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Algérie : un développement rapide des réseaux urbains


La réintroduction massive et rapide du tramway en Algérie ressemble au mouvement connu en France au cours des 30 dernières années. Les questions de circulation dans les grandes villes à la démographie particulièrement dynamique impose de nouvelles approches sur la mobilité. Les structures de la capitale, première à réintroduire ce mode de transport dans le pays, jouent un rôle central, puisque la maîtrise d'ouvrage des projets a quasi systématiquement été assurée - ou au moins supervisée - par l'Entreprise du Métro d'Alger.

Après l’inauguration des premières lignes des 3 principales villes du pays (Alger, Oran et Constantine) entre 2011 et 2013, pas moins de 15 projets ont été étudiés. En 2023, l'Algérie compte 7 réseaux urbains.



  Alger : la coordination métro - tramway



Une ligne de 23,2 km desservant 38 stations a été mise en service en 4 étapes, à partir du 8 mai 2011. Les extensions ont été livrées le 15 juin 2012, le 22 avril 2014 et le 14 juin 2015. La desserte est assurée avec une fréquence moyenne de 7 minutes. Le réseau transporte en moyenne 65 000 voyageurs par jour. La fréquentation a véritablement décollé à compter du 25 mai 2013 lorsque prit fin le principe de tarification par sections au profit d'un système horaire classique.

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Le développement du tramway est coordonné à celui du métro : le 1er novembre 2011, la première ligne du métro d’Alger était enfin mise en service après plus de 70 ans de discussions. Conçu et construit par Vinci-Dywidag (génie civil), Siemens (installations fixes, système d’exploitation) et CAF (matériel roulant), la première section est longue de 9,5 km avec 17 stations. 9,4 km sont actuellement programmés pour être livrés aux algérois fin 2017. Au-delà, deux lignes supplémentaires sont en étude pour une réalisation autour de 2020.



  Les tramways d'Oran


A Oran, la ligne de 18,7 km et 32 stations, ouverte le 2 mai 2013, a coûté l'équivalent de 400 M€. Le service propose un ntervalle de 4 minutes en heures de pointe. Deux prolongements ont été étudiées mais pas encore concrétisés :

•   8,6 km et 12 stations entre la gare routière Hatab et Benerb ;
•   21,5 km avec 28 stations au départ de Senia, en deux branches vers l'aéroport (5 km) et Bir El Djir (16,5 km).

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  Les tramways de Constantine



Une première section de 7,8 km a été inaugurée entre le dépôt de Zouaghi et Benabdelmalek Ramdane le 4 juillet 2013, desservent 10 stations. Le réseau a ensuite gagné 6,9 km vers le sud le 3 juillet 2019 pour atteindre Chadi Kadri Brahim et 3,5 km le 21 septembre 2021 pour atteindre l'université, soit un linéaire total de 18,2 km.
Particularité de ce réseau : il ne propose aucune connexion ni avec le réseau ferroviaire, ni avec l'autre nouveau mode de transport urbain qu'est le téléphérique.

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  Les tramways de Sidi bel Abbès



Le réseau dispose de 2 lignes et a été inauguré le 25 juillet 2017 après 4 années de travaux. Il se distingue par son tracé en boucle dans le centre passant par le campus et la gare avant de mettre cap au sud. Long de 14,5 km, il dessert 22 stations. Avec un intervalle de 5 minutes, le trafic avoisine les 80 000 voyageurs par jour.

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  Les tramways de Ouargla



Le réseau le plus au sud du pays a été inauguré le 20 mars 2018, avec une première section de 9,8 km et 16 stations entre Chenine Kadour et Sid Rouhou, d’un coût de 365 M€. Un prolongement en boucle de 2,8 km est planifié pour desservir le centre de la cité.

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  Les tramways de Sétif



Le réseau inauguré le 8 mai 2018 comprend une première ligne diagonale est-ouest de 14,7 km, desservant 26 stations, entre l'université Fehrat Abbas (au moyen de deux antennes de part et d'autre et la place du 11 décembre 1960 à l'est de la ville. Une seconde ligne d'orientation nord-sud est en projet, mais a été différée compte tenu des mesures d'austérité budgétaires décidées en 2015. Elle doit rejoindre la gare routière au sud de la ville en passant par la principale zone industrielle.

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  Les tramways de Mostaganem



Mis en service le 18 février 2023, le réseau dessert 24 stations sur 14,2 km avec une première ligne de 12,2 km entre le centre-ville et les universités et écoles supérieures de la ville et une seconde de 2 km entre la gare ferroviaire et la gare routière. Particularité de ce réseau : un parcours présentant une rampe significative de 8 %.

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  D'autres projets


A Blida, le projet d’une première ligne de 12 km a été confirmé. En outre, les études se poursuivent à Annaba, Bejaïa, Biskra, Djelfa, Skikda, Tebessa et Tlemcen. Néanmoins, entre les intentions et la réalité, il y a souvent un écart, surtout dans un pays où le contexte politico-financier reste fait de soubressauts prononcés.



  Alstom et RATP Dev, acteurs incontournables


Les deux entreprises françaises tiennent un rôle majeur dans le retour du tramway en Algérie, la première pour fournir le matériel roulant et les équipements ferroviaires, la seconde pour assurer l'exploitation.

En 2023, le parc de tramways algériens atteint 221 rames, toutes au gabarit 2,65 m :

•   Alger : 48 rames type 402
•   Oran : 30 rames type 302
•   Constantine : 27 rames type 402
•   Sidi bel Abbès : 34 rames type 402
•   Ouargla : 23 rames type 402
•   Sétif : 34 rames type 402
•   Mostaganem : 25 rames type 402

Elles ont été produtes par la CITAL, Compagnie Industrielle des Transports Algériens, associant Alstom, la Société Nationale des Transports Ferroviaires, Ferrovial et l'Entreprise du Métro d'Alger à l'exception de certaines rames réalisées dans l'usine espagnole d'Alstom près de Barcelone. La CITAL assure l'assemblage des éléments produits par Alstom sur ses sites européens de production du Citadis.

Comme le montrent les photos de ce dossier, la conception des lignes est très inspirée des principes français, en site propre, avec priorité aux carrefours. Leur mise en service a nécessité un temps d'adaptation afin d'assurer un meilleur respect du code de la route, ce qui n'est pas toujours facile, et prévenir les piétons.

 

 

 

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