
Analyse de l’évolution des transports ferroviaires

Le transport ferroviaire de voyageurs
Le transport ferroviaire s'effectue sur des voies ferrées, il résulte de l'association de deux inventions, le rail et la locomotive, il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel roulant et de procédures d'exploitation faisant le plus souvent intervenir l'humain. Le transport par rail fut au cœur de l'ère industrielle, jouant un rôle central dans le développement économique des pays d'Europe, d'Amérique du Nord ainsi qu'au Japon. Le rail fut la première grande innovation en technologie de transport terrestre et il a fourni une impulsion à une série d'importantes mutations en matière d'affrètement et de mouvements de passagers. Le rail s'est implanté différemment selon le contexte géographique «Techno-science, 2021». Le transport ferroviaire entretient un rapport unique avec l'espace du fait qu'il s'agit du mode le plus soumis à la contrainte physiographique. Il est clair que le rail est de beaucoup plus efficace que la route en termes de capacité et de consommation d'espace. Trois types de lignes ferroviaires sont caractérisés: les lignes de pénétration, les réseaux locaux et les lignes transcontinentales. Quant aux moyens du transport ferroviaire, ils sont composés du train, le TGV, le métro et le tramway.
Exploitation du transport ferroviaire de voyageurs
L’exploitation des chemins de fer algériens a commencé pendant la période coloniale pour servir les ports et les grands centres urbains le long de la bande côtière avec des pénétrantes vers les gisements miniers et les zones agricoles à l’intérieur du pays. En 1963, la Société Nationale des Chemins de Fer Algérienne (SNCFA) a été créée et son exploitation a été maintenue comme avant. L’actuelle Société Nationale du Transport Ferroviaire (SNTF) a été créée le 25 mars 1976 par l’ordonnance 76/28 suite à la dissolution de la SNCFA, selon l’ordonnance 76-28 deux autres structures ont été créées à savoir ; La société d'engineering et de réalisation d'infrastructures ferroviaires (SIF) et la société nationale chargée du renouvellement et de l'extension du réseau ferroviaire (SNERIF).
L’ordonnance 76-28 tout en créant la SNTF a lui attribué les objectifs suivants : le transport public de passagers et de marchandises, la maintenance et le renouvellement de la voie ferrée, études des besoins de connexion entre le client et le réseau, études et réalisation des projets d’extension du réseau, augmenter la part du transport ferroviaire du trafic du fret pour réduire d’une manière satisfaisante les coûts des transport pour l’économie nationale, la SNTF a été dotée en 1990 du statut d’Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial) chargée d’assurer l’exploitation d’intérêt général. Actuellement, la SNTF gère un réseau de 4 498 km et met au service de voyageurs 64 automotrices électriques, 416 voitures voyageurs, 17 autorails diesel, 261 locomotives diesel, 14 locomotives électriques «SNTF, 2021».
Le programme de la période post-indépendance
L'Algérie a hérité de l'administration coloniale un réseau ferroviaire long de 3900 km, au vu de la croissance démographique et des besoins économiques et sociaux, ce volume a rapidement perdu de son efficacité. Au lendemain de l’indépendance alors que les chemins de fer devenaient propriété de l’Etat Algérien au moyen d’une nationalisation opérée en 1969, le réseau ferroviaire de l’Algérie reste figé dans ses structures et ses équipements « Bejui P et al, 1992 ». La priorité pour l’Etat, en perspective de l’industrialisation du pays, était les lignes minières de l’Est. A la faveur du programme d’investissement de 1980, nous assistons à un renouveau relatif du rail en Algérie, le véritable renouveau devait en réalité survenir au cours des années 1980, avec des travaux intéressant l’infrastructure même du réseau « Bejui P et al, 1992 ». Et ce n’est que depuis 2000, que de tel créneau, stratégique pour l'économie nationale et pour la vie des populations, a commencé à être pris en charge dans le cadre des plans quinquennaux. Des sommes colossales ont été allouées au secteur dans le cadre de différents programmes de développement économiques.
Le réseau des chemins de fer s'étend sur 4 498 km, et couvre 30 wilayas. Il sert au transport de personnes et de marchandises. L’ambition de l’Etat est de connecter toutes les villes d’Algérie entre elles par le réseau ferroviaire.
Développement et modernisation du chemin de fer algérien
La politique de développement et de rénovation des chemins de fer vise à accompagner l’activité économique du pays. Notamment dans le transport de marchandises et le développement du réseau de circulation très en retard par rapport aux réseaux ferroviaires des pays développés. Le programme de développement du transport ferroviaire en Algérie, a donné la priorité à la poursuite de l’extension et de la modernisation du réseau ferré en termes de dédoublement de voies, de création de voies nouvelles, de signalisation et d’électrification de l’ensemble du réseau ainsi que l’acquisition et le renouvellement du matériel roulant «Ait bara, H. & Khelladi, M., 2014».
Evoluions du nombre de voyageurs transportés par la SNTF
En 2020, la SNTF a transporté 42 950 000 voyageurs contre 53 664 000 en 1990, soit une perte de marché d’environ de 80,04%. C'est en 1993 qu'on enregistre le plus haut niveau (58 521 000 voyageurs) et c'est en 2007 qu'on enregistre le plus bas niveau (19 052 000 voyageurs). Le déclin est dû certes pour partie à la perte de compétitivité du chemin de fer par rapport à son concurrent principal, le transport routier
Le nombre de voyageurs transportés par catégories de trafic
En 2020, le trafic banlieue a représenté une part de 91 % du trafic total, avec 28,34 millions de voyageurs transportés. Tandis que le service régional et le service à grandes lignes ne représentent que 09% du trafic total.
Rentabilité financière et perspectives de développement
Le transport ferroviaire
Les plans de développement économique décidés par l’Etat consacrent des enveloppes financières très importantes pour émanciper un moyen de transport hautement stratégique. Le matériel roulant, datant pour la plupart des années 1980, ne répond plus aux performances attendues, et les années de terrorisme ont porté un préjudice considérable tant sur le plan matériel que sur le plan humain, a la bonne santé de la SNTF, mais tout ceci n’a pas empêché la SNTF de faire circuler ses trains toujours et dans toutes les conditions. En effet, l’analyse de coûts et de tarification dans le sous-secteur ferroviaire est sans doute un peu plus complexe dans les autres sous-secteurs des transports, en raison de sa diversité, de sa vaste portée et que l’activité de transport est concentrée toute entière dans les mains de la SNTF. Ainsi, et qu’elle doit affronter la concurrence rude des transports routiers, éventuellement des autres soussecteurs du transport, transport maritime et aérien « Ministère des transports, 2011 ». Pour les mêmes raisons, la connaissance des coûts et tarifs prend dans ce secteur une importance plus grande. Une connaissance imprécise des coûts des services rendus 3 peut conduire à un mauvais positionnement de la SNTF en face de ses concurrents.
En plus, la SNTF affiche des déficits d’exploitation récurrents qui l’entraînent dans des cycles de crise financière. Elle a connu chaque année des déficits d’exploitation (avant charges financières, et avant subventions de l’Etat) qui se situent entre 30% et 200% du chiffre d’affaires selon les années (avec une moyenne de 80%). En effet, le mode de gestion de l’entreprise est un frein à l’amélioration de ses performances financières. Malgré de louables efforts de redressement dans les années passées, l’entreprise reste gérée de manière fortement bureaucratique et imprégnée d’une culture orientée vers le service public plutôt que vers la satisfaction des besoins de la clientèle, vers la recherche de la perfection technique plutôt que vers la performance financière «Ait bara, H. & Khelladi, M., 2014». Ainsi, le système de contributions et subventions d’exploitation de l’Etat ne fonctionne pas correctement et ne permet pas d’assurer l’équilibre financier de la SNTF. La situation s’est certes améliorée depuis 2000, mais elles restent toujours largement insuffisantes pour permettre à l’entreprise de payer ses charges financières et rembourser ses emprunts. Ainsi, une relation négative entre les dépenses sur l’infrastructure ferroviaire et la croissance économique « Laridji, M & al, 2019).
Le secteur ferroviaire, la gestion de ses infrastructures devrait être dissociée des services d’exploitation, assurés, en outre par la SNTF et par des opérateurs privés financièrement solvables et techniquement performants. L’Etat doit veiller à ce que les services de transport de voyageurs de longue distance seront efficacement interconnectés avec le transport ferroviaire périurbain. L’ensemble du réseau conventionnel permettra des performances en matière de vitesse et de qualité avec des trains de voyageurs qui pourront rouler jusqu'à 220 km/h en toute sécurité.
Conclusion
Le transport ferroviaire a connu un recul considérable par rapport au transport routier, ce recul de la SNTF est dû, dans une certaine mesure, et toutes proportions gardées, aux éléments culturels, puisque de tout temps, les opérateurs préfèrent le transport par route. Une situation, par ailleurs, difficile à comprendre du moment qu’il est établi que le transport par rail coûte nettement moins cher, autre facteur ayant joué contre l’épanouissement du transport ferroviaire la situation securétaire du pays durant la période 1990-2000 qui a occasionné des pertes très lourdes pour la compagnie qui a enregistré la destruction de 30 locomotives et pas moins de 50 % de ses voitures. Ainsi, les retards que l’Algérie a connus en matière de transport ferroviaire depuis 1962 se sont négativement répercutés sur l’ensemble de l’économie nationale, notamment par les surcoûts engendrés par l’utilisation d’autres moyens roulants fort encombrants.
Hani AIT BARA* Maître de conférences (B) Laboratoire d’Economie & Développement Faculté SECSG, Université de Bejaia, Algérie Samir MAICHE Doctorant Laboratoire Société; Santé; Urbanité Faculté SHS, Université de Bejaia, Algérie
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