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Elevage

 

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LES CHEVAUX ET AUTRES ÉQUIDÉS




Le cheval appartient à la famille des équidés dont l’âne, issu de l’âne sauvage d’Afrique, fait également partie. Les historiens pensent que la domestication du cheval a commencé vers 6000 avant J.-C. et celle de l’âne dès 2600 avant J.-C. au moins. Le mulet, que l’on élève pour le travail, est le produit du croisement entre un âne mâle (baudet) et une jument. Le mulet est infécond. Le produit du croisement entre un cheval mâle (étalon) et une ânesse est le bardot, également stérile. Les chevaux et les ânes ont également été croisés avec un autre équidé, le zèbre; les produits de ces croisements sont collectivement dénommés zébroïdes. Les zébroïdes sont eux aussi inféconds et ne revêtent guère d’importance économique (Caras, 1996).



  Les utilisations


Sur les 10 millions de chevaux que comptent les Etats-Unis, environ 75% servent à l’équitation de loisir. Parmi les autres utilisations figurent les courses de chevaux, l’élevage et la reproduction, et les épreuves équestres. Le cheval est engagé dans des courses, des concours de saut d’obstacles (CSO), des rodéos et bien d’autres manifestations.

Les trois principaux types d’entreprises qui se consacrent aux chevaux sont les haras, les écuries et les manèges. Les haras élèvent des juments dont ils vendent les poulains. Les écuries se spécialisent dans l’entraînement des chevaux de course ou la préparation des chevaux de concours. Enfin, certains manèges prennent en pension les chevaux de leurs clients qui n’ont pas d’installations adéquates. Ces trois types d’activités font appel à une main-d’œuvre nombreuse.


La reproduction des chevaux revêt un caractère de plus en plus scientifique. La monte en liberté, qui était autrefois la règle, est davantage contrôlée, dans des sites spécifiques (aires ou enclos de monte). Même si l’on pratique l’insémination artificielle, il est plus courant que les juments soient amenées à l’étalon pour la saillie. La jument est examinée par le vétérinaire et, pendant la saillie, des spécialistes s’occupent de l’étalon et de la jument.

Lorsqu’elle a pouliné, la jument nourrit son poulain jusqu’à quatre à sept mois; une fois sevré, celui-ci est séparé de sa mère. Certains poulains qui ne sont pas destinés à la reproduction peuvent être castrés dès le dixième mois. Les chevaux castrés portent le nom de hongres.

Lorsqu’un cheval de course atteint deux ans, des entraîneurs professionnels et des cavaliers se chargent de le débourrer. Il s’agit d’accoutumer progressivement le cheval au contact de l’humain, au harnachement (selle, bride, filet) et, finalement, à la monte. Les chevaux destinés au trot attelé et les lourds chevaux de trait sont débourrés vers l’âge de deux ans; quant aux chevaux de ranch, ils sont débourrés un peu plus tard, vers trois ans, de façon parfois un peu plus brutale.

Aux courses, le palefrenier conduit le cheval à la sellerie où il est sellé par l’entraîneur et son aide, puis monté par le jockey. Le cheval est conduit par un poney et son cavalier puis, après l’échauffement, il est présenté sur la ligne de départ. Les chevaux de course peuvent se montrer très nerveux, et il arrive que le bruit de la course les excite et les effraie. Le palefrenier conduit le cheval vainqueur dans le local où l’on procède aux prélèvements de sang et d’urine. Il appartient ensuite au palefrenier de détendre le cheval en le douchant, en le promenant et en lui donnant un peu d’eau.

Le palefrenier qui s’occupe d’un cheval de course doit le panser et le doucher, le seller lorsque l’entraîneur veut le monter, poser s’il y a lieu les bandes ou les protège-boulets, nettoyer la stalle (appelée aussi box) et changer la litière faite de paille, de copeaux, de mousse de tourbe, de coques d’arachides, de journaux déchiquetés ou même de balles de riz. C’est le palefrenier qui est chargé de promener le cheval, mais on utilise parfois un marcheur ou une longe mécanique. Responsable de l’affouragement et de l’hygiène du cheval, le palefrenier lui donne du foin, des granulés et de l’eau, ratisse et balaie, lave ses couvertures et enlève le crottin à la brouette. C’est encore le palefrenier qui tient le cheval lors de la visite du vétérinaire ou du maréchal-ferrant. Tous les chevaux reçoivent des traitements antiparasitaires; leurs sabots font l’objet de soins (graisse ou goudron) et leurs dents sont limées.


Dans la majorité des cas, les chevaux de course sont à l’écurie; on les sort chaque jour pour leur faire faire de l’exercice. Cependant, les poulains, les pouliches et les chevaux de club sont généralement rentrés à l’écurie pour la nuit et sortis pendant la journée, tandis que d’autres restent en permanence à l’extérieur, dans des enclos ou au pâturage, avec des abris en cas d’intempéries. Les chevaux de course à l’entraînement sont nourris trois à quatre fois par jour, alors que les chevaux de concours et les reproducteurs ne le sont que deux fois. Les chevaux élevés en liberté ou au ranch ne sont nourris qu’une fois par jour, selon les disponibilités en herbages.

Les chevaux sont transportés d’un endroit à un autre pour diverses raisons: concours, courses, reproduction, ou pistes et lieux de randonnée pour l’équitation de loisir. La plupart du temps, on se sert de camionnettes ou de fourgonnettes (appelées vans); dans le cas de manifestations hippiques importantes, le transport peut aussi se faire par rail ou par avion.



  Les risques et les précautions



Toute personne qui soigne les chevaux s’expose à un certain nombre de risques. Le métier de palefrenier, en particulier, est pénible. Il exige de manier à la fourche de grandes quantités de fumier, de déplacer des bottes de foin et de paille de 25 à 50 kg ou de s’occuper de chevaux parfois difficiles. S’ils sont surpris ou menacés, les chevaux peuvent ruer; on évitera par conséquent de passer derrière un cheval. Un cheval qui a peur peut se cabrer et écraser le pied de celui qui s’en occupe; la chose peut également se produire accidentellement. Il existe plusieurs moyens de contention des chevaux rétifs, tels qu’une chaîne passée sur le chanfrein ou le caveçon. Le transport éprouve considérablement les chevaux qui risquent de se blesser et de blesser leurs soigneurs.

Le palefrenier est exposé aux poussières dégagées par le foin, les céréales ou les litières, aux moisissures, aux squames des chevaux et à l’ammoniaque des urines. Il peut se protéger en portant un masque. Les palefreniers doivent souvent traiter les membres des chevaux, parfois avec des crèmes ou des baumes pouvant contenir des substances chimiques dangereuses. Le port de gants est recommandé. Certains produits d’entretien des articles de sellerie (longes, selles) contiennent des solvants dangereux; il faut donc les appliquer dans un endroit bien ventilé et se protéger la peau. Les coupures peuvent être la cause de graves infections telles que le tétanos ou la septicémie. Il faut s’assurer que les rappels antitétaniques sont bien à jour, surtout en raison de l’exposition au fumier.


Le maréchal-ferrant peut se blesser en ferrant un cheval. Il appartient au palefrenier de tenir le cheval pour l’empêcher de ruer ou de retirer le pied et de déstabiliser le maréchal-ferrant qui pourrait alors se donner un tour de rein ou se couper avec le fer et les clous.

Pour effectuer les prélèvements nécessaires aux contrôles antidopage, le technicien doit se rendre dans une stalle où il fait face à un cheval ombrageux ou nerveux qui n’est pas attaché et qu’il ne connaît pas. Il (ou elle) tient une cravache (et un récipient pour l’urine) qui peut effrayer le cheval.

Le port d’une bonne paire de bottes de cheval (ou de bottines avec chaps) et du casque ou de la bombe est indispensable lors-qu’on pratique l’équitation. Le cavalier qui s’adonne à la course, au saut d’obstacles, au rodéo, ou qui entraîne des poneys ou des chevaux de course, devrait porter un gilet protecteur. En effet, il y a toujours le risque d’être désarçonné par un cheval qui bronche ou qui fait une chute.

Les chevaux entiers sont souvent imprévisibles, extrêmement puissants et capables de mordre ou de ruer méchamment. Les poulinières défendent vigoureusement leurs poulains et sont prêtes à combattre si on les menace. Les étalons sont mis seuls dans des enclos à barrières très hautes, tandis que les juments et leurs produits restent en groupe et obéissent à leur propre hiérarchie. Des chevaux qui essaient d’échapper à un cheval dominant, ou un groupe de poulains en train de jouer, peuvent très bien renverser une personne qui se trouve sur leur chemin. Les poulains qu’on vient de sevrer, ainsi que les chevaux d’un et de deux ans, peuvent mordre et pincer.

Certains médicaments (les hormones, par exemple) utilisés en élevage sont administrés par voie orale et peuvent être nocifs pour les humains. Le port de gants est recommandé. Les blessures par piqûre d’aiguille constituent aussi un risque. De bons moyens de contention, y compris les entraves, peuvent être employés pour maîtriser l’animal pendant l’administration de médicaments. L’utilisation trop libérale de pulvérisations locales et, dans les écuries, de systèmes automatiques de pulvérisation pour se débarrasser des mouches, présente un risque non négligeable. Les insecticides doivent être utilisés avec modération; dans tous les cas, il faut lire attentivement les étiquettes et suivre scrupuleusement le mode d’emploi.

Plusieurs zoonoses peuvent se transmettre du cheval à l’humain, notamment des infections cutanées par contact avec des sécrétions infectées. Les morsures de cheval peuvent être à l’origine de certaines infections bactériennes. Voir au tableau 70.19 la liste des zoonoses transmissibles par les équidés.


Tableau 70.19 Zoonoses associées aux chevaux

 
     
   Maladies virales  
  Rage (extrêmement rare)

Encéphalomyélite équine orientale, occidentale et divers sous-types vénézuéliens

Stomatite vésiculaire

Grippe équine

Maladie équine à morbillvirus (observée pour la première fois en Australie en 1994)

 
   Mycoses  
  Teigne (dermatomycoses)  
   Zoonoses parasitaires  
  Trichinose (fortes poussées épidémiques en France et en Italie dans les années soixante-dix et quatre-vingt)

Hydatidose (échinococcose) (très rare)

 
   Maladies bactériennes  
  Salmonellose

Morve (aujourd’hui très rare, limitée au Moyen-Orient et à l’Asie)

Brucellose (rare)

Charbon

Leptospirose (relativement rare, la contamination humaine directe n’est pas prouvée)

Mélioïdose (poussées épidémiques en France dans les années soixante-dix et quatre-vingt; la transmission directe n’est pas attestée) Tuberculose (très rare)

Pasteurellose

Actinobacillus lignieresii, A., A. suis (soupçonné dans la transmission de la maladie de Lyme, Belgique)

 
     

      

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