
Les Accidents Domestiques chez l'Enfant
Préambule
Les accidents domestiques représentent le type même d'événement de morbidité aiguë évitable. Chez l'enfant, ces accidents peuvent occasionner des lésions organiques et/ou fonctionnelles majeures à l'origine d'un handicap confirmé. L'estimation exhaustive de ces accidents est difficile à obtenir, car l'analyse de la situation causée par ces accidents domestiques repose sur les cas répertoriés dans les structures de santé, bon nombre de cas n'arrivant pas dans ces structures.
La prévention des accidents domestiques de l'enfant doit tenir compte de la multitude des facteurs de risque et des circonstances d'apparition de l'événement. L'approche préventive sera basées sur 3 axes :
• une bonne connaissance de la situation épidémiologique, • une stratégie efficiente d'information, d'éducation et de communication visant à modifier les attitudes et les comportements de la population • une révision concernant la réglementation et les normes de sécurité des produits divers à l'origine des accidents observés chez les enfants.
Cette approche nécessairement multidisciplinaire et multisectorielle, doit tenir compte de la multitude des facteurs de risque et des nombreuses circonstances d'apparition.
La démarche proposée doit permettre d'entraîner une diminution de la fréquence de ces accidents et notamment les plus graves d'entre eux, responsables de handicaps parfois sévères, à l'origine de surcoût considérable pour les services de santé.
Professeur N. ZIDOUNI - Directeur Général de l'INSP
Problématique
Si les statistiques de mortalité concernant les accidents sont établies de façon routinière et sont fiables, la fréquence des accidents non mortels est, quant à elle mal connue, du fait des difficultés de recueil des données. Au-delà des statistiques de morbidité, il faut aussi prendre en compte les handicaps dont le nombre est en croissance constante, dont le coût socio-économique est lourd et difficilement supportable, et pour lesquels les structures de réadaptation font largement défaut. Les accidents domestiques chez l'enfant suscitent beaucoup d'intérêt dans le monde en raison de leur fréquence et de leur gravité.
Le recueil de l'information et les enquêtes dans ce domaine sont des tâches difficiles à effectuer en raison des problèmes méthodologiques liés aux nombreux objectifs que l'on se fixe, à la longueur des supports et à la sous déclaration.
Néanmoins, une réflexion devrait être lancée pour obtenir à son issue un système de recueil simple, avec des objectifs clairs et précis, couplée à des enquêtes circonscrites. La genèse d'un accident est conditionnée par de nombreux facteurs sur lesquels il faut essayer d'agir afin d'éviter que cet accident ne se reproduise.
Dans le monde , dans son rapport sur la santé dans le monde en 2001 , l'O.M.S. donne des estimations sur les causes de décès et de charge de morbidité pour l'année 2000 :
• Les traumatismes non intentionnels représentent 6,1 % du total des cause de décès dans le monde. • Les chutes représentent 0,5 % du total des cause de décès dans le monde. • Les brûlures représentent 0,4 % du total des cause de décès dans le monde. • Les noyades représentent 0,8 % du total des cause de décès dans le monde. • Le poids des décès par chutes sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 83 ‰. • Le poids des décès par brûlures sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 69 ‰. • Le poids des décès par noyades sur les décès par traumatisme non intentionnel est de 132 ‰. • Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l'incapacité (AVCI) par chutes sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 143 ‰. • Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l'incapacité (AVCI) par brûlure sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 73 ‰. • Le poids de la charge de morbidité en année de vie corrigées de l'incapacité (AVCI) par noyades sur la charge de morbidité en AVCI par traumatisme non intentionnel est de 97 ‰. • Les accidents domestiques tuent chaque année 18000 personnes en France, soit deux fois plus que les accidents de la route et la plupart de ces victimes sont des enfants.
Selon l'enquête décennale sur la santé et les soins médicaux de 1991, on estime à environ 8,4 millions les accidents de la vie courante ayant nécessité au moins un recours au médecin ou au pharmacien au cours de l'année 1991. Cette enquête a montré aussi que la nature des accidents varie selon le sexe et l'âge.
L'enquête Européenne permanente Ehlass réalisée depuis 1986 dans les services d'urgence de huit hôpitaux français renseigne sur les causes, les mécanismes et les conséquences en terme d'hospitalisation des accidents qui conduisent à ses services.
Elle montre des risques très diversifiés selon l'âge, et on peut retenir les causes principales d'accidents suivantes :
• avant un an "chute d'un lieu élevé", • 1- 4 ans "intoxication, brûlure, noyade, morsure", • 5-15 ans "accidents scolaires".
En Algérie
En Algérie, les différentes enquêtes menées sur les accidents domestiques chez l'enfant situent l'incidence entre 40 et 50 ‰ et prédominent chez l'enfant d'âge préscolaire.
Etudes réalisées en 1987 par le docteur Klouche sur un échantillon représentatif de la population résidente de la daïra d'Hussein Dey (Alger) et celle réalisée en 1988 par le docteur Atek au niveau de l'APC de Sidi Mhamed (Alger).
L'enquête transversale par interrogatoire de tout enfant victime d'un accident domestique se présentant au niveau des services d'urgences, de jour comme de nuit, réalisée par le groupe technique "accidents domestiques de l'enfant" en février et mars 1998 retrouve que le type d'accident est dominé par les chutes dans 40,1 % des cas, les brûlures avec 37 %, suivi d'ingestion de caustiques avec 9,2 %.
L'enquête EDG Algérie 2000 qui a concerné 14543 enfants retrouve que 443 ont été victimes d'un traumatisme et parmi eux 381 (86 %) ont eu un traumatisme accidentel et 62 (14%) un traumatisme intentionnel. Dans les traumatisme accidentels 59,6% sont des accidents domestiques et la prévalence (prévalence du traumatisme durant les deux derniers mois qui précèdent l'enquête) des accidents domestiques est de 15,8 ‰.
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Répartition des accidents domestiques selon l'âge et le sexe : prédominance masculine à tous les âges. Le sexe ratio est de 1,7 |
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| Age (ans) | Masculin effectif | % | Féminin effectif | % | Total | % | ||
| 0-4 | 291 | 58,9 | 203 | 41,1 | 494 | 58,3 | ||
| 5-9 | 165 | 69,9 | 71 | 30,1 | 236 | 27,8 | ||
| 10-14 | 77 | 65,8 | 40 | 34,2 | 117 | 13,8 | ||
| Total | 533 | 62,9 | 314 | 37,1 | 847 | 100 | ||
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Répartition des accidents domestiques selon les antécédents pathologiques : 91,8 % des enfants ne présentent aucun antécédent pathologique |
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| Antécédents pathologiques | Effectif | % |
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| Aucun | 707 | 91,8 | |||
| Retard psychomoteur | 09 | 1,2 | |||
| Epilepsie | 06 | 0,8 | |||
| Diabète | 05 | 0,6 | |||
| Déficit sensoriel | 03 | 0,4 | |||
| Autres | 40 | 5,2 | |||
| Total | 770 | 100 | |||
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Répartition des accidents domestiques selon le nombre de personnes vivant sous le même toit |
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| Nombre de personnes vivant sous le même toit | Effectif | % | ||
| 1 à 2 | 05 | 0,6 | ||
| 3 à 4 | 136 | 17,2 | ||
| 5 à 6 | 257 | 32,6 | ||
| 7 et plus | 390 | 49,4 | ||
| Total | 788 | 100 | ||
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Répartition des accidents domestiques selon le nombre d'enfants de moins de 15 ans vivant sous le même toit |
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| Nombre d'enfants de moins de 15 ans | Effectif | % | ||
| 1 | 138 | 17,6 | ||
| 2 à 4 | 499 | 63,8 | ||
| 5 et plus | 145 | 18,5 | ||
| Total | 782 | 100 | ||
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Répartition des accidents domestiques selon la profession des parents |
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| Profession | Père | % | Mère | % |
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| Industriel | 8 | 1 | 0 | 0 |
Répartition des accidents domestiques
selon la profession des pères
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| Commerçant | 131 | 17 | 2 | 0,3 |
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| Cadre supérieur | 36 | 4,7 | 16 | 2,3 | |||
| Cadre moyen | 31 | 4 | 12 | 1,7 | |||
| Enseignant fondamental | 20 | 2,6 | 18 | 2,5 | |||
| Employé | 229 | 29,7 | 24 | 3,4 | |||
| Ouvrier qualifié | 137 | 17,8 | 6 | 0,8 | |||
| Ouvrier non agricole | 1 | 0,1 | 0 | 0 |
Répartition des accidents domestiques selon la profession des mères
|
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| Ouvrier agricole | 74 | 9,6 | 7 | 1 |
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| Retraité | 15 | 1,9 | 1 | 0,1 | |||
| Sans profession | 89 | 11,5 | 623 | 87,6 | |||
| Etudiant | 0 | 0 | 2 | 0,3 | |||
| Total | 771 | 100 | 71 | 100 | |||
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Répartition des accidents domestiques selon le niveau d'instruction des parents |
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| Niveau d'instruction | Père | % | Mère | % | |||
| Analphabète | 116 | 18 | 198 | 32,8 | Répartition des accidents domestiques selon le niveau d'instruction des parents | ||
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| Total | 644 | 100 | 603 | 100 | |||
Les analphabètes représentent 32,8 % des mères et 18 % des pères. 70,6 % des pères ont un niveau d'instruction primaire moyen ou secondaire alors que cette proportion est de 59,3 % pour les mères. Les parents de niveau supérieur sont retrouvés dans 11,3 % des cas chez les pères et dans 7,8 % des cas chez les mères.
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Répartition des accidents domestiques selon le type d'habitat |
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| Type d'habitat | Effectif | % |
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| Maison individuelle | 388 | 48,4 | Répartition des accidents domestiques selon le type d'habitat en (%) | ||
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| Total | 801 | 100 | |||
L'accident survient dans 48,4 % cas dans les maisons individuelles, 24,8 % des cas dans les maisons traditionnelles et 18,1 % des cas dans les immeubles.
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Répartition des accidents domestiques selon le nombre de pièces du logement |
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| Nombre de pièces | Effectif | % | ||
| 1 pièce | 104 | 13,1 | ||
| 2 - 3 | 400 | 50,6 | ||
| 4 et plus | 287 | 36,3 | ||
| Total | 791 | 100 | ||
|
Répartition des accidents domestiques selon le lieu de l'accident |
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| Lieu de l'accident | Effectif | % |
|
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| Chambre | 248 | 29,8 | Répartition des accidents domestiques selon le lieu de l'accident | ||
| Cour jardin | 173 | 20,8 | |||
| Cuisine | 170 | 20,4 |
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||
| Escalier | 101 | 12,1 | |||
| Salle de bain | 26 | 3,1 | |||
| Autres | 114 | 13,7 | |||
| Total | 832 | 100 | |||
L'accident survient dans 29,8 % des cas dans la chambre, 20,8 % dans la cour et le jardin et 20,4 % dans la cuisine.
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Répartition des accidents domestiques selon l'heure de survenue de l'accident |
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| Heure de l'accident | Effectif | % |
|
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| 8 - 9 | 53 | 6,6 | Répartition des accidents domestiques selon l'heure de survenue | ||
| 10 - 11 | 145 | 18 | |||
| 12 - 13 | 111 | 13,8 |
![]() |
||
| 14 - 15 | 88 | 10,9 | |||
| 16 - 17 | 122 | 15,1 | |||
| 18 - 19 | 113 | 14 | |||
| 20 - 22 | 142 | 17,6 | |||
| 23 - 24 | 30 | 3,7 | |||
| Total | 804 | 100 | |||
L'accident survient dans 64,4 % des cas pendant la journée (8h et 17h).
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Répartition des accidents domestiques selon le type d'accident |
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| Type d'accident | Effectif | % |
|
||
| Chute | 378 | 44.9 | Répartition des accidents domestiques selon le type d'accident | ||
| Brûlure | 156 | 18,5 | |||
| Lésions traumatiques superficielles | 154 | 18,3 |
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||
| Morsure, piqûre et griffure | 40 | 4,7 | |||
| Ingestion de caustique | 39 | 4,6 | |||
| Ingestion de toxique | 29 | 3,4 | |||
| Corps étranger | 28 | 3,3 | |||
| Inhalation | 14 | 1,6 | |||
| Noyade | 3 | 0,4 | |||
| Total | 841 | 100 | |||
Les chutes (44,9 %) représentent l'accident le plus fréquent, suivi par les brûlures (18,5 %) et les lésions traumatiques superficielles (18,3 %).
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Répartition des accidents domestiques selon la garde de l'enfant |
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| Garde de l'enfant | Effectif | % | ||
| Seul | 374 | 44,5 | ||
| Garde habituelle | 405 | 52 | ||
| Garde occasionnelle | 27 | 3,5 | ||
| Total | 779 | 100 | ||
Les accidents surviennent dans 52 % des cas lorsque l'enfant est soumis à la garde habituelle et dans 44,5 % des cas lorsqu'il est seul.
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Répartition des accidents domestiques selon les modalités de survenue de l'accident |
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| Modalités de survenue de l'accident | Effectif | % | ||
| Causé par l'enfant | 540 | 70,4 | ||
| Impliquant l'environnement matériel | 132 | 17,2 | ||
| impliquant une tierce personne | 95 | 12,4 | ||
| Total | 767 | 100 | ||
Dans 70,4 % des cas l'accident domestique est causé par l'enfant, alors que l'environnement matériel est impliqué dans 17,2 % des cas.
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Répartition des accidents domestiques selon le type d'agent causal |
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| Agent causal | Effectif | % |
|
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| Traumatisme | 577 | 68,1 | Répartition des accidents domestiques selon le type d'agent causal (%) | ||
| Brûlure | 156 | 18,4 | |||
| Ingestion | 91 | 10,7 |
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||
| Inhalation | 20 | 2,4 | |||
| Noyade | 3 | 0,4 | |||
| Total | 847 | 100 | |||
|
Répartition de l'agent causal des traumatismes |
|||||
| Traumatisme | Effectif | % |
|
||
| Chute | 376 | 65,3 | Répartition de l'agent causal des traumatismes (%) | ||
![]() |
|||||
| Total | 576 | 100 | |||
65,3 % des accidents domestiques causés par un traumatisme sont dus aux chutes et 23,3 % aux plaies.
|
Répartition de l'agent causal des brûlures |
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| Brûlure | Effectif | % |
|
||
| Liquide bouillant | 96 | 61,5 | Répartition de l'agent causal des brûlures (%) | ||
![]() |
|||||
| Total | 156 | 100 | |||
61,5 % des accidents domestiques causés par des brûlures sont dus aux liquides bouillants suivi par les flammes avec 21,2 % et les solides chauds dans 11%. Les 5,7 % restants concernent les brûlures chimiques et électriques.
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Répartition des accidents domestiques causés par ingestion |
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| Ingestion | Effectif | % |
|
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| Produit ménager | 36 | 39,5 | Répartition des accidents domestiques causés par ingestion (%) | ||
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| Effectif | % |
|
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| Effectif | % |
|
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Répartition des accidents domestiques selon le siège des lésions et le type d'accidents Type d'accident |
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| Type d'accident | Chute | Noyade | Corps étranger | Brûlure | Inhalation | Ingestion caustique | Lésion traumatique superficielle | Ingestion toxique | Morsure, piqûre et griffure | Total | ||
| Siège des lésions | ||||||||||||
| Membre supérieur | 55 | 0 | 0 | 57 | 0 | 0 | 64 | 0 | 11 | 187 | ||
| Total | 376 | 1 | 19 | 151 | 2 | 17 | 154 | 3 | 40 | 763 | ||
Dans les chutes le siège des lésions est dominé par le crâne avec 26 %, suivi des lésions de la face avec 20,7 %, des membres supérieurs dans 14,6% et des membre inférieurs dans 12,2 % des cas.
Dans les brûlures le siège le plus important est dominé par les membres supérieurs et inférieurs dans 74,8 % des cas.
| Effectif | % |
|
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| Effectif | % |
|
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| Effectif | % |
|
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| Effectif | % |
|
|||
| Effectif | % | |||
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Répartition des accidents domestiques selon le traitement reçu dans une structure de Santé et le type d'accident |
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| Type d'accident | Chute | Noyade | Corps étranger | Brûlure | Inhalation | Ingestion caustique | Lésion traumatique superficielle | Ingestion toxique | Morsure, piqûre et griffure | Total | ||
| Traitement reçu | ||||||||||||
| Médical | 166 | 1 | 9 | 127 | 8 | 25 | 67 | 20 | 35 | 458 | ||
Dans les chutes le traitement reçu est dominé par le traitement médical avec 47,7 %, suivi du traitement chirurgical dans 33 % des cas. Dans les brûlures le traitement le plus préconisé, est le traitement médical dans 92 % des cas. Dans les lésions traumatiques, le traitement médical est prescrit avec 47,5 %, suivi du traitement chirurgical dans 46 % des cas. ----------------
DISCUSSION
I L'exploitation des résultats montre :
• Age : ce sont surtout les 0-4 ans avec 58,3 % qui sont les plus touchés, suivis des 5-9 ans dans 27,8 % des cas et des 10-14 ans avec 13,8 %. (DS : p <10-6) • Sexe : les accidents domestiques touchent plus les garçons que les filles (DS : p<10 -6), Le sexe ratio est de 1,7. • Profession des parents : 87,6 % des mères sont sans profession alors que 64,5 % des pères sont des employés, des ouvriers qualifiés et des commerçants. • Type d'habitat : L'accident survient dans 48,4 % dans les maisons individuelles. 24,8 % dans les maisons traditionnelles et 18,1 % dans les immeubles, (DS : p <10 -6). • Lieu : L'accident survient dans 29,8 % dans la chambre, 20,8 % dans la cour et le jardin et 20,4 % dans la cuisine, (DS : p <10 -6) • Fréquence : type d'accident par rapport au lieu. Les chutes surviennent dans 31,4 % des cas dans la chambre, dans 25 % des cas dans l'escalier et 23,9 % des cas dans la cour. Les brûlures surviennent dans la cuisine dans 64 % des cas et dans 15 % des cas dans la chambre. Les ingestions de caustiques et de toxiques surviennent dans la cuisine dans 46 % des cas et dans 29,8 % des cas dans la chambre. • Heure de survenue de l'accident : L'accident survient dans 64,4 % des cas pendant la journée (8h et 17h), à noter aussi que dans 17,6 % des cas l'accident survient entre 20h et 22h. • Type d'accident : Le type d'accident est dominé par les chutes (44,9 %), les brûlures (18,5 %), les lésions traumatiques (18,3 %), suivies d'ingestion de caustiques et de toxiques (8 %) (DS : p <10 -6). • Circonstances de survenue de l'accident : Les accidents surviennent dans 52 % des cas lorsque l'enfant est soumis à la garde habituelle et dans 44,5 % des cas lorsqu'il est seul. Dans 70,4 % des cas l'accident domestique est causé par l'enfant, alors que l'environnement matériel est impliqué dans 17,2 % des cas. L'agent causal est représenté successivement par les traumatismes ( 68,1 % ), suivi par les brûlures (18,4 %) et les ingestions (10,7 %). • Nature des lésions : Les plaies représentent 44,3 %, les brûlures 19,3 % et les contusions 12,5 % de la nature de l'accident. • Siège des lésions : La tête est touchée dans 46 % des cas suivis des membres dans 43,7 % des cas. • Traitement préconisé : Le traitement préconisé est médical dans 59,7 % des cas et chirurgical dans 23,6 %. • Les suites données a la prise en charge : 79,3 % des enfants victimes d'accidents ont reçu un traitement ambulatoire, dans 7,1 % des cas il y a eu recours à l'hospitalisation. • Motifs des hospitalisations : Dans les accidents ayant engendré une hospitalisation la nature des lésions est multiple dans 41,6 % des cas et dans 16,6 % des cas c'est une contusion ou un trouble de la conscience.
II Causes favorisantes :
Cette partie fait la synthèse des conditions de survenue et des causes favorisantes pouvant permettre de dégager des stratégies adaptées de prévention. 62,9 % des enfants victimes d'accidents domestiques sont de sexe masculin. 91,8 % des enfants n'ont aucun antécédent pathologique. Concernant les mères dans les deux sexes, plus de 85 % sont sans profession et plus de 31% sont analphabètes. Le pourcentage des filles victimes d'accidents domestiques survenant dans des logements de 2 à 3 pièces est de 52,8 % des cas alors qu'il est de 49,1% des cas pour les garçons. Dans les deux sexes l'accident survient essentiellement dans les maisons individuelles, dans les maisons traditionnelles et en 3 ème position dans les immeubles. Les accidents domestiques surviennent fréquemment dans la chambre pour les deux sexes, suivi par cour/jardin pour le garçon, et la cuisine pour la fille.
Le type d'accident est dominé par les chutes suivi des lésions traumatiques pour le garçon et par les chutes suivi des brûlures pour la fille. Le type d'agent causal retrouve dans les deux sexes successivement les traumatismes, les brûlures et les ingestions. Les accidents domestiques causés par un traumatisme sont dus aux chutes, aux plaies et aux morsures pour le garçon et aux chutes, aux plaies et les écrasements pour la fille. Les accidents domestiques causés par les brûlures sont dus aux liquides bouillants suivis par les flammes et les solides chauds dans les deux sexes. Dans les accidents domestiques causés par ingestion, chez la fille la prise des médicaments vient en première position suivie des produits ménagers alors que chez le garçon l'ingestion des produits ménagers est la première cause suivie des corps étrangers et des médicaments.
Si on considère l'âge des accidentés, les enfants âgés de 0-4 ans sont les plus touchés avec 58,3 % et on retrouve les caractéristiques suivantes :
• le sexe masculin représente 58,9 %, 67,8 % ont un nombre de frères et sœurs compris entre 1 et 4 , le nombre de personnes vivants sous le même toit est de 3 dans 98,7 % des cas et le nombre d'enfants de deux et plus âgés de moins de 15 ans est de 78,1 %. • 86,2 % de ces enfants ont des mères sans profession et 29,9 % de ces enfants ont des mères analphabètes. • l'accident survient dans 58,9 % des cas dans la maison individuelle et traditionnelle, les heures favorisant l'accident de ces enfants sont 10-11h et 20-22h, les lieux de l'accident les plus fréquemment retrouvés sont la chambre et la cuisine avec 58,9 %. • les types d'accidents (chute, brûlure) représentent 60,9 % des cas avec une garde habituelle dans 66,4 % des cas et l'accident est causé par l'enfant dans 72,4 % des cas. • le type d'agent causal dominant est le traumatisme (62,3 %) où la chute représente 71 % suivi de la plaie dans 18,8 %des cas. • la brûlure représente le second type d'agent causal (20,6 %), elle est due au liquide bouillant dans 63,7 % des cas et aux flammes dans 20,5 % des cas. • le troisième type d'agent causal est l'ingestion (14,9 %) avec 45,9 % pour l'ingestion du produit ménager et 24,3 % pour l'ingestion du médicament.
III Stratégie de prévention
La démarche pour prévenir l'accident consiste a évaluer la nature et la gravité des risques encourus par les enfants dans la maison (objets, lieux, mobilier...) et les risques changent et évoluent en fonction de nombreux facteurs (les enfants, les situations, le hasard, les changements dans notre mode de vie), nécessitant ainsi une attention permanente.
Toute la difficulté de la prévention réside dans cette multitude de facteurs et sur les circonstances d'apparition qui sont souvent mal décrites.
La connaissance de ces facteurs de risque est primordiale, si l'on veut comprendre le choix des stratégies de prévention.
Facteurs endogènes c'est-à-dire propres à l'enfant lui même
Son développement physiologique qui le rend plus vulnérable
• Sa petite taille l'expose à des risques dans un environnement conçu pour un adulte • Son immaturité sensorielle (surtout visuelle) • Sa faible force musculaire
Sa coordination imparfaite Son développement psychomoteur s'accompagne de curiosité, source de danger (touche à tout), et l'apparition de la marche est un facteur d'accident.
Toutes ces caractéristiques de développement de l'enfant sont souvent méconnues des parents, qui de ce fait ne savent pas prévenir l'accident. Le sexe de l'enfant avec prédominance masculine La personnalité de l'enfant accidenté où des enquêtes ont montré que ces enfants avaient une tendance à l'agressivité et à l'hyperactivité.
Facteurs exogènes
L'environnement humain de l'enfant : certains facteurs favorisent la survenue de l'accident comme :
• Le bas niveau culturel de la mère • Les difficultés socio-économiques (taux d'occupation par logement élevé) Les difficultés de qualification professionnelle de la mère • Les familles dissociées • Le jeune âge de la mère • Les antécédents psychiatriques de la mère • Les facteurs culturels (difficultés de repérage dans le monde moderne, problèmes linguistiques ne permettant pas la lecture de notices…)
L'environnement matériel de l'enfant est un monde conçu pour les adultes. Dans les pays développés, l'habitat s'est modifié ; les lois, décrets et circulaires ont permis de réglementer beaucoup d'aspects tels la hauteur des fenêtres par rapport au sol, l'écartement des barreaux des balcons, les lits, les portillons ou barrières pour les escaliers, les placards munis de systèmes de fermeture pour le stockage des médicaments et des produits dangereux, les installations électriques.
A la lumière de ces différents facteurs intriqués entre eux, le bas niveau socio-économique, l'ignorance et l'environnement matériel inadéquat augmentent largement le risque de survenue d'accident.
L'analyse de ces facteurs permet de confirmer que toute stratégie de prévention des accidents domestiques est basée sur 3 grands axes avec toutes les spécificités liées à chaque région.
• Une bonne connaissance de la situation épidémiologique qui permettra • De dire si le problème est prioritaire ou non • D'identifier les facteurs de risques propres à chacun • De déterminer les circonstances d'apparition de l'accident permettant la construction de messages de communication cohérents et adaptés • La mise en place d'un programme d'information, d'éducation et de communication qui visera à modifier le comportement des individus.
Cet objectif de part l'importance de son action fait appel à la formation de relais que constituent les enseignants et le personnel de santé. L'école est un lieu privilégié dans l'éducation pour la santé des enfants ; elle demeure le meilleur vecteur de transmission de l'information. L'enfant apprend en classe, vit et pratique ses connaissances à l'école, pratique de nouveau et transmet ses connaissances dans la communauté. La prise de conscience du risque par les enfants est un des principaux objectifs dans la stratégie de prévention des accidents.
Par ailleurs, le rôle du personnel médical et paramédical est non négligeable dans l'information des parents surtout lors du suivi des grossesses, du suivi des enfants en PMI, lors des séances de vaccination. La communication interpersonnelle est fondamentale et requiert certaines conditions de disponibilité, d'écoute et d'attention. Elle permet de repérer les familles à risque en fonction des facteurs de risque, d'informer les mères des risques liés au développement psychomoteur et de conseiller les mères en fonction des spécificités du milieu.
Ces actions de terrain (formation, éducation) réalisant une véritable dynamique communautaire, doivent être associées à des campagnes de communication nationales destinées au grand public par le biais de la télévision (spots, reportages, JT...), la radio (spots, tables rondes…), les journaux (articles)…
La synergie dans l'utilisation de ces différents canaux permet d'augmenter l'impact.
Parallèlement à ces actions d'éducation et de communication, le volet réglementation, normalisation et sécurité des produits permet de définir les règles assurant un environnement plus sûr. Dans les pays développés, les industriels sont tenus de respecter les normes de fabrication et des contrôles sont exercés à tous les stades de fabrication par "la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes".
En Algérie, des décrets et circulaires visant à protéger le consommateur ont été finalisés. Cependant, le problème reste crucial en raison de l'exacerbation des problèmes environnementaux comme le non respect des lois existantes, la mise sur le marché de produits ne répondant pas aux normes… La prévention des accidents domestiques est un vaste chantier où les efforts de tout un chacun sont les bienvenus. Elle concerne tous les secteurs et sa réussite dépend de l'implication de tous les différents partenaires (santé, éducation, commerce, jeunesse et sport, bâtiment, industrie, mouvement associatif…) qui ont leur rôle à jouer pour la santé des enfants.
Communication transmise le 27 mai 2003, par le professeur Larbi ABID, abid@santemaghreb.com Résultats de l'enquête réalisée en 2000 par l'INSP
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