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Santé : Environnement

 

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LA RADIOPROTECTION ET LA CONCEPTION DES LIEUX DE TRAVAIL


  Caractéristiques techniques de base des installations radiologiques


Les dangers associés à la manipulation et à l’utilisation de sources de rayonnement imposent d’adopter des caractéristiques spéciales de conception et de construction qui ne sont pas nécessaires dans les laboratoires et les lieux de travaux classiques. Ces caractéristiques sont incorporées dans l’installation de façon à éviter une gêne excessive aux travailleurs sans toutefois les exposer à des risques indus de rayonnement externe ou interne.

Il est nécessaire à cet effet de contrôler l’accès de toutes les zones où pourraient se trouver des sources de rayonnement ou des matières radioactives, non seulement en désignant les travailleurs autorisés à y entrer, mais aussi en précisant les types de vêtements ou d’équipements de protection à porter et les précautions à observer quand ils s’y trouvent. Il est utile, pour l’administration de telles mesures de contrôle, de classer les lieux de travail selon la présence de rayonnements ionisants, d’une contamination radioactive ou des deux. L’introduction de tels concepts de classification des lieux de travail aux premiers stades de planification permet de doter l’installation de toutes les caractéristiques nécessaires pour réduire le danger des opérations effectuées sur des sources de rayonnement.


La classification des zones de travail et des types de laboratoires

Pour classer les lieux de travail, il est utile de commencer par grouper les radionucléides selon leur radiotoxicité relative par unité d’activité. Le groupe I comprend les éléments à très haute toxicité, le groupe II les éléments à haute toxicité, le groupe III les éléments à toxicité modérée et le groupe IV les éléments à faible toxicité. Le tableau 48.11 présente une classification de nombreux radionucléides selon leur groupe de radiotoxicité.


Tableau 48.11 Classification de radionucléides selon la radiotoxicité relative par unité d'activité

 
                       
                       
 

Groupe I : très haute toxicité

 
                       
 

210Pb

210Po 223Ra 226Ra 228Ra 227Ac 227Th 228Th 230Th 231Pa  
  230U 232U 233U 234U 237Np  238Pu 239Pu 240Pu 241Pu 242Pu  
  241Am 243Am 242Cm 243Cm 244Cm 245Cm 246Cm 249Cm 250Cf 252Cf  
                       
 

Groupe II : haute toxicité

 
                       
  22Na 36Cl 45Ca 46Sc 54Mn 56Co 60Co 89Sr 90Sr 91Y  
  95Zr 106Ru 110Agm 115Cdm 114Inm 124Sb 125Sb 127Tem 129Tem 124I  
  126I 131I 133I 134Cs 137Cs 140Ba 144Ce 152Eu (13 ans) 154Eu 160Tb  
  170Tm 181Hf 210Bi 182Ta 192Ir 204Tl 207Bi 230Pa 211At 212Pb  
  224Ra 228Ac 234Th 236U 249Bk            
                       
 

Groupe III : toxicité modérée

 
                       
  7Be 14C 18F 24Na 38Cl 31Si 32P 35S 41A 42K  
  43K 47Sc 48Sc 48V 51Cr 52Mn 56Mn 52Fe 55Fe 59Fe  
  57Co 53Ni 65Ni 64Cu 65Zn 69Znm 72Ga 73As 74As 76As  
  77As 82Br 85Krm 87Kr 86Rb 85Sr 91Sr 90Y 92Y 93Y  
  97Zr 95Nb 99Mo 96Tc 97Tcm 97Tc 99Tc 97Ru 103Ru 105Ru  
  105Rh 109Pd 105Ag 111Ag 109Cd 115Cd 115Inm 113Sn 125Sn 122Sb  
  125Tem 129Te 131Tem 132Te 130I 132I 134I 135I 135Xe 131Cs  
  136Cs 140La 141Ce 143Ce 142Pr 143Pr 147Nd 149Nd 147Pm 149Pm  
  151Sm 152Eu  (9,2 h) 155Eu 153Gd 159Gd 165Dy 166Dy 166Ho 169Er 171Er  
  171Tm 177Lu 181W 185W 187W 183Re 186Re 188Re 185Os 191Os  
  193Os 190Ir 195Ir 191Pt 193Pt 197Pt 196Au 198Au 199Au 197Hg  
  197Hgm 203Hg 200Tl 201Tl 202Tl 203Pb  206Bi  212Bi 220Rn 222Rn  
  231Th 233Pa 239Np                
                       
 

Groupe IV : faible toxicité

 
                       
  3H 15O 37A 58Com 59Ni 69Zn 71Ge 85Kr 85Srm 87Rb  
  91Ym 93Zr 97Nb 96Tcm 99Tcm 103Rhm 133Inm 129I 131Xem 133Xe  
  134Csm 135Cs 147Sm 187Re 191Osm 193Ptm 197Ptm natTh 232Th 235U  
  238U natU                  
                       
 

Source: AIEA, 1973.

 
                       
                       
                       

On peut définir trois types principaux de laboratoires en se basant sur les considérations de radiotoxicité, les quantités de matières radioactives devant être manipulées dans les lieux de travail et le genre d’opérations en cause.

Le tableau 48.12 présente une description des différents types de laboratoires et donne des exemples de chacun. Le tableau 48.13 montre les types de laboratoires ainsi que la classification des lieux de travail et les mesures correspondantes de contrôle de l’accès (AIEA, 1973).


Tableau 48.12 Classification des lieux de travail

 
  Type Définition   Contrôle de l’accès   Exemples de lieux de travail  
               
  1  

Zones dans lesquelles les doses absorbées de rayonnement externe ou les niveaux de contamination radioactive peuvent être élevés

 

  Accès limité aux travailleurs sous rayonnement munis d’un équipement de protection adéquat et travaillant dans des conditions strictement contrôlées   Laboratoires chauds, zones hautement contaminées  
  2  

Zones pouvant être soumises à des rayonnements externes et où les risques de contamination radioactive rendent nécessaires des consignes d’exploitation

 

  Accès limité aux travailleurs sous rayonnement munis de vêtements et de chaussures de protection adéquats   Usines de produits luminescents et établissements équivalents  
  3  

Zones dans lesquelles le niveau moyen de rayonnement externe est inférieur à 1 mGy par semaine et où les risques de contamination radioactive rendent nécessaires des consignes d’exploitation spéciales

 

  Accès limité aux travailleurs sous rayonnement. Le port de vêtements de protection n’est pas nécessaire   Locaux de travail dans le voisinage immédiat d’une installation de radiographie, par exemple, une salle de commande  
  4  

Zones d’une installation radiologique dans lesquelles le niveau de rayonnement externe est inférieur à 0,1 mGy par semaine et où aucune contamination radioactive n’est présente

 

  Accès non contrôlé   Locaux administratifs et salles d’attente des malades  
               
    Sources: CIPR, 1977; AIEA, 1973.  
               
               
               

Tableau 48.13 Classification des laboratoires manipulant des matières radioactives

 
  Groupe de radionucléides Type de laboratoire prescrit selon l’activité  
  Type 1 Type 2 Type 3  
           
           
   I <370 kBq 70 kBq à 37 MBq >37 MBq  
   II <37 MBq 37 MBq à 37 GBq >37 GBq  
  III <37 GBq 37 GBq à 370 GBq >370 GBq  
  IV <370 GBq 370 GBq à 37 TBq >37 TBq  
           
  Conditions pratiques d’utilisation des matières radioactives dans le laboratoire

Facteur de multiplication 

s’appliquant aux niveaux d’activité

 
  Simple entreposage × 100  
  Opérations simples en milieu humide (par exemple, préparation d’aliquotes d’une solution-mère) × 10  
  Opérations chimiques ordinaires (par exemple, préparations et analyses chimiques simples) × 1  
  Opérations complexes en milieu humide (par exemple, opérations multiples ou opérations nécessitant l’utilisation d’une verrerie complexe) × 0,1  
  Opérations à sec simples (par exemple, manipulation de composés radioactifs volatils en poudre) × 0,1  
  Opérations à sec en milieu poussiéreux (par exemple, broyage) × 0,01  
       
  Sources: CIPR, 1977; AIEA, 1973.  
           
           
           

 

Le danger qu’il y a à travailler sur des matières radioactives dépend non seulement du niveau de radiotoxicité, de toxicité chimique et d’activité des radionucléides, mais aussi des caractéristiques physiques et chimiques des matières ainsi que de la nature et de la complexité de l’opération ou du processus à exécuter.


L’emplacement d’une installation radiologique dans un bâtiment

Lorsqu’une installation radiologique doit faire partie d’un grand bâtiment, il importe de tenir compte des principes ci-après au moment de son implantation.

•   L’installation radiologique devrait se trouver dans une zone relativement peu fréquentée du bâtiment, afin de faciliter le contrôle de l’accès.
•   Le risque d’incendie dans la zone choisie devrait être minimal.
•   L’emplacement ainsi que les moyens de chauffage et de ventilation devraient être choisis de façon à minimiser les possibilités de propagation de la contamination radioactive tant en surface qu’en suspension dans l’air.
•   Il faudrait choisir judicieusement l’emplacement afin de parvenir, sans dépenses excessives en matière d’écrans, à maintenir les niveaux de rayonnement dans les limites prescrites au voisinage immédiat de l’installation.


La planification des installations radiologiques

Si l’on envisage une gradation des niveaux d’activité, le laboratoire devrait être aménagé de façon que l’accès aux zones à haut rayonnement ou à forte contamination radioactive soit graduel; on entrerait d’abord dans une zone sans rayonnement, puis on passerait successivement dans les zones à faible activité, à activité moyenne et ainsi de suite.

On peut éviter les systèmes de ventilation complexes dans les petits laboratoires en recourant à des hottes et à des boîtes à gants pour manipuler des sources non scellées de substances radioactives. Toutefois, le système de ventilation devrait être conçu de façon que la circulation de l’air emporte toute matière radioactive en suspension loin des travailleurs. L’air devrait toujours circuler des zones non contaminées vers les zones qui sont ou peuvent être contaminées.

Pour la manipulation de sources non scellées de faible ou de moyenne activité, la vitesse moyenne de l’air passant par l’orifice de la hotte doit être maintenue à environ 0,5 m/s. Dans le cas de sources hautement radiotoxiques ou à haute activité, la vitesse moyenne de l’air devrait être portée à 0,6 à 1,0 m/s. Il ne faut cependant pas perdre de vue que si l’air circule à des vitesses élevées, il risque d’aspirer des matières radioactives se trouvant dans des récipients ouverts et de contaminer ainsi toute la zone de la hotte.

L’emplacement de la hotte dans le laboratoire est important par rapport aux courants d’air. En général, elle devrait être placée bien à l’écart des prises d’air extérieur ou d’air d’appoint. Une soufflerie à deux vitesses permet d’augmenter la circulation d’air pendant qu’on utilise la hotte, puis de passer à la petite vitesse lorsqu’elle est fermée.

L’objet de tout système de ventilation devrait être:

•   d’assurer des conditions de travail confortables;
•   de renouveler continuellement l’air (trois à cinq fois par heure) afin d’extraire et de diluer les aérocontaminants;
•   de minimiser la contamination des autres zones du bâtiment et de l’environnement.

Lors de la conception des installations radiologiques, on peut réduire les besoins de blindages épais en adoptant certaines mesures simples. Par exemple, dans le cas des installations de radiothérapie, des accélérateurs, des générateurs de neutrons ou des sources de rayonnement panoramiques, un labyrinthe peut souvent remplacer une lourde porte doublée de plomb. En diminuant l’épaisseur de l’écran primaire de radioprotection dans les zones qui ne se trouvent pas directement dans le faisceau utile ou en plaçant l’installation partiellement ou complètement sous terre, on peut réduire sensiblement les besoins de blindage.

Il convient de porter une attention particulière au positionnement des hublots d’observation, des câbles passant dans des canalisations souterraines et des chicanes du système de ventilation. Le hublot d’observation ne devrait intercepter que le rayonnement diffusé. Il vaut d’ailleurs mieux recourir à la télévision en circuit fermé, qui est en même temps plus efficace.


Toutes les surfaces rugueuses — plâtre, béton, bois, etc. — devraient recevoir un revêtement lisse permanent d’un matériau approprié. Le choix de ce matériau doit tenir compte des considérations suivantes:

•   la surface doit être lisse et chimiquement inerte;
•   le matériau doit pouvoir supporter les conditions ambiantes de température, d’humidité et d’usure mécanique auxquelles la surface peut être exposée;
•   il doit être compatible avec les champs de rayonnement auxquels la surface est exposée;
•   il doit permettre des réparations rapides en cas de dommages.

Les peintures, vernis et enduits ordinaires ne sont pas recommandés pour les surfaces d’usure. Il pourrait être utile d’envisager un matériau de revêtement pouvant être facilement enlevé en cas de contamination. Il ne faudrait cependant pas perdre de vue que l’enlèvement de tels matériaux peut lui-même s’avérer difficile et être une source de contamination.


La plomberie

Eviers, lavabos et drains de sol devraient porter des indications adéquates. Les lavabos à utiliser pour se laver les mains en cas de contamination devraient être équipés de commandes au genou ou au pied. Il pourrait être économique de réduire la maintenance en se servant d’une tuyauterie pouvant être facilement décontaminée ou remplacée, au besoin. Il est préférable, dans certains cas, d’installer des réservoirs souterrains de reprise ou de stockage pour contrôler l’élimination des liquides radioactifs.



  La conception des écrans de protection


Les écrans sont importants pour réduire l’exposition des travailleurs et du public. Les besoins de protection dépendent de nombreux facteurs, notamment la durée de l’exposition aux sources de rayonnement ainsi que le type et l’énergie des sources et des champs de rayonnement.

Au moment de la conception des écrans de protection, il faudrait s’efforcer autant que possible de placer le matériau écran à proximité de la source. Il importe en outre d’examiner séparément les besoins de protection correspondant à chaque type de rayonnement en cause.

La conception des écrans peut être une tâche complexe. On recourt par exemple à la modélisation informatique pour étudier la protection des accélérateurs, des réacteurs et d’autres sources de rayonnements à haute énergie, mais ce sont là des questions qui débordent le cadre du présent article. Il faudrait toujours faire appel à des experts pour régler les problèmes complexes de protection par écrans.


La protection contre les sources de rayons gamma

L’atténuation des rayons gamma est qualitativement différente de celle des rayonnements alpha ou bêta. En effet, ces deux derniers types de rayonnement ont un parcours de longueur déterminée dans la matière et sont complètement absorbés. Il n’en est pas de même des rayons gamma dont l’intensité baisse lorsqu’ils traversent des épaisseurs croissantes d’absorbant, mais qui ne sont jamais complètement absorbés. Si l’atténuation de rayons gamma monoénergétiques est mesurée dans de bonnes conditions de géométrie (c’est-à-dire quand le rayonnement est bien collimaté dans un faisceau étroit), le tracé, sur échelle semi-logarithmique, des données d’intensité en fonction de l’épaisseur de l’absorbant est une ligne droite ayant pour pente le coefficient d’atténuation µ.

L’intensité, ou le débit de dose absorbée transmis à travers un absorbant, peut être exprimée par la formule : Equation (1)

où It est l’intensité des rayons gamma ou le débit de dose absorbée transmis à travers un absorbant d’épaisseur t.

Les unités de µ et t sont des inverses si l’épaisseur de l’absorbant t est mesurée en cm, le coefficient d’atténuation linéaire µ est mesuré en cm–1. De même, si t est exprimé en unités de masse par unité de surface (g/cm2), µ est alors le coefficient d’atténuation massique désigné µm et mesuré en cm2/g.

On peut dire, comme approximation de premier ordre, qu’à masse surfacique égale tous les matériaux ont les mêmes propriétés d’absorption de photons, tant que l’énergie de ces derniers se situe entre environ 0,75 et 5 MeV (mégaélectronvolts). Dans cet intervalle, la protection contre les rayons gamma est à peu près proportionnelle à la masse surfacique du matériau de l’écran. Dans le cas des photons ayant moins ou plus d’énergie, les absorbants à numéro atomique élevé assurent une protection plus efficace que les absorbants à numéro atomique bas, pour une masse surfacique donnée.

Dans des conditions défavorables de géométrie (par exemple, si le faisceau est large ou l’écran épais), l’équation précédente sous-estimera sensiblement l’épaisseur nécessaire de l’écran parce qu’elle se fonde sur l’hypothèse que chaque photon qui interagit avec l’écran est intercepté et n’est donc pas détecté. En réalité, l’écran peut transmettre au détecteur de nombreux photons diffusés; de plus, des photons diffusés hors du faisceau peuvent y être renvoyés après une deuxième interaction.

Dans des conditions défavorables de géométrie, on peut estimer l’épaisseur nécessaire de l’écran en tenant compte du facteur d’accumulation B, qui est calculé comme suit : Equation (2)

Le facteur d’accumulation est toujours supérieur à l’unité. Par définition, c’est le rapport de l’intensité du rayonnement électromagnétique primaire et diffusé en un point quelconque du faisceau à l’intensité du seul faisceau primaire au même point. Le facteur d’accumulation s’applique tant au flux de rayonnement qu’au débit de dose absorbée.

On a calculé les facteurs d’accumulation correspondant à différentes énergies de rayonnement et à différents absorbants. De nombreux graphiques et tableaux produits à cet égard donnent l’épaisseur de l’écran en longueurs de relaxation. Cette dernière grandeur représente l’épaisseur d’un écran capable d’atténuer un faisceau étroit d’un facteur égal à 1/e (environ 37%). Par conséquent, la longueur de relaxation est numériquement égale à l’inverse du coefficient d’atténuation linéaire (c’est-à-dire à 1/µ).

L’épaisseur d’un absorbant qui, introduit dans un faisceau de (photons) primaire, réduit le débit de dose absorbée de moitié est dite couche de demi-atténuation (CDA, ou HVL (Half-value Layer)) ou épaisseur de demi-atténuation (HVT, ou Half-value Thickness). La CDA est calculée comme suit : Equation (3)

On peut commencer par estimer l’épaisseur de l’écran antiphotons en supposant des conditions de faisceau étroit ou de bonne géométrie, puis en majorant la valeur obtenue d’une CDA pour tenir compte de l’accumulation.

L’épaisseur d’un absorbant qui, introduit dans un faisceau (de photons) primaire, réduit le débit de dose absorbée à un dixième de sa valeur est dite couche de décitransmission (CDT, ou TVL (Tenth-value Layer)). La CDT est égale à environ 3,32 fois la CDA puisque : Equation (4)

On peut trouver des tableaux de la CDA et de la CDT pour différentes énergies de rayonnements photoniques et différents matériaux courants de blindage, comme le plomb, l’acier et le béton (Schaeffer, 1973).

Pour une source ponctuelle, l’intensité ou le débit de dose absorbée est conforme à la loi de l’inverse des carrés et peut se calculer comme suit : Equation (5)

I1 étant l’intensité du rayonnement ou le débit de dose absorbée à une distance d1 de la source.


Equations

 

 

L’équipement médical et non médical à rayons X

L’équipement à rayons X est considéré sous deux aspects: blindage de la source et protection des locaux. Le blindage de la source est ordinairement fourni par le constructeur de la gaine du tube à rayons X.

Les règlements de sécurité prescrivent un type de gaine protectrice pour les installations médicales de radiodiagnostic et un autre pour les installations médicales de radiothérapie aux rayons X. Dans le cas de l’équipement non médical, l’enveloppe du tube et d’autres parties de l’appareil à rayons X, comme le transformateur, doivent être blindées pour réduire le rayonnement de fuite X à des niveaux acceptables.

Tous les appareils à rayons X, qu’ils soient médicaux ou non, ont des gaines protectrices conçues pour limiter le rayonnement de fuite. Dans les spécifications des gaines, le rayonnement de fuite désigne tout rayonnement autre que le rayonnement utile qui traverse la gaine.

Le blindage des locaux abritant l’équipement à rayons X a pour but de protéger les personnes présentes contre le rayonnement utile ou primaire, le rayonnement de fuite et le rayonnement diffusé. Il entoure tant l’équipement que les personnes ou les objets à irradier.

L’intensité du rayonnement diffusé dépend de l’étendue du champ d’irradiation, de l’énergie du faisceau utile, du numéro atomique effectif du milieu diffusant et de l’angle formé par le faisceau utile incident et la direction de la diffusion.

La charge de travail W de l’installation constitue un important paramètre de conception : Equation (6)

W étant la charge de travail hebdomadaire, ordinairement exprimée en mA·min par semaine, E l’intensité du courant dans le tube multiplié par le temps d’exposition par cliché, ordinairement exprimé en mAs, Nv le nombre de clichés par patient ou par objet irradié, Np le nombre de patients ou d’objets par semaine et k un facteur de conversion (1 min divisée par 60 s).

Le facteur d’utilisation Un d’un mur (ou d’un sol ou d’un plafond) n est un autre paramètre de conception important. Le mur peut servir à protéger n’importe quel local occupé comme une salle de commande, un bureau ou une salle d’attente. Le facteur d’utilisation est donné par la formule : Equation (7)

où Nv,n est le nombre de clichés pris pendant que le faisceau primaire de rayons X est orienté en direction du mur n.

Les exigences de protection des locaux pour une installation donnée de rayons X sont déterminées par les facteurs suivants:

•   la tension maximale, en kV (crête), à laquelle fonctionne le tube à rayons X;
•   l’intensité maximale, en mA, à laquelle fonctionne le tube à rayons X;
•   la charge de travail W, qui mesure, en unités appropriées (ordinairement en mA·min par semaine), le degré d’utilisation de l’installation à rayons X;
•   le facteur d’utilisation U, qui représente la fraction de la charge de travail durant laquelle le faisceau utile est pointé dans la direction considérée;
•   le facteur d’occupation T, par lequel la charge de travail devrait être multipliée pour tenir compte du degré ou du type d’occupation des locaux à protéger;
•   le débit d’équivalent de dose maximale admissible P pour un individu en zone contrôlée et non contrôlée (les limites habituelles de dose absorbée sont de 1 mGy par semaine en zone contrôlée et de 0,1 mGy par semaine en zone non contrôlée);
•   le matériau de blindage (par exemple, plomb ou béton);
•   la distance d entre la source et le local à protéger.

Une fois toutes ces considérations prises en compte, la valeur du rapport ou facteur de transmission K du faisceau primaire, en mGy par mA·min à 1 m, est donnée par la formule : Equation (8)

Le blindage de l’installation doit être construit de façon que la protection ne soit réduite ni par les joints et les ouvertures ménagées pour les conduits, tuyaux, etc. devant passer à travers les cloisons, ni par les canalisations ou les coffrets de branchement qui y sont encastrés. Le blindage devrait couvrir non seulement l’arrière des coffrets de branchement, mais aussi leurs côtés, ou s’étendre suffisamment pour assurer une protection équivalente. Les canalisations traversant les cloisons devraient comporter suffisamment de coudes pour atténuer le rayonnement au niveau requis. Les hublots d’observation doivent avoir un blindage équivalent à celui de la cloison (écran) ou de la porte dans laquelle ils sont placés.

Les installations de radiothérapie peuvent nécessiter des dispositifs d’interverrouillage de portes, des voyants lumineux, un système de télévision en circuit fermé ou un moyen de communication acoustique (en phonie ou par sonnette) et visuel entre la personne traitée et l’opérateur.

Les écrans de radioprotection sont de deux types :

1. écrans primaires pour atténuer le faisceau primaire (utile) au niveau requis;
2. écrans secondaires pour atténuer le rayonnement de fuite, le rayonnement diffusé et tout autre rayonnement résiduel au niveau requis.

Pour concevoir l’écran secondaire, on doit calculer séparément l’épaisseur nécessaire pour assurer la protection requise contre chacune des composantes. Si ces épaisseurs sont à peu près les mêmes, il suffit d’ajouter une CDA à la plus grande des épaisseurs calculées. Si le plus grand écart entre les épaisseurs calculées atteint ou dépasse une CDA, la plus grande épaisseur calculée devrait suffire.

L’intensité du rayonnement diffusé dépend de l’angle de diffusion, de l’énergie du faisceau utile, de l’étendue du champ ou de la zone de diffusion et de la composition du sujet.

Lors de la conception des écrans secondaires de radioprotection, on peut, par souci de simplification, poser les hypothèses prudentes qui suivent:

1. pour les rayons X produits à 500 kV ou moins, l’énergie du rayonnement diffusé est égale à celle du faisceau utile;
2. après diffusion, le spectre énergétique des rayons X produits à des tensions supérieures à 500 kV se dégrade, devenant alors équivalent à celui d’un faisceau de 500 kV. Le débit de dose absorbée à 1 m et à 90 degrés du diffuseur est de 0,1% de celui du faisceau utile au point de diffusion.

La relation de transmission du rayonnement diffusé s’exprime en fonction du facteur de transmission par diffusion Kµx en mGy·m2 (mA·min)–1 : Equation (9)

P étant le débit hebdomadaire maximal de dose absorbée (en mGy), ddiff la distance entre la cible du tube à rayons X et l’objet (patient), dsec la distance entre le diffuseur (objet) et le point considéré (que les écrans secondaires sont censés protéger), a le rapport du rayonnement diffusé au rayonnement incident, f l’étendue effective du champ de diffusion (en cm2), et F un facteur destiné à tenir compte du fait que l’intensité des rayons X produits augmente avec la tension. Plus Kµx est petit, plus les écrans doivent être épais.

Pour les systèmes de radiodiagnostic, le facteur d’atténuation du rayonnement de fuite BLX est ainsi calculé : Equation (10)

d étant la distance entre la cible du tube et le point considéré et I l’intensité du courant dans le tube en mA.

Dans le cas des systèmes de radiothérapie à rayons X fonctionnant à 500 kV ou moins, le facteur d’atténuation requis est donné par la formule : Equation (11)

Dans le cas des systèmes de radiothérapie fonctionnant à plus de 500 kV, le rayonnement de fuite se limite en général à 0,1% de l’intensité du faisceau utile à 1 m. Dans ce cas, le facteur d’atténuation requis est donné par : Equation (12)

où Xn est le débit de dose absorbée (en mGy/h) à 1 m d’un tube de radiothérapie à rayons X fonctionnant à 1 mA.

Le nombre n de CDA nécessaire pour obtenir l’atténuation requise BLX est donné par la formule : Equation (13) ou Equation (14)

Equations

 

 

La protection contre les particules bêta

Il faut tenir compte de deux facteurs dans la conception d’un écran de protection contre un émetteur bêta: les particules bêta elles-mêmes et le rayonnement de freinage (d’après le terme allemand Bremsstrahlung) produit par l’absorption des particules bêta dans la source et dans l’écran. Le rayonnement de freinage consiste en photons X émis lorsque des particules chargées se déplaçant à grande vitesse subissent une décélération rapide.

Par conséquent, l’écran bêta a souvent deux couches: une substance de faible numéro atomique (afin de réduire le rayonnement de freinage produit) d’une épaisseur suffisante pour arrêter toutes les particules bêta, suivie d’une substance de numéro atomique élevé assez épaisse pour atténuer suffisamment le rayonnement de freinage résiduel (en inversant l’ordre des deux couches, on intensifierait à tel point le rayonnement de freinage produit sur la première couche que la seconde pourrait ne pas assurer une protection suffisante).

On peut se servir de la formule suivante pour estimer le danger du rayonnement de freinage : Equation (15)

f étant la fraction de l’énergie bêta incidente convertie en photons, Z le numéro atomique de l’absorbant et Eβ l’énergie maximale du spectre bêta en MeV. Pour assurer une protection adéquate, on suppose d’habitude que tous les photons du rayonnement de freinage ont l’énergie maximale.

Le flux du rayonnement de freinage (Bremsstrahlung) Φ à la distance d de la source bêta peut être estimé par la formule suivante : Equation (16)

Equation est l’énergie moyenne des particules bêta, que l’on peut estimer ainsi : Equation (17)

Le parcours Rβ des particules bêta en unités de masse surfacique (mg/cm2) peut être estimé à l’aide de la formule suivante pour les particules de 0,01 à 2,5 MeV : Equation (18)

Rβ étant exprimé en mg/cm2 et Eβ en MeV.

Si Eβ dépasse 2,5 MeV, le parcours Rβ des particules bêta peut être estimé ainsi : Equation (19)

Rβ étant exprimé en mg/cm2 et Eβ en MeV.


Equations

 

 

La protection contre les particules alpha

Le rayonnement alpha est le moins pénétrant de tous les rayonnements ionisants. Par suite de la nature aléatoire de ses interactions, chaque particule alpha a un parcours qui se situe entre les valeurs nominales indiquées dans la figure 48.18. Dans le cas des particules alpha, le parcours est exprimé de différentes façons: parcours minimum, moyen, extrapolé ou maximum. Correspondant à la particule alpha «moyenne», le parcours moyen est celui que l’on peut calculer avec le plus de précision. C’est aussi celui que l’on utilise le plus souvent.


Figure 48.18 Distribution caractéristique du parcours des particules alpha



L’air est le milieu absorbant dont on se sert le plus couramment pour définir la relation parcours-énergie des particules alpha. Pour une énergie alpha Eα inférieure autour de 4 MeV, le parcours dans l’air Rα est donné approximativement par : Equation (20)

Rα étant exprimé en cm et Eα en MeV.

Pour une énergie Eα comprise entre 4 et 8 MeV, le parcours dans l’air Rα est donné approximativement par : Equation (21)

Rα étant exprimé en cm et Eα en MeV.

Le parcours des particules alpha dans des milieux autres que l’air peut être déduit de la relation suivante:

Rα (milieu autre que l’air, mg/cm2) ~ 0,56 A1/3 Rα (dans l’air, cm)

A étant le numéro atomique de l’autre milieu.


Equations

 

 

La protection contre les neutrons

On peut considérer, en gros, pour le calcul des écrans, que les neutrons atteignent un état d’équilibre énergétique ou thermodynamique et s’y maintiennent après avoir franchi une ou deux longueurs de relaxation dans le matériau d’un écran. Par conséquent, pour un écran de béton ou d’acier d’une épaisseur supérieure à quelques longueurs de relaxation, l’équivalent de dose sera atténué par des longueurs de relaxation de 120 g/cm2 (béton) ou de 145 g/cm2 (acier).

Pour absorber l’énergie des neutrons par diffusion élastique, il faut recourir à un écran hydrogéné afin de favoriser au maximum le transfert d’énergie pendant que les neutrons sont modérés (ralentis). Aux énergies supérieures à 10 MeV, les processus inélastiques atténuent efficacement les neutrons.

Comme les réacteurs nucléaires, les accélérateurs à haute énergie doivent avoir un épais blindage pour protéger les travailleurs. La plus grande partie de l’équivalent de dose qu’ils reçoivent est due à l’exposition à des matières activées au cours des travaux de maintenance. Les produits d’activation sont engendrés dans les constituants et le matériel auxiliaire de l’accélérateur.



  Le contrôle de l’environnement des lieux de travail


Il importe de distinguer les programmes de contrôle périodique des programmes de contrôle opérationnel de l’environnement des lieux de travail. Chaque programme est conçu pour atteindre des objectifs particuliers. Il n’est donc pas recommandé de concevoir des programmes en fonction de critères généraux.


Le contrôle périodique des rayonnements extérieurs

Il importe, dans le cadre d’un programme de contrôle périodique des rayonnements extérieurs en milieu de travail, de réaliser une enquête approfondie chaque fois qu’une nouvelle source de rayonnement ou une nouvelle installation est mise en service ou que des changements importants sont apportés ou pourraient avoir été apportés à une installation existante.

La fréquence du contrôle périodique est déterminée par les changements attendus de l’environnement soumis aux rayonnements. Si les changements apportés à l’équipement protecteur ou aux opérations exécutées dans les lieux de travail sont minimes ou sans conséquence, il est rarement nécessaire de procéder au contrôle périodique des rayonnements pour fins d’examen. Si les champs de rayonnement sont susceptibles d’augmenter rapidement et de façon imprévisible jusqu’à des niveaux dangereux, il est nécessaire d’installer un système de surveillance radiologique et de signalisation de zone.


Le contrôle opérationnel des rayonnements extérieurs

La conception d’un programme de contrôle opérationnel dépend dans une large mesure de l’influence que les opérations à exécuter ont sur les champs de rayonnement: s’attend-on à ce que ces champs varient ou demeurent pratiquement constants en fonctionnement normal? La conception détaillée d’un tel programme dépend de façon déterminante de la nature des opérations et des conditions dans lesquelles elles sont exécutées.


Le contrôle périodique de la contamination de surface

La méthode classique de contrôle périodique de la contamination de surface consiste à surveiller une fraction représentative des surfaces d’une zone, à une fréquence déterminée en fonction de l’expérience. Si les opérations sont de nature à produire une importante contamination de surface et sont telles que les travailleurs risquent d’emporter sur eux en quittant les lieux de travail des quantités appréciables de matières radioactives en une fois, il faudrait, en sus du contrôle périodique, installer des détecteurs de contamination à la sortie des locaux.


Le contrôle opérationnel de la contamination de surface

L’une des formes de contrôle opérationnel consiste à vérifier la contamination de tout ce qui sort d’une zone radiologique contrôlée. Le contrôle doit porter en particulier sur les mains et les pieds des travailleurs.

Les principaux objectifs d’un programme de contrôle de la contamination de surface sont les suivants:

•   contribuer à prévenir la propagation de contaminants radioactifs;
•   déceler les défaillances du confinement et les entorses aux consignes d’exploitation;
•   limiter la contamination de surface à un degré tel que des normes générales d’entretien et d’administration interne suffisent pour maintenir l’exposition aux niveaux les plus bas que l’on puisse raisonnablement atteindre (principe ALARA («As Low As Reasonably Achievable») et pour éviter une exposition excessive due à la contamination des vêtements et de la peau;
•   donner des renseignements permettant d’établir des programmes optimisés pour les individus, de contrôler la qualité de l’air et de définir les procédures d’exploitation.


Le contrôle des contaminants en suspension dans l’air (aérosols)

Le contrôle des contaminants radioactifs en suspension dans l’air est important parce que l’inhalation est ordinairement la plus importante source d’absorption de matières radioactives pour les travailleurs sous rayonnement. Il est nécessaire de procéder à un contrôle périodique de ces contaminants sur les lieux de travail dans les circonstances suivantes:

•   manipulation d’importantes quantités de produits gazeux ou volatils;
•   contamination appréciable et fréquente des lieux de travail par suite de la manipulation de substances radioactives;
•   traitement de substances radioactives hautement ou modérément toxiques;
•   manipulation de radionucléides à usage médical non scellés dans les hôpitaux;
•   fonctionnement de cellules chaudes, de réacteurs ou d’assemblages critiques.

Si l’on juge nécessaire d’établir un programme de contrôle de l’air ambiant, il doit permettre:

•   d’évaluer la limite maximale probable d’inhalation de matières radioactives par les travailleurs exposés;
•   d’attirer l’attention sur des niveaux imprévus de contaminants en suspension de sorte que les travailleurs exposés puissent être protégés et que des mesures correctrices soient prises.
•   de réunir des renseignements suffisants pour planifier des programmes de contrôle individuel de la contamination interne.

Le moyen le plus courant de contrôle des contaminants aériens en suspension consiste à placer des appareils à prélèvement d’air à un certain nombre d’endroits choisis de façon à donner un échantillon représentatif de l’air inspiré par les travailleurs exposés. Il peut s’avérer nécessaire d’obtenir des échantillons plus représentatifs en recourant à des appareils à prélèvement d’air individuels ou pouvant même être portés en boutonnière.


La détection et le mesurage des rayonnements et de la contamination radioactive

Le contrôle par frottis et l’inspection à l’aide d’appareils de mesure des surfaces de travail, des sols, de la peau et d’autres surfaces ne sont au mieux que des moyens qualitatifs pouvant difficilement donner des résultats quantitatifs précis, les appareils utilisés étant en général plus aptes à la détection qu’au mesurage. Comme les quantités de radioactivité en jeu sont souvent petites, la sensibilité des appareils devrait être élevée.

Le besoin de détecteurs de contamination portables dépend de l’utilisation que l’on veut en faire. Si l’appareil doit servir à un contrôle général des surfaces de travail, il est commode de disposer d’un modèle portable. Par contre, s’il s’agit d’un appareil spécialisé et qu’il est possible de déplacer l’objet à contrôler, un modèle fixe suffit. Les détecteurs servant à contrôler les vêtements, les mains et les chaussures ne sont pas en général portables.

Les compteurs et détecteurs comportent ordinairement un affichage et une sortie sonore ou une prise d’écouteur. Le tableau 48.14 répertorie les appareils qu’il est possible d’utiliser pour détecter la contamination radioactive.


Tableau 48.14 Appareils de détection de la contamination radioactive

 
  Appareil Echelle de comptage et

autres caractéristiques (1)

Applications typiques Observations  
           
  Détecteurs de surface β et γ2  
    •  Applications générales  
  Compteur (compteur G-M3 à paroi ou fenêtre mince) 0-1 000 i/min

0-10 000 i/min

Surfaces, mains, vêtements Simple, fiable, alimenté par piles  
  Compteur G-M de laboratoire à fenêtre mince 0-1 000 i/min

0-10 000 i/min

0-100 000 i/min

Surfaces, mains, vêtements Fonctionnement sur ligne  
     
    •  Personnel des installations  
  Détecteur pour mains et chaussures, de type G-M ou à scintillations Entre 1½ et 2 fois le rayonnement de fond Contrôle rapide de la contamination Fonctionnement automatique  
           
    • Applications spéciales  
  Détecteur pour la buanderie, les planchers, les portes et les véhicules Entre 1½ et 2 fois le rayonnement de fond Contrôle de la contamination Commode et rapide  
           
  Détecteurs de surface α  
    •  Applications générales  
  Compteur proportionnel à air, portable avec sonde 0-100 000 i/min sur 100 cm2 Surfaces, mains, vêtements Ne pas utiliser sous forte humidité, alimentation par piles, fenêtre fragile  
  Compteur portable à circulation de gaz avec sonde 0-100 000 i/min sur 100 cm2 Surfaces, mains, vêtements Alimentation par piles, fenêtre fragile  
  Compteur portable à scintillations avec sonde 0-100 000 i/min sur 100 cm2 Surfaces, mains, vêtements Alimentation par piles, fenêtre fragile  
     
    •  Usage personnel  
  Moniteur pour mains et chaussures de type compteur proportionnel 0-2 000 i/min sur environ 300 cm2 Contrôle rapide de la contamination des mains et des chaussures Fonctionnement automatique  
  Moniteur pour mains et chaussures de type compteur à scintillations 0-4 000 i/min sur environ 300 cm2 Contrôle rapide de la contamination des mains et des chaussures Robuste  
  Moniteur pour plaies Détection des photons à faible énergie Contrôle du plutonium Conception spéciale  
           
  Contrôle de l’air  
    •  Appareils à prélèvements d’aérosols  
  A papier filtre, grand débit 1,1 m3/min Echantillons ponctuels rapides Usage intermittent, nécessite un compteur distinct  
  A papier filtre, petit débit 0,2-20 m3/h Contrôle en continu de l’air ambiant Usage continu, nécessite un compteur distinct  
  Modèle boutonnière 0,03 m3/min Contrôle en continu de l’air respiré Usage continu, nécessite un compteur distinct  
  Filtre électrostatique 0,09 m3/min Contrôle en continu Dépôts recueillis sur boîtier cylindrique, nécessite un compteur distinct  
  Impacteur 0,6-1,1 m3/min Contamination alpha Applications spéciales, nécessite un compteur distinct  
           
    •  Moniteurs de tritium  
  Chambre d’ionisation à courant gazeux 0-370 kBq/m3/min Contrôle en continu Peut être sensible à d’autres sources d’ionisation  
           
    •  Systèmes complets de contrôle de l’air Activité minimale détectable  
  Papier filtre fixe α ~0,04 Bq/m3 βγ ~0,04 Bq/m3   Le niveau du rayonnement de fond peut masquer les faibles niveaux d’activité, compteur compris  
  Papier filtre mobile α ~0,04 Bq/m3; βγ ~0,04 Bq/m3   Enregistrement en continu de l’activité de l’air, le moment de la mesure peut varier entre le moment de la collecte et n’importe quel moment ultérieur  
           
  (1) i/min = impulsions par minute.

(2) Les moniteurs de surface peuvent rarement détecter le tritium (3H). On recourt plutôt aux frottis et aux compteurs à scintillation liquide.3 G-M = compteur de Geiger-Müller.

 
           
           
           

       

Les détecteurs de contamination alpha

La sensibilité d’un détecteur alpha dépend de la surface et de l’épaisseur de sa fenêtre. Celle-ci a généralement une surface de 50 cm2 ou plus et une masse surfacique de 1 mg/cm2 ou moins. Les détecteurs de contamination alpha devraient être insensibles au rayonnement bêta et gamma de façon à minimiser l’effet du rayonnement de fond. On leur donne en général cette caractéristique en intégrant un discriminateur d’amplitude d’impulsion dans leur circuit de comptage.

Les appareils alpha portables sont soit des compteurs proportionnels à gaz, soit des compteurs à scintillations au sulfure de zinc.


Les détecteurs de contamination bêta

Divers appareils portables peuvent servir à la détection de la contamination bêta. Les compteurs de Geiger-Müller (G-M) ont ordinairement une fenêtre mince (masse surfacique comprise entre 1 et 40 mg/cm2). Les compteurs à scintillations (à anthracène ou à scintillateurs plastiques) sont très sensibles aux particules bêta et relativement insensibles aux photons. Les détecteurs bêta portables ne permettent généralement pas de détecter la contamination au tritium (3H) parce que, dans ce cas, les particules bêta émises sont à très faible énergie.

Tous les appareils utilisés pour détecter la contamination bêta réagissent également au rayonnement de fond. Il faut en tenir compte lorsqu’on interprète les lectures obtenues.

En présence de niveaux élevés de rayonnement de fond, les appareils portables sont d’une valeur limitée parce qu’ils ne peuvent pas indiquer de petites augmentations sur des taux de comptage élevés au départ. Il est recommandé dans ces cas de recourir aux contrôles par frottis.


Les détecteurs de contamination gamma

Comme les émetteurs gamma émettent aussi des particules bêta, la plupart des détecteurs de contamination mesurent à la fois les rayons bêta et gamma. On se sert ordinairement d’appareils sensibles aux deux types de rayonnements ionisants afin d’obtenir une sensibilité accrue, car la détection des particules bêta est souvent plus efficace que celle des rayons gamma. Les scintillateurs plastiques et les cristaux d’iodure de sodium sont plus sensibles aux photons que les compteurs G-M et sont donc recommandés pour la détection des rayons gamma.


Les appareils de prélèvement et de contrôle de l’air

Le contrôle des aérosols contaminants de l’air se fait par prise d’échantillons qui sont ensuite soumis à l’une des méthodes suivantes: sédimentation, filtrage, impact et précipitation électrostatique ou thermique. Le filtrage est cependant la méthode la plus courante (l’air est pompé à travers un filtre dont on mesure ensuite la radioactivité). Les débits d’échantillonnage sont habituellement supérieurs à 0,03 m3/min; par contre, dans la plupart des laboratoires, ils ne dépassent pas 0,3 m3/min. Les échantillonneurs peuvent être de type intermittent ou continu. Les appareils à prélèvement d’air en continu sont équipés d’un papier filtre fixe ou mobile. Ils devraient comprendre une alarme, étant donné que leur principale fonction est de donner un avertissement en cas de changement sensible de la contamination de l’air ambiant.

Comme les particules alpha ont un parcours extrêmement court, des filtres de surface (comme les filtres à membrane) doivent être utilisés pour mesurer la contamination alpha. L’échantillon recueilli doit également être mince. Il faut tenir compte du laps de temps qui s’écoule entre la collecte et la mesure à cause de la désintégration des descendants du radon.

Les radio-isotopes de l’iode (123I,125I,131I) peuvent être détectés sur papier filtre (surtout si le papier est chargé de charbon de bois ou de nitrate d’argent), car une partie de l’iode se dépose sur le filtre. Toutefois, pour effectuer des mesures quantitatives, il est nécessaire de recourir à des filtres ou à des cartouches au charbon actif ou au zéolithe d’argent pour assurer une absorption efficace.

L’eau tritiée et le tritium gazeux sont les formes primaires de contamination au tritium. Même si l’eau tritiée a une certaine affinité avec la plupart des papiers filtres, ces derniers se prêtent mal à l’échantillonnage de l’eau tritiée. Les méthodes de mesure les plus sensibles et les plus précises se basent sur l’absorption d’un condensat de vapeur d’eau tritiée. Le tritium dans l’air (par exemple, sous forme d’hydrogène, d’hydrocarbure ou de vapeur d’eau) peut être mesuré efficacement à l’aide d’une chambre de Kanne (chambre d’ionisation en flux continu). L’absorption de la vapeur d’eau tritiée présente dans un échantillon d’air peut être réalisée en filtrant celui-ci sur un tamis moléculaire au gel de silice ou en le faisant barboter dans de l’eau distillée.

Selon l’opération ou le processus exécuté, il peut être nécessaire de contrôler les gaz radioactifs. Cela peut se faire au moyen de chambres de Kanne. Les dispositifs les plus couramment utilisés pour l’échantillonnage par absorption sont les laveurs de gaz et les impacteurs. Il est également possible de recueillir de nombreux gaz en abaissant la température de l’air au-dessous du point de congélation du gaz en question et en recueillant le condensat. Cette méthode est le plus souvent utilisée dans le cas de l’oxyde de tritium et des gaz rares.

Il existe plusieurs méthodes pour obtenir des échantillons ponctuels. La méthode choisie devrait être adaptée au gaz à détecter ainsi qu’à la méthode requise d’analyse ou de mesure.


Le contrôle des effluents

Le contrôle des effluents consiste à en mesurer la radioactivité au point où ils sont rejetés dans l’environnement. Il est relativement facile à réaliser à cause de la nature contrôlée du point d’échantillonnage, habituellement situé dans un courant d’effluents rejetés par une cheminée ou une conduite.

Un contrôle continu de la radioactivité de l’air peut être nécessaire. En sus du dispositif de collecte, qui est ordinairement un filtre, on se sert en général d’un système de prélèvement de particules composé d’une pompe, d’un débitmètre et des conduites nécessaires. La pompe est placée en aval du dispositif de prélèvement pour que l’air passe d’abord par le filtre avant d’arriver dans le reste du système d’échantillonnage. Les conduites, surtout en amont du dispositif de prélèvement, devraient être aussi courtes que possible et exemptes de coudes et de zones de turbulence ou de résistance à l’écoulement de l’air. Le prélèvement de l’air devrait se faire à volume constant sur une plage suffisante de chute de pression. L’échantillonnage en continu destiné à détecter les radio-isotopes du xénon (Xe) ou du krypton (Kr) est réalisé par adsorption sur du charbon actif ou par cryogénie. Les ballons à scintillation (cellules de Lucas), qui représentent l’une des techniques les plus anciennes, demeurent le moyen le plus courant de mesurage des concentrations de radon. Ils sont maintenant remplacés par des détecteurs solides optiques de traces dans les mines.

Il est parfois nécessaire de contrôler en continu les liquides et les conduites d’évacuation pour détecter les matières radioactives. C’est le cas, par exemple, des conduites d’évacuation des laboratoires chauds et des laboratoires de médecine nucléaire, ainsi que des conduites du système caloporteur des réacteurs. Toutefois, le contrôle continu peut consister en une analyse périodique en laboratoire d’un petit échantillon proportionnel au débit d’effluents. Il existe des appareils pouvant prélever des parties aliquotes périodiques ou extraire en continu de petites quantités de liquide. Ils sont maintenant remplacés par des détecteurs solides optiques de traces dans les mines.

L’échantillonnage ponctuel est le plus courant lorsqu’il s’agit de déterminer la concentration de matières radioactives dans des réservoirs de rétention. L’échantillon doit être prélevé après recirculation pour qu’il soit possible de comparer le résultat aux taux de rejet admissibles.

Théoriquement, les résultats du contrôle des effluents devraient être en harmonie avec ceux du contrôle de l’environnement, les seconds devant pouvoir être déduits des premiers à l’aide de différents modèles. Toutefois, il faut reconnaître que le contrôle des effluents, si efficace et complet qu’il soit, ne peut pas se substituer à des mesures réelles de radioactivité de l’environnement.


 

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