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Transport - Infrastructures

 

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Autocars neufs à énergie alternative : quelle offre ?


Les véhicules propres sont répartis dans plusieurs groupes :

•   Groupe 1 : électricité, autocars alimentés par une pile à combustible à hydrogène
•   Groupe 1 bis : biogaz, motorisation est électrique-hybride avec carburant exclusivement exclusivement d'origine renouvelable
•   Groupe 2 : motorisation électrique-hybride, gaz et véhicules alimentés en carburant exclusivement d'origine renouvelable
•   Groupe 3 : motorisation hybride ou Euro 6

Les constructeurs doivent donc adapter leurs gammes d'autocars pour répondre à la nouvelle demande introduite par la loi. La réglementation vise à éliminer les véhicules fonctionnant au gazole d'origine fossile dans les zones denses ou dans les endroits couverts par un plan de protection de l'atmosphère (PPA).

Les constructeurs d'autocars proposent encore peu de cars à très faibles émissions (VTFE). Pour accélérer la transition énergétique, la solution pourrait venir du rétrofit.



  Autocars électriques à batteries


Du côté des minis, de 2012 à 2014, Vehixel a commercialisé le minicar Aptineo Electric (moins de 10 exemplaires produits). Iveco a ensuite vendu quelques minicars Daily électriques entre 2017 et 2019.
Concernant les autocars standards (12 à 13 mètres), deux véhicules à batteries produits par des constructeurs chinois sont commercialisés en France : BYD C9 et Yutong ICe 12. La capacité des soutes à bagages est réduite puisqu'une partie est réservée aux batteries.
Lancé en 2017, le Yutong ICe 12, connaît un certain succès avec plus d'une cinquantaine d'exemplaires en exploitation en France. Ces autocars ont dépassé en mars 2019 le million de kilomètres parcourus.

Le BYD C9 a effectué des essais dans les Hauts-de-France et dans plusieurs filiales du groupe Keolis. En juin 2019, Dupas & Lebeda, filiale de RATP Dev, a réceptionné un BYD C9.

En octobre 2022, Temsa a présenté un autocar électrique. En octobre 2023 au salon Busworld, Otokar a dévoilé son e-Territo U et le carrossier UNVI a présenté un autocar électrique à étage sur châssis BYD.

Un autocar électrique avec sa borne de rechargement et ses batteries coûte plus de 400 000 euros HT. L'Etat favorise l'acquisition d'autocars électriques à travers des programmes de subventions.



  Autocars au gaz naturel


Scania a été le premier constructeur à lancer un autocar au gaz naturel, si on fait exception des quelques autocars dérivés d'autobus proposés par MAN et Mercedes. En 2018, Iveco a présenté le Crossway au gaz, dans sa version standard et en low-entry. Le catalogue d'autocars au gaz disponibles en France est donc le suivant :

•   minicar Iveco Daily NP (quelques exemplaires seulement)
•   minicar Indcar Wing CNG (sur châssis Iveco Daily)
•   minicar Ferqui Sunrise GNV (sur châssis Iveco Daily)
•   autocar Isuzu Kendo GNV
•   autocar Iveco Bus Crossway Natural Power (NP) : leader du marché
•   autocar low-entry Iveco Bus Crossway LE NP

•   autocar Irizar i4 CNG (premiers exemplaires livrés en 2021)
•   autocar à plancher bas MAN Lion's City A20 GNV (un car de démonstration)
•   autocar à plancher bas Mercedes Citaro Ü NGT (15 autocars en Ile-de-France)
•   Scania Interlink LD GNV (n'est plus commercialisé)
•   Scania Citywide LE Suburban CNG (n'est plus commercialisé)
•   Scania Fencer CNG (à partir de 2022)



Ces autocars peuvent fonctionner au GNV ou au biogaz.
En octobre 2019, Ile-de-France mobilités a annoncé avoir pour projet le lancement d'un appel d'offres pour 150 autocars de 13 mètres fonctionnant au GNV. L'autocar Iveco Bus Crossway NP a été sélectionné.
En parallèle, le réseau de stations-service proposant du gaz naturel ou du biogaz se développe. Certains transporteurs s'équipent de leurs propres stations, avec des postes de charge lente ou rapide.



  Autocars au bioéthanol ED95



Seul le constructeur Scania a proposé des autocars fonctionnant au bioéthanol ED95, de 2017 à 2020.
Depuis début 2019, un Interlink LD Ethanol circule le réseau liO. Neuf autres ont été livrés en mars 2019 à Transdev pour la liaison La Rochelle - Île de Ré aux couleurs de la région Nouvelle-Aquitaine.
Sur le réseau de Libourne, Citram Aquitaine exploite deux Scania Citywide LE Suburban Éthanol depuis fin 2019.



  Autocars au biogazole B100



Le biocarburant B100 est aussi une alternative au gazole fossile issu de l'extraction du pétrole.
Le constructeur Volvo commercialise des autocars avec une motorisation acceptant exclusivement du B100. En mai 2022, Volvo a annoncé que toute sa gamme à moteur thermique pouvait être certifiée B100 exclusif.
Depuis début 2022, l'ensemble de la gamme MAN est compatible avec le B100.
Ce carburant peut être utilisé en remplacement du gazole dans certains autocars plus anciens.



  Autocars à motorisation hybride (diesel / électrique)


Quelques constructeurs commercialisent des autocars de ce type, Irizar avec le modèle i4 hybride et Scania avec le Citywide LF hybride (un seul exemplaire en France, dans les Alpes). En 2022, Mercedes-Benz a lancé l'Intouro Hybrid.



  Autocars électriques alimentés par une pile à combustible à hydrogène


Il n'existe pas d'autocars neufs de ce type à ce jour. Quelques industriels proposent des kits de rétrofit.



  Quelles perspectives de développement ?


La disponibilité des véhicules n'est pas suffisante pour permettre la transition énergétique. Un travail important reste à faire sur l'autonomie des véhicules (pour l'électricité) et sur le réseau de distribution (pour le gaz et le bioéthanol).




  Bus électriques


Silencieux et non polluants localement, les bus électriques ont des avantages sur leurs homologues à moteur thermique. Mi-2022, on dénombre environ 1000 bus électriques (hors minibus) exploités dans 40 réseaux de transport public en France.
Une page est dédiée aux minibus électriques. Les contraintes d'exploitation ne sont pas du tout les mêmes entre un minibus et des autobus de 12 à 24 mètres. Pour les véhicules d'un grand gabarit, des infrastructures spécifiques sont nécessaires.



  Etudes


La mise œuvre de bus électriques sur un réseau de transport public nécessite des études afin d'identifier les meilleures solutions. Les diagnostics à effectuer portent sur les lignes (distance, amplitude de fonctionnement, terminus…) et sur les dépôts (alimentation électrique, atelier…).
En juillet 2020, l'ADEME a lancé un Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) "Buselec 2020" pour financer des études de faisabilité d'exploitation de bus électriques.



  Chaînes de traction


Plusieurs équipementiers ont développé des chaînes de traction électriques pour autobus :

•   Accelera (ex-Siemens), filiale de Cummins : Iveco Bus
•   Voith (Voith Electrical Drive System - VEDS) : Otokar, Solaris
•   ZF (AxTrax, CeTrax) : Ebusco, Mercedes-Benz, Safra, Solaris, VDL Bus & Coach
•   Ziehl-Abegg (ZAwheel) : utilisé en rétrofit

Les moteurs électriques sont parfois positionnés dans le moyeu des roues ou en position centrale. Sur les autobus articulés, les deux essieux arrières peuvent être motorisés.
Ces moteurs ont la capacité de récupérer de l'énergie lors du freinage.



  Batteries


Plusieurs packs de batteries sont embarqués à bord des bus électriques. Pour un bus standard, la consommation est de l'ordre de 0,75 à 1,5 kWh/km selon les conditions de conduite et la topographie.
Les constructeurs Ebusco et VDL ont positionnés les batteries dans le plancher. Cette configuration permet d'abaisser le centre de gravité du bus.
Certains constructeurs, comme Bluebus, Iveco ou bien encore MAN ont développé leurs propres batteries. D'autres achètent les batteries à des fournisseurs comme CATL ou Forsee Power.


Recyclage des batteries

Les batteries ont une durée de vie estimée à environ 8 à 10 ans (la moitié de la durée d'exploitation d'un bus). La question de leur recyclage est donc à prendre en compte. Les conducteurs étudient avec les fournisseurs de batteries des solutions de réemploi (ex : usage statique).



  Infrastructures



Rechargement au dépôt

Pour l'aménagement des dépôts, le texte de référence est l'arrêté du 3 août 2018 relatif aux prescriptions générales applicables aux ateliers de charge contenant au moins 10 véhicules de transport en commun de catégorie M2 ou M3 fonctionnant grâce à l'énergie électrique et soumis à déclaration sous la rubrique n°2925 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement.

La charge lente au dépôt est la méthode la plus courante. Le temps de recharge dépend de la puissance de la borne. Une durée de de 4 à 6 heures est nécessaire pour obtenir une charge complète des batteries. Ce type de recharge est généralement effectué une fois par jour (souvent de nuit). Un complément de charge peut être effectué en journée si les bus reviennent au dépôt.


Plusieurs équipementiers commercialisent des chargeurs (ABB, IER, Keywatt 50 de IES Synergy, Comeca, Heliox, Ekoenergetyka…). Il existe des différentes puissances (50 kW, 100 kW DC...).
L'entreprise polonnaise Ekoenergetyka a équipé les dépôts de la RATP avec plus de 1000 bornes opérationnelles en 2024. L'entreprise va également installer des bornes dans les dépôts de la RTM à Marseille.
Certains chargeurs peuvent alimenter plusieurs bornes de recharge.
Plusieurs solutions techniques existent pour le rechargement : connexion manuelle du câble de recharge, système avec un pantographe (sur le bus ou sur le totem). Les prises de recharge sont normalisées (Combo2).

Un standard de communication commun aux véhicules et aux bornes de recharge a été publié par l'Open Charge Alliance : OCPP (Open Charge Point Protocol).

Des solutions de supervision de la charge existent pour optimiser la consommation électrique, recharger au meilleur moment (smart charging) et s'assurer de ne pas dépasser la limite de puissance (ex : PSI Transcom GmbH, ChargePoint…).


Rechargement en ligne ou au terminus

Les solutions de rechargement des autobus électriques sont en train d'évoluer. Il devient possible de recharger rapidement les batteries ou les supercapacités à certains arrêts ou au terminus (durant le temps de battement).
Ces systèmes permettent de diminuer le poids des batteries embarquées, ce qui permet d'avoir des véhicules moins lourds pouvant transporter plus de passagers.


Recharge par pantographe

Les industriels ABB E-mobility, Ekoenergetyka, Heliox et Siemens proposent des systèmes de charge par pantographe. Plusieurs industriels se sont regroupés sous l'impulsion de Volvo Bus Corporation pour définir la norme OppCharge pour le rechargement par pantographe inversé.
La RATP a testé la recharge par pantographe avec des autobus de 12 mètres, mais a jugé l'expérience peu concluante.
En France, il existe des recharges par pantographe à Amiens, Bayonne, Brest (2 totems), Nantes, Nice et Rennes (pantographes ascendants Schunk).
En 2023, Transdev a mis en service une flotte de 18 bus articulés électriques sur la ligne Nice-Menton. Trois pantographes ABB (puissance 300 kW) ont été installé, deux au niveau du terminus "Square Normandie Niemen" à Nice et le troisième à la gare routière de Menton.


Recharge par le sol

Le système SRS (static recharging system) d'Alstom Transport permet la recharge par contact au sol. Le positionnement au sol ne nécessite donc pas d'infrastructures en hauteur. Cette technologie est dérivée de l'APS utilisé sur certains tramways Alstom Citadis. Elle sera installée sur deux lignes TZen en Île-de-France (autobus bi-articulés Van Hool).


Biberonnage

En 2014, PVI a expérimenté WATT System, une technologie permettant une recharge rapide des supercapacités situées à bord du bus. Un GX 327 équipé de ce système a circulé quelques mois en 2014 sur l'aéroport de Nice.
En 2015, Bolloré a produit un système similaire pour son Bluetram. Les autobus Bluebus peuvent être équipés pour être rechargés aux terminus.
Hitachi Energy commercialise le système Grid-eMotion Flash (ex-TOSA). Cette technologie a été retenue par Nantes et Clermont-Ferrand. Elle permet de recharger aux arrêts en 20 secondes des batteries d'une capacité allant de 70 à 130 kWh.



  Supervision


Des solutions informatiques existent pour superviser les flottes de bus électriques et piloter les bornes. Grâce à un boîtier embarqué, ces outils monitorent la charge des bus pour qu'ils soient en mesure d'assurer le service aux voyageurs puis de rentrer au dépôt.

Plusieurs sociétés ont développé une expertise dans ce domaine, comme par exemple, la société française Comeca ou l'entreprise néerlandaise Viriciti (rachetée par ChargePoint en 2021).

Le smart charging est une technologie de pilotage de la recharge qui peut permettre de privilégier la recharge aux moments où l'électricité est la moins chère, tout en garantissant le niveau de recharge nécessaire à l'exploitation.

La RATP a mené des expérimentations avec Dreev, une co-entreprise entre EDF et la start-up californienne NUVVE.

À l'avenir, la technologie Vehicle-To-Grid (V2G) va permettre de renvoyer dans le réseau l'énergie stockée dans la batterie. Elle nécessite des chargeurs équipés avec un module bi-directionnel.



  Maintenance


Des habilitations sont requises pour permettre au personnel de travailler sur les équipements électriques (haute et basse tension).
Le réaménagement des ateliers de maintenance est nécessaire avec l'ajout de passerelles adaptées au travail du personnel sur le toit des bus où sont situées les batteries.



  Bus électriques en vente


Dans les années 2010, les autobus électriques étaient surtout des minibus et midibus. Le poids des batteries rendait difficile la conception d'autobus standards électriques. Désormais, les constructeurs commercialisent des autobus électriques de toutes tailles. En France, les premiers autobus articulés électriques à batteries ont été immatriculés fin 2018.



  Essais et démonstrations



Pour convaincre élus et transporteurs, les constructeurs présentent leurs véhicules dans toute la France.
Depuis 2015, la RATP teste plusieurs modèles de bus électriques dans le cadre d'une expérimentation. A Lyon le SYTRAL a démarré en juin 2016 des essais de 7 modèles différents.



  Rétrofit : transformer des bus diesel en bus électriques ?


Cette possibilité de retrofit a été introduite par l'Arrêté du 13 mars 2020 relatif aux conditions de transformation des véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible.


Plusieurs projets de transformation d'anciens bus diesel en bus électriques sont en cours en France.
Dans le cadre du projet Green-eBus de la société GreenMot, un démonstrateur doit être mis au point à partir d'un autobus Iveco Urbanway du Sytral (Lyon). La société développe un kit qui pourrait ensuite être installé sur d'autres autobus du même type. Les batteries seront installées à l'arrière, l'autonomie envisagée est de 200 km entre deux recharges.
En mars 2022, la société française REV Mobilities a annoncé un partenariat avec l'entreprise allemande pepper motion GmbH pour commercialiser des kits de retrofit pour autobus diesel Mercedes-Benz Citaro (C1 et C2) et MAN Lion's City.




  Autobus GPL, Gaz de Pétrole Liquéfié


Le premier bus GPL a été présenté par Van Hool fin novembre 1997 au congrès du GART. Fin 1998, le groupement d'intérêt économique (GIE) GPL Bus a vu le jour, associant Elf Antargaz, Irisbus, Heuliez et Total. Heuliez Bus lance alors son autobus GX 317 GPL
Près de 130 autobus GPL sont alors mis en service.
Mais en octobre 2001, suite à l'application des normes Euro 3, DAF décide d'arrêter la production de son moteur GPL qui équipe les bus Van Hool et Heuliez.
Un nouveau GIE a été créé en 2003 : GPL Prop'bus, soutenu techniquement par le constructeur MAN. La filière GPL est relancée… jusqu'en 2007 où MAN stoppe la commercialisation de son autobus GPL.



  Présentation et avantages du GPL


Le GPL est un mélange gazeux composé de butane et de propane. Un bus GPL permet de réduire de 65 % les rejets d'oxyde d'azote et de 80 % les particules (par rapport à un bus diesel). Le GPL ne contient ni soufre (qui provoque l'acidité des sols et des eaux), ni plomb, ni poussières. De plus, il permet une diminution de moitié de la nuisance sonore.



  Les autobus GPL



Première génération : de 1997 à 2001

En France, deux constructeurs se partageaient le marché de l'autobus au GPL : Heuliez et VanHool.

•   Heuliez

✓ Heuliez GX 317 GPL (standard)

•   VanHool

✓ A 300 GPL (standard)
✓ AG 300 GPL (articulé)

Tous ces bus partagent un seul et unique moteur : le RG 170 de DAF, qui n'est plus commercialisé.


Deuxième génération : de 2004 à 2007

Le constructeur Neoman relance le GPL en commercialisant un nouveau bus.

•   MAN

✓ MAN NL 243 GPL, puis Lion's City (standard)

Actuellement, il n'existe plus d'autobus GPL sur le marché français.



  Sécurité


L'arrivée d'autobus fonctionnant au GPL dans un dépôt nécessite quelques aménagements pour l'alimentation et la maintenance de ces bus.

Les zones couvertes où les bus GPL sont amenés à se rendre doivent être munies d'une ventilation performante et de détecteurs de gaz, situé en partie basse, le GPL étant un gaz plus lourd que l'air, contrairement au GNV.



  Les coûts


Le surcoût d'un bus GPL par rapport à son équivalent diesel est de l'ordre de 32 000 € (210 000 FF).

Au dépôt, des infrastructures sont nécessaires. Une station de remplissage haut débit avec une cuve de GPL coûte entre 0,5 et 1,5 million de Francs, selon sa capacité.

La consommation moyenne d'un bus GPL est environ 1,6 à 2 fois supérieure à celle d'un bus diesel (valeur exprimée en litres).



  Le parc d'autobus GPL en France


L'arrêt de la commercialisation d'autobus GPL en 2001 a conduit les réseaux à se tourner vers d'autres carburants. Parmi ces réseaux, seul celui de Laval a poursuivi l'achat de bus GPL lors de la sortie du MAN NL 234 GPL.

Depuis 2008, le nombre de bus GPL en exploitation en France diminue progressivement avec la réforme de ces bus et leur renouvellement par des véhicules fonctionnant avec d'autres carburants.




  Autobus à hydrogène : pile à combustible



Un autobus équipé d'une pile à combustible (PAC ou fuel cell electric vehicle - FCEV) est un autobus électrique dont l'énergie peut être produite directement dans le véhicule à partir de l'hydrogène. L'électricité est produite à la demande par une pile à combustible par la combinaison d'hydrogène et d'oxygène. Cette pile est alimentée en hydrogène qui est stocké sous haute pression dans des bouteilles située sur le pavillon du bus. L'utilisation de la pile à combustible ne dégage que de la vapeur d'eau. C'est donc un mode de propulsion particulièrement écologique localement.


Il existe deux types d'autobus à hydrogène :

•   les modèles équipés d'une batterie de petite capacité permettant de stocker temporairement l'énergie produite par la pile
•   les modèles équipés d'une batterie de grande capacité rechargeable au dépôt, dans ce cas la pile à combustible vient augmenter l'autonomie du bus (REX, range extender)

Dans les deux cas, un système électronique gère l'énergie. La pile à combustible permet d'avoir une meilleure autonomie que les autobus électriques à batteries.



  Autobus équipés d'une pile à combustible


Plusieurs constructeurs proposent des autobus équipés d'une pile à combustible. Certains constructeurs ont produit quelques véhicules à hydrogène qui sont restés à l'état de prototype. Voici la liste des modèles :


Caetano

H2.CityGold ; 450 km d'autonomie avec une pile à combustible Toyota ; en démonstration dans plusieurs villes d'Europe, plusieurs exemplaires en Vendée.


Mercedes-Benz

O 405N (NeBus) (présenté en 1997) Citaro BZ (pile à combustible de 2ème génération) : expérimentation de 30 autobus Citaro avec une pile à combustible à partir de 2002 dans 10 villes européennes. Mais il n'y en a pas eu en France. Citaro FuelCELL-Hybrid (2010, 3ème génération) : quelques exemplaires en Suisse, Allemagne, Italie… eCitaro FC / eCitaro G FC: autobus à batterie avec une pile à combustible et des réservoirs d'hydrogène pour augmenter l'autonomie ; présenté en 2023


IVECO

Heuliez GX 337 H2 / Iveco E-Way H2 : bus à hydrogène avec une pile à combustible HTWO du groupe coréen Hyundai Motor Company, présenté en octobre 2023, référencé par l'UGAP à partir d'avril 2024


Safra

Businova 12-H2 (bus électrique à batterie équipé d'une pile à combustible Symbio en prolongateur d'autonomie) ; référencé par la CATP depuis fin 2020 et par l'UGAP à partir de février 2021. Hycity 12 : successeur du Businova, fiche technique publiée en juin 2022, présenté en octobre 2023. Hycity 18 : bus articulé en cours d'étude


Solaris

Urbino 12 hydrogen : présenté en 2019, testé par la RATP en octobre 2020 (2 mois au centre bus de Thiais), en démonstration chez Transdev à Cluses du 30 novembre au 4 décembre 2020, démo à Alès du 16 juin au 7 juillet 2021 ; livraison d'un exemplaire en août 2022 pour le réseau TCL (Lyon) . Urbino 18 hydrogen : présenté en septembre 2022 (bus à hydrogène avec pile à combustible Ballard et batterie de 66 kWh)


Van Hool

A330 FC (12 et 13 mètres ; n'est plus commercialisé) A12 LF FC (référencé par l'UGAP à partir de février 2021, présenté en juin 2022) ; plusieurs exemplaires commercialisés en France, premières livraisons en 2023 à Belfort et Pau Exquicity (pile à combustible de la société canadienne Ballard)


La CATP a publié en juillet 2022 un avis de marché pour un accord-cadre relatif à l'acquisition et à la maintenance de véhicules hydrogène neufs 12 mètres et de matériels accessoires pour le transport urbain et non urbain de voyageurs d'une durée de 4 ans (lot 1 : acquisition de véhicules hydrogène neufs 12 mètres, valeur maxi. 700 millions d'euros ; lot 2 : acquisition et maintenance de véhicules hydrogène neufs 12 mètres, valeur maxi 1 025 millions d'euros).
Trois modèles ont été référencés : Caetano H2.CityGold, Solaris Urbino 12 hydrogen et Van Hool A12 LF FC.



  Rétrofit hydrogène


La transformation de bus et cars à moteur thermique en véhicules fonctionnant à l'hydrogène est étudiée par plusieurs industriels. Quelques projets sont en cours sur des autobus, mais aussi pour équiper des autocars d'une pile à combustible.



  Les équipements nécessaires


L'arrivée de bus munis d'une pile à combustible dans un réseau nécessite bien évidemment quelques aménagements pour l'alimentation en hydrogène et la maintenance de ces bus.

Des industriels comme Engie (GNVert) ou Air Liquide exploitent des stations à hydrogène. L'hydrogène bas carbone peut être obtenu par la méthode délectrolyse de l'eau à partir d'électricité issue de sources d'énergies renouvelables.

Le rechargement d'un bus en hydrogène prend un peu moins de vingt minutes, selon Air Liquide.

L'entretien des bus à hydrogène nécessite un atelier aux normes ATEX.



  Etat des lieux des bus équipés d'une pile à combustible


Cette technologie fait parler d'elle depuis plusieurs années, mais n'a pas encore passé le cap de la grande série. Le principal frein est son prix, bien plus élevé que pour les bus diesel et la disponibilité de l'hydrogène renouvelable ou bas carbone.


Calendrier : dates clés

•   1997 : premier prototype d'autobus équipé d'une pile à combustible : le Nebus (No Emission Bus) de Mercedes, réalisé à partir d'un O 405 N.
•   fin 2000 : premiers tests du prototype Mercedes Citaro pile à combustible
•   juin 2001 : Iveco CityClass équipé d'une PAC de 60 kW, fabriquée par IFC à Turin (ATM)
•   2003 : la RATP devait tester un Irisbus Cristalis propulsé par une pile Air Liquide / Nuvera de 60 kW, associée à une transmission électrique (par roues motorisées) pendant 2 ans, ce test n'a pas eu lieu.
•   fin 2002 / été 2003 : livraison de 30 Mercedes Citaro FC dans 10 villes européennes (3 bus par réseau), bus en service probatoire pour deux ans.

Il faudra ensuite attendre mars 2018 pour le démarrage d'un projet en France : la SAVAC annonce qu'elle va exploiter deux bus fonctionnant à l'hydrogène en Île-de-France.




  Les bus hybrides diesel-électrique



Les premiers bus hybrides diesel-électrique de nouvelle génération ont commencé à faire leur apparition en France en 2009, pour des essais. Ces bus disposent de deux sources d'énergie : carburant diesel et électricité. Le principal avantage de cette technologie est la réduction de la consommation de carburant.



  Technologies


Certains bus hybrides équipés de batteries peuvent être rechargés en électricité au dépôt. Le moteur thermique intervient donc pour fournir un complément d'autonomie. La durée de vie des batteries est plus faible que celle des bus. Les batteries doivent être remplacées à mi-vie.


Hybride série

Le moteur thermique est couplé à un générateur qui alimente un moteur électrique. Il y a récupération de l'énergie au freinage et stockage de celle-ci dans des supercondensateurs qui peuvent absorber beaucoup d'énergie très rapidement et la restituer très vite, lors de l'accélération. Le moteur thermique se coupe à l'arrêt (start & stop). Les supercondensateurs sont sollicités lors du redémarrage, le moteur thermique se met en marche pour fournir l'énergie nécessaire au générateur lorsqu'il n'y a plus d'énergie électrique. La motorisation thermique de ces véhicules est moins puissante que celles de leurs équivalents classiques. Par exemple, Irisbus équipe ses bus hybrides d'un moteur Tector (et non pas d'un moteur Cursor).


Hybride parallèle

Les moteurs thermique et électrique sont sur le même axe. L'électrique assiste le thermique lors des accélérations, récupère l'énergie en décélération / freinage. Le moteur thermique se met en route à partir de 20 km/h.
Le système hybride parallèle de Eaton équipe le Solaris Urbino 12.


Hybridation légère : véhicules mild-hybrid

Les constructeurs Mercedes-Benz et MAN proposent un système léger d'hybridation. Le pack de batteries est plus petit que sur les autres bus hybrides. Le coût de ses bus est donc réduit. Mais on conserve les avantages des véhicules hybrides : récupération d'énergie lors du freinage. Le poids global du véhicule n'est également que peu augmenté. Ce système est adapté aux bus à moteur thermique fonctionnant au diesel ou au gaz naturel.



  Les véhicules



Les précurseurs

Le midibus urbain Cito de Mercedes-Benz était également animé par une propulsion diesel-électrique. Présenté en 1998, il a été produit en série de 1999 à 2003. Son moteur diesel entraîne l'alternateur qui alimente à son tour un moteur électrique pour l'entraînement. Ce bloc, dit Power-Pack, est monté à l'arrière de ce véhicule, reconnaissable à son absence de porte-à-faux. Il ne possédait pas de batterie de récupération de l'énergie.

Le réseau d'Avignon a utilisé des midibus hybride série Neoplan N6108. Ces véhicules peuvent stocker l'électricité dans des batteries NiMH.


Véhicules hybrides disponibles

Les constructeurs proposent désormais des véhicules hybrides dans leurs catalogues. Le prix de ces véhicules commence à diminuer. Des véhicules de différents gabarits (standard et articulé) sont proposés.

Les systèmes d'hybridation sont fournis par des équipementiers. Irisbus travaille avec BAE Systems, qui commercialise Hybridrive. Solaris équipe ses bus avec des systèmes Eaton, Allison Transmission, Vossloh Kiepe et Voith Turbo (DIWAhybrid).

Pour conserver le plancher bas, les équipements sont généralement installés en toiture.


Liste des modèles de bus hybrides proposés par les constructeurs :



Les constructeurs font régulièrement des essais et des démonstrations de leurs véhicules hybrides sur des réseaux urbains. Lyon a testé un Citelis 12 hybride et un Volvo 7700 hybride, Bayonne et Versailles ont eu un GX 327 hybride en démonstration…

Comparatif

Un essai comparatif de plusieurs modèles sur une longue période a eu lieu à Lyon. Le SYTAL a procédé à l'achat de 6 bus hybrides pour son réseau TCL : 2 Citelis 12 hybride, 2 Lion's City Hybrid et 2 Volvo 7900 hybride. A l'issue de l'expérimentation, le SYTRAL a décidé de ne pas acheter de bus hybrides.


Exemples d'autobus hybrides

Ces véhicules possèdent souvent un carénage en toiture qui dissimule le stockage d'énergie.

  ► Bus articulé hybride
  ► Bus standard hybride

Les équipements électriques sont installés sur le toit des bus. L'utilisation de bus hybrides nécessite donc l'aménagement des ateliers de maintenance pour le travail en hauteur.



  2013 : année de lancement des bus hybrides


La mise en service des 102 bus hybrides de Dijon et des 30 de Bordeaux a marqué le vrai lancement en exploitation de cette technologie sur les réseaux urbains français. A ce jour, le constructeur Heuliez Bus a la plus grosse part de marché.
Pour 2014, seulement une trentaine d'hybrides ont été mis en circulation, dont 15 bus Irisbus Citelis 12 Hybrid pour la RATP. Pour les constructeurs, il s'agit de l'année de transition vers Euro 6.
En 2015, les livraisons de bus hybrides repartent à la hausse, notamment suite à la décision du STIF en Ile-de-France.
Les derniers bus full hybrid ont été livrés fin 2021. Désormais, les constructeurs proposent uniquement des mild-hybrid.

Certaines collectivités étudient la possibilité de rétrofiter ces bus hybrides diesel-électrique en autobus électriques à batteries.
Le remplacement des batteries des bus full hybrid est prévu à mi-vie, après environ 8 ans de service. Une opération coûteuse et qui pose le problème du recyclage des anciennes batteries.


 

 

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