
Accidents impliquant un véhicule de transport en commun
Chaque année, parmi les dizaines de milliers d'accidents corporels de la circulation routière, certains impliquent des véhicules de transport en commun. Le Ministère de l'Intérieur collecte les informations liées aux accidents corporels de la circulation dans une base de données nationale, qui regroupe les fiches BAAC (bulletins d'analyse des accidents corporels de la circulation). Cette base est administrée par l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Les données récoltées permettent de publier un baromètre mensuel de la sécurité routière. Elles mettent en évidence que les transports collectifs sont bien plus sûrs que l'automobile.
Des données disponibles librement
Depuis fin 2011, les données des accidents corporels de la circulation routière sont publiées en open data sur la plateforme ouverte des données publiques françaises. Pour chaque année, 4 fichiers sont fournis indiquant les caractéristiques, les lieux, les véhicules concernés et les usagers (dont les victimes) de chaque accident. Chaque accident corporel est daté et localisé.
Zoom sur les accidents corporels qui impliquent des véhicules de transport en commun
Les accidents impliquant les véhicules de transport en commun peuvent être extraits car les catégories de véhicules sont renseignées pour chaque accident. Trois catégories de véhicules ont été retenues pour ce dossier : autobus, autocars et tramways. Ces données n'intègrent pas les responsabilités dans les sinistres (non responsable, torts partagés ou responsable). Les responsabilités sont déterminées par les assureurs. Année par année, il est donc possible d'obtenir le nombre d'accidents corporels qui impliquent des véhicules de transport en commun de personnes (TCP), hors trains : Agrandir le plan
Sur le total des accidents corporels de la circulation, ceux impliquant des véhicules de transport en commun sont donc de l'ordre de 1,8 % en moyenne chaque année. La répartition entre les bus et les cars ne semble pas cohérente vis-à-vis du nombre de véhicules en circulation, il est probable que des autocars soient classés en autobus par erreur dans ces données.
Une forte saisonnalité
Les accidents ont une variation saisonnière assez prononcée avec un creux durant les deux mois d'été et un pic en octobre. En 2020, le nombre d'accidents a diminué de manière atypique, ce résultat est essentiellement dû à la baisse des kilomètres effectués en raison du confinement durant la crise du Covid-19. Agrandir le graphe
Prévention des accidents
Pour éviter la survenue d'accidents, les opérateurs mènent des opérations de prévention et mettent en place des messages de prévention. Les bus et cars, comme tous les poids-lourds, ont de grands angles-morts. Le risque d'être percuté est important pour les cyclistes positionnés dans un angle mort lorsqu'un poids-lourd tourne. En 2021, cette signalisation est devenue obligatoire pour les poids-lourds qui circulent en zone urbaine.
Des dispositifs techniques commencent à équiper les postes de conduite des véhicules et alertent le conducteur lorsqu'il y a une présence dans un angle-mort. Daimler propose le système Sideguard Assist sur ses véhicules. En deuxième monte, plusieurs transports ont équipé des bus du système MobilEye ou Safety-Front. Pour avoir des éléments matériels en cas d'accident, certains transporteurs équipent leurs véhicules d'une caméra filmant la route en direction de l'avant (dashcam). À partir de juillet 2024, les nouveaux bus et cars seront équipés de systèmes ADAS supplémentaires (règlement GSR II).
Concernant les tramways, la distance d'arrêt lors d'un freinage d'urgence est longue. Les opérateurs de transport public mènent des campagnes de sensibilisation aux dangers qui existent à proximité d'un tramway ou d'un bus à destination des usagers de route (piétons, automobilistes, cyclistes…). Keolis a élaboré une campagne de communication sur le sujet illustrée avec un rhinocéros. Elle a été déclinée dans plusieurs réseaux qui exploitent un tramway.
Réparations
Les véhicules impliqués dans un accident sont souvent abîmés. Ils doivent alors être remis en état avant de reprendre la route avec des passagers. Parfois, l'accident est tel que le véhicule est détruit, en cas de choc très fort ou d'incendie. Le délai pour pouvoir débuter les réparations est parfois long en raison des démarches administratives liées à la procédure. En cas d'enquête judiciaire, les véhicules impliqués dans un accident peuvent être mis sous scellé. Les professionnels de la maintenance des bus et cars sont équipés pour effectuer les réparations.
Enquêtes
Dans les cas graves, le bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) peut ouvrir une enquête technique avec pour objet de prévenir de futurs accidents. Les recommandations formulées dans les enquêtes du BEA-TT peuvent contribuer à faire évoluer la réglementation. En cas d'accident, une enquête judiciaire peut aussi être ouverte.

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