire, de lapins, de chats et d’autres espèces animales. On estime que sur le nombre de personnes travaillant dans des animaleries, entre 10 et 30% finissent par présenter des réactions allergiques, étant entendu que celles qui souffrent de maladies allergiques préexistantes dues à d’autres agents sont davantage exposées et que l’asthme connaît ses plus forts taux d’incidence dans cette catégorie. Dans quelques rares cas, tel celui d’une exposition massive à l’allergène par morsure animale, les personnes sensibles peuvent faire un choc anaphylactique, réaction allergique généralisée pouvant être mortelle.

Toutes les personnes appelées à travailler avec des animaux ou des sous-produits animaux doivent observer de bonnes règles d’hygiène pour minimiser le risque d’exposition aux zoonoses et aux allergènes. Les locaux devront être équipés de lavabos et de douches en nombre suffisant et aménagés de façon que les zones réservées au personnel soient strictement séparées de celles où sont gardés les animaux. Les vêtements ou combinaisons de travail devront couvrir toutes les surfaces exposées de la peau pour prévenir tout risque de morsure, griffure ou pénétration de microbes et allergènes dangereux. Des équipements de protection individuelle (gants étanches, verres de protection, lunettes-masques ou autre pour protéger les yeux) et des appareils de protection respiratoire comme les masques antipoussières, masques de protection ou masques à air pulsé adaptés aux risques de la tâche assumée et à la vulnérabilité du travailleur devront aussi être fournis. Certains aménagements et dispositifs appropriés (orientation des flux d’air, cages et compartiments hermétiques pour isoler les animaux) sont aussi de nature à réduire considérablement l’exposition aux allergènes et aux zoonoses.

Les soins à donner aux animaux exposent le personnel à des risques physiques et chimiques non négligeables. Les tâches quotidiennes sont très diverses, qu’il s’agisse de déplacer ou de soulever du matériel et des objets lourds, ou d’accomplir des gestes qui sont autant d’occasions de coupures et de meurtrissures, de foulures ou de blessures dues à des mouvements répétés. Pour remédier le plus possible à de telles éventualités, il faut réaménager le milieu de travail, en se dotant d’équipements spécialisés, et sensibiliser le personnel aux mesures et aux précautions à prendre en matière de sécurité du travail. Le nettoyage des équipements et des installations se fait fréquemment au moyen d’appareils qui projettent de la vapeur vive ou de l’eau très chaude et qui sont susceptibles de causer des brûlures graves. On doit veiller à les utiliser selon les instructions et à bien les entretenir, de manière à empêcher tout accident et à permettre à la chaleur de se dissiper pour éviter toute gêne excessive. Les personnes qui travaillent à proximité de matériel lourd ou au milieu de populations de chiens ou de primates excités peuvent être exposées à des niveaux de bruit extrêmement élevés justifiant le port de protections de l’ouïe. Il convient de passer soigneusement en revue avec les employés les produits chimiques dont ils se servent pour nettoyer et désinfecter les cages et les installations, lutter contre les ravageurs dans les locaux et contre les ectoparasites sur les animaux, dans le but de s’assurer qu’ils respectent scrupuleusement les pratiques instituées pour réduire au minimum l’exposition à ces substances potentiellement irritantes, corrosives ou toxiques.





 

 

 

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