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Elevage

 

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L’ÉLEVAGE DE TAUREAUX




Aux Etats-Unis, le système national de surveillance des accidents traumatiques mortels (National Traumatic Occupational Fatalities (NTOF)), établi à partir des actes de décès et mis en place par l’Institut national de la sécurité et de la santé au travail (National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH)), a relevé 199 décès liés aux activités agricoles et imputables aux animaux d’élevage entre 1980 et 1992. Environ 46% de ces décès ont été directement imputés aux taureaux, races à viande et races laitières confondues.

Depuis des siècles, les éleveurs recourent à la castration pour rendre dociles les animaux mâles. Les mâles castrés sont généralement passifs, ce qui indique que les hormones (et, surtout, la testostérone) sont liées au comportement agressif. Certains pays prisent beaucoup la combativité des taureaux, mise à profit lors des manifestations, notamment sportives. Pour cela, on sélectionne certaines lignées en vue de conserver et de renforcer ces caractéristiques belliqueuses. Aux Etats-Unis, la demande de taureaux pour les rodéos s’est accrue en même temps que la popularité de ces manifestations. En Espagne, au Portugal, dans le Midi de la France, au Mexique et dans certaines parties de l’Amérique du Sud, les combats ou les courses de taureaux se pratiquent depuis des siècles (voir l’article «Les corridas et les rodéos» au chapitre no 96 «Les arts, les loisirs et les spectacles») dans la présente Encyclopédie.

L’élevage bovin concerne deux grandes catégories d’animaux, les races laitières et les races à viande, certaines races étant à double usage. Si la plupart des entreprises commerciales du secteur de la viande achètent des taureaux auprès d’éleveurs d’animaux de pure race, les laiteries privilégient de plus en plus l’insémination artificielle. Le producteur d’animaux de pure race élève donc généralement des taureaux pour les revendre lorsqu’ils sont en âge de se reproduire (2 à 3 ans). Trois systèmes d’accouplement coexistent dans l’élevage bovin. La monte en liberté a lieu dans les pâturages où le taureau est laissé au milieu des femelles qu’il couvre à mesure qu’elles arrivent en chaleur. Ce système peut être prévu pour l’année entière ou pour une saison d’accouplement spécifique. Si l’on opte pour des saisons d’accouplement spécifiques, il faut séparer le taureau du troupeau à certaines périodes et pendant une durée donnée. Avec la monte en main, le taureau est tenu à l’écart des vaches, sauf lorsque l’une d’entre elles, qui se trouve en chaleur, est conduite au taureau pour s’accoupler. En règle générale, on n’autorise qu’un seul accouplement, la vache étant retirée après la monte. Enfin, l’insémination artificielle consiste à faire féconder de nombreuses vaches, par les soins d’inséminateurs ou de l’éleveur, au moyen de sperme congelé provenant de reproducteurs confirmés. L’éleveur peut ainsi se dispenser d’avoir un taureau sur son domaine et éviter les risques associés. Cette solution ne fait pas pour autant disparaître les risques d’accident lors du prélèvement du sperme.

Lorsqu’un taureau est séparé du troupeau en vue de la monte en main, ou tenu à l’écart du troupeau en attendant la saison d’accouplement, il peut se montrer agressif s’il repère une vache en chaleur. Ne pouvant s’accoupler, il devient alors méchant, hargneux, et présente un comportement psychiquement anormal. Les taureaux manifestent habituellement leur agressivité ou leur combativité en labourant le sol de leurs sabots et en beuglant. Le caractère de l’animal s’altère souvent avec l’âge, les vieux reproducteurs pouvant être vicieux, fourbes, imprévisibles et suffisamment imposants encore pour être dangereux.



  Les équipements



Pour permettre aux animaux de se déplacer à l’intérieur des installations qui leur sont destinées, il faut que les goulottes soient incurvées de façon qu’ils ne puissent pas en voir l’extrémité au moment d’y pénétrer. Les enclos devront comporter un passage sur la gauche ou sur la droite afin que les animaux n’aient pas le sentiment d’être pris au piège. Pour éviter de les perturber, il convient de poser des pièces de caoutchouc sur les éléments métalliques qui claquent en se refermant. Afin de réduire le plus possible les risques dus au contact physique avec les taureaux, il faut installer des barrières, des passerelles surélevées et des portails dont l’ouverture et la fermeture peuvent être commandées depuis l’extérieur de la clôture. Les goulottes aux parois construites en dur sont préférables à celles qui sont en palissades, car les animaux n’y sont pas distraits par ce qui se passe à l’extérieur et risquent moins de se cabrer. Les passages et les goulottes devraient être d’un gabarit suffisant pour permettre aux animaux d’y progresser, mais suffisamment étroits pour qu’ils ne puissent pas se retourner.



  La conduite à tenir avec les taureaux


A priori et en tout temps, les mâles doivent être considérés comme potentiellement dangereux. Si l’on doit conserver des taureaux pour la reproduction, on peut éviter les accidents en prévoyant des moyens d’isolement et de contention. La plus extrême prudence s’impose dès lors qu’on a affaire à des mâles. Même si les taureaux ne cherchent pas toujours et nécessairement à blesser, leur taille et leur masse constituent en soi un risque. Tous les enclos et portails et toutes les goulottes, barrières et rampes de chargement devraient être solides et en bon état. L’adaptation du matériel et des installations est un gage de sécurité. Lorsqu’on doit travailler avec des taureaux, il est préférable d’en être séparé matériellement de manière à limiter le plus possible le risque d’accident (on se placera en dehors de la zone, à l’abri d’une goulotte, d’un mur, d’une barrière, etc.).


Lorsque les éleveurs se trouvent avec l’animal, il leur faut prévoir des passages («passages d’homme») pour qu’ils puissent s’échapper en cas d’urgence. On ne doit pas toucher les animaux de l’aiguillon dans un lieu sans issue.

Les éleveurs doivent se tenir à l’écart des animaux effrayés ou excités et être particulièrement méfiants à l’égard de ceux qu’ils ne connaissent pas. L’aménagement de goulottes en dur, au lieu de barrières, est de nature à faciliter le passage des animaux. Etant donné que les taureaux ne voient pas les couleurs, mais des nuances différentes de blanc et de noir, toutes les installations seront peintes d’une même couleur. L’aménagement de boxes convenablement équipés et dotés des appareils et installations de contention adéquats permettra aussi de réduire le risque d’accidents lors des examens, des soins vétérinaires ou autres pratiqués sur les animaux comme le parage des sabots, le décornage ou la monte en main.

Tous ceux qui ont l’habitude de travailler avec les animaux savent que, même s’il leur manque la parole, ils sont capables de communiquer. Les éleveurs doivent savoir reconnaître des signes tels que les oreilles dressées ou couchées, la queue dressée, le labourage du sol et les beuglements. On trouve dans l’encadré (p. 18) de l’article «La zootechnie» des informations générales et des directives concernant la conduite à tenir en présence de taureaux.



  Les zoonoses



Les éleveurs doivent aussi se préoccuper du risque de zoonose. Ils peuvent en contracter une en manipulant un animal ou des produits animaux infectés (peaux), en ingérant des produits animaux (lait, viande mal cuite) ou encore en se débarrassant de tissus infectés. Il faut signaler en particulier la leptospirose, la rage, la brucellose (fièvre de Malte chez l’humain), la salmonellose et la teigne ainsi que la tuberculose, le charbon, la fièvre Q et la tularémie. Le risque d’exposition aux maladies est moindre si l’on observe un certain nombre de règles d’hygiène élémentaires et des mesures d’assainissement simples: traitement rapide ou élimination des animaux infectés selon les procédures recommandées, élimination des tissus infectés, nettoyage scrupuleux des endroits souillés et port de vêtements de protection adaptés.

La meilleure façon de se débarrasser des carcasses d’animaux, et la plus hygiénique, consiste à les brûler à l’endroit où l’animal est mort, de manière à éviter de contaminer les sols avoisinants. On creuse un trou de la profondeur convenable, on y place des matières inflammables en quantités suffisantes, la carcasse étant installée au-dessus pour qu’elle puisse se consumer intégralement. Cependant, la méthode la plus courante pour se débarrasser des carcasses est l’enfouissement. La carcasse est enfouie à 1,2 m de profondeur au moins, dans un terrain n’étant pas susceptible d’être contaminé par les eaux de ruissellement; on la recouvre de chaux vive avant de l’enterrer.


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