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Elevage

 

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LES CULTURES FOURRAGÈRES




Avec la concentration des populations et la nécessité de nourrir les animaux pendant les longs hivers des régions septentrionales est apparue la nécessité de récolter, de sécher et de distribuer le foin aux animaux domestiques. Bien que le pâturage soit aussi ancien que la domestication des animaux, il semble bien que la première plante fourragère cultivée ait été la luzerne, dont l’usage est attesté dès 490 avant J.-C. en Perse et en Grèce.

Pas d’élevage sans fourrage. Si l’on cultive les fourrages, c’est pour leur partie végétale et non pour leurs graines. Les tiges, les feuilles et les inflorescences de certaines légumineuses (par exemple, la luzerne et le trèfle) ainsi que diverses graminées servent au pâturage des animaux ou sont coupées et données au bétail. Lorsque des cultures céréalières telles que le maïs ou le sorgho, ou encore la paille, sont coupées pour leur partie végétale, on les range parmi les cultures fourragères.





  Les modes d’exploitation


En matière de cultures fourragères, on distingue pâturages et libres parcours, foin et ensilage. Les cultures fourragères peuvent être prélevées par le bétail lui-même (sur les pâturages) ou par l’humain soit à la main, soit à la machine. La récolte peut être utilisée sur l’exploitation même pour nourrir les animaux ou être vendue. Au stade de la production fourragère, les tracteurs servent à transporter et à transformer les fourrages, l’irrigation pouvant, par ailleurs, s’imposer dans les régions sèches.

On laisse le bétail trouver sa pâture en lui permettant de paître ou de brouter. Les espèces végétales destinées au pâturage, notamment les graminées, varient selon la saison de l’année, les pâturages étant gérés en vue du pacage de printemps, d’été ou d’automne. Dans le cas des terrains de parcours libre, on s’attache à ne pas épuiser les pâturages, ce qui amène à déplacer les troupeaux d’un secteur à l’autre. Les résidus de récolte peuvent venir compléter l’alimentation des animaux au pâturage.

La luzerne, très employée comme fourrage, ne convient pas pour le pâturage, car elle est cause de météorisation chez les ruminants, c’est-à-dire d’une accumulation anormale de gaz dans la panse (ou rumen) entraînant un gonflement de l’abdomen, capable de tuer l’animal. Dans les climats tempérés, il n’est pas possible de faire pâturer les bêtes en hiver, d’où la nécessité d’emmagasiner du fourrage. Au demeurant, dans les grandes exploitations, on a recours au fourrage récolté — foin et ensilage —, car les pâturages ne suffisent pas à nourrir de grands troupeaux d’animaux.

Le foin est un fourrage herbacé, cultivé et séché en vue d’une conservation de durée variable. Lorsque les herbes sont suffisamment hautes, elles sont coupées au moyen d’une faucheuse ou d’une moissonneuse-faneuse-andaineuse (combinant les deux opérations de fanage et d’andainage), puis formées en longues rangées qu’on fait sécher (andains). Pendant ces deux opérations, on laisse les herbes sécher sur place avant le bottelage. Autrefois, on récoltait en vrac à la fourche, comme cela se pratique encore parfois pour donner à manger aux animaux. Une fois bien sec, le foin est mis en balles. La presse ramasse le foin des andains et le comprime pour former soit de petites balles de foin (de forme carrée) plus maniables, soit de grosses balles (de forme carrée ou cylindrique) qui doivent être transportées par engins mécaniques. Les petites balles peuvent être envoyées mécaniquement de la presse dans la remorque, ou bien sont ramassées à la main et disposées sur la remorque pour être acheminées jusqu’au lieu d’entreposage. Les balles sont gerbées en meules, à l’abri de la pluie, dans une grange, un hangar ou sous une bâche. En effet, le foin mouillé peut se gâter facilement ou s’enflammer spontanément par suite du dégagement de chaleur du processus de décomposition. Le foin peut être transformé en granulés ou en cubes comprimés pour usage commercial. Un pré peut être fauché plusieurs fois par an, trois fois en général. Pour l’affouragement, la balle est transportée jusqu’au râtelier où elle est ouverte et placée à bonne hauteur pour que l’animal puisse l’atteindre. Cette opération est pratiquement toujours manuelle.

Parmi les autres fourrages récoltés pour l’alimentation du bétail, on peut citer le maïs et le sorgho destinés à l’ensilage. Du point de vue économique, la valeur énergétique du maïs récolté pour être ensilé est supérieure à celle du maïs récolté pour son grain, cet écart pouvant atteindre jusqu’à 50%. Une machine permet de récolter la plus grande partie de la céréale à l’état vert. La récolte est coupée, écrasée, hachée et éjectée dans une remorque. L’aliment haché ainsi obtenu est soit donné à l’état vert, soit stocké dans un silo où il subit une fermentation pendant les deux premières semaines. Cette fermentation stabilise l’aliment et l’empêche de se gâter. Tout au long de l’année, le silo est progressivement vidé de son contenu (qui est donné aux animaux d’élevage) grâce à des moyens mécaniques.





  Les risques et leur prévention


Le stockage des aliments pour animaux présente des risques pour les travailleurs agricoles. Au début du processus de stockage, il y a production de dioxyde d’azote, qui peut entraîner de graves troubles respiratoires (maladie des ouvriers de silo (ensileurs)) pouvant évoluer vers le décès. Ce risque, qui est dû au stockage dans un espace confiné, est évitable si l’on s’abstient de pénétrer dans un silo (ou un local clos) pendant les toutes premières semaines du stockage. D’autres problèmes peuvent se poser lorsque la luzerne, le foin, la paille ou d’autres fourrages sont humides au moment de leur stockage. Il peut se former des champignons et d’autres contaminants microbiens qui sont cause de maladies respiratoires aiguës (maladie des déchargeurs de silo, syndrome toxique dû aux poussières organiques) ou de maladies respiratoires chroniques (maladie du poumon de fermier). Le port de masques de protection appropriés permet de réduire le risque de maladies respiratoires aiguës et chroniques. En outre, il convient de n’accorder l’autorisation de pénétrer dans les espaces confinés qu’à condition d’observer un certain nombre de précautions.

La paille et le foin utilisés comme litières sont généralement secs et vieux, mais ils peuvent contenir des moisissures et des spores susceptibles d’occasionner des symptômes respiratoires lorsque les poussières sont en suspension dans l’air. Des masques antipoussières peuvent réduire l’exposition à ce risque.

Différentes machines agricoles (moissonneuses, presses, hache-paille, etc.) permettent de hacher, couper ou triturer les récoltes. Elles peuvent être à l’origine d’accidents, en particulier lorsque le travailleur agricole cherche à débloquer des mécanismes enrayés sans avoir arrêté le moteur. Il faut toujours couper le contact avant de procéder à ce type de réparation et prévoir un programme de verrouillage/déverrouillage si plusieurs personnes travaillent en même temps. Le retournement des tracteurs non équipés d’arceaux de sécurité est une autre source importante d’accidents, parfois mortels pour le conducteur (Deere & Co., 1994). On trouve d’autres renseignements sur les risques que comporte le matériel agricole dans le chapitre no 64, «L’agriculture et les secteurs connexes», de la présente Encyclopédie.

Lorsqu’on emploie des animaux pour semer, moissonner et engranger, il ne faut pas négliger les risques d’accidents par coups de pied, morsures, foulures, écrasements et lacérations. Le meil-leur moyen de se prémunir contre de tels dangers est de bien savoir conduire les animaux.

La manutention des balles de foin et de paille peut poser des problèmes d’ergonomie. Les travailleurs agricoles doivent apprendre à manier correctement la fourche et se servir d’engins mécaniques chaque fois que la chose est possible.

Fourrages et litières peuvent être à l’origine d’incendies. Comme on l’a dit plus haut, le foin humide présente un risque de combustion spontanée. Le foin, la paille et les autres fourrages secs brûlent facilement, surtout s’ils sont stockés en vrac. Même en balles, tous ces fourrages entretiennent la combustion dès lors qu’un incendie se déclare. Interdiction de fumer, suppression des sources d’étincelles et mesures de prévention des incendies sont autant de précautions élémentaires à instituer sans tarder.





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