
Introduction
Les Industries Agroalimentaires (IAA) en Algérie ont connu leur essor dans les années 70 avec les programmes publics de développement visant à la création de sociétés nationales, notamment dans les filières céréales, lait, eaux et boissons. Ces filières restent les plus importantes mais sont suivies maintenant par celles du sucre, des corps gras, des conserves, des viandes, etc.
Les IAA connaissent un développement remarquable depuis 15 ans et les perspectives de croissance sont encore plus importantes pour le futur, compte tenu de l’importance de la demande algérienne et des possibilités d’exportations dans certains secteurs. Un programme de développement des IAA est en cours, afin d’en accroître le nombre et de les mettre à niveau.
Les moteurs du développement sont l’investissement, la modernisation des équipements, l’acquisition de savoir-faire, les partenariats, l’innovation, la gestion de la sécurité sanitaire, la normalisation, la certification …
L’Algérie veut profiter des revenus pétroliers pour favoriser le développement de la production dans les secteurs fortement déficitaires (céréales, lait, viandes,…) et favoriser la transformation.
L’objectif du gouvernement algérien est de réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger, en veillant à ce que le marché intérieur soit suffisamment approvisionné et à des prix acceptables.
Aux yeux du gouvernement, les IAA ont une grande importance parce qu’elles visent à assurer la sécurité alimentaire du pays, mais aussi parce que l’agriculture et les IAA emploient près de 23% de la population active et contribuent pour 12% au PIB de l’Algérie (dont 2% pour les IAA).
Les IAA représentent au moins 17 000 entreprises et génèrent plus de 140 000 emplois mais le secteur exporte très peu, malgré le potentiel pour certains produits. Pour y arriver, l’industrie doit continuer à se développer, à se moderniser et à améliorer ses standards.
L'industrie agroalimentaire en Algérie
Introduction :
L'industrie agro-alimentaire est la structure industrielle se situant à l'aval de l'agriculture, dont la fonction est de transformer des produits essentiellement d'origine agricole à des fins alimentaires.
Le secteur agroalimentaire est caractérisé par la diversité des filières et des produits. Une diversité qui n'a pas d'égale. La diversité des filières dans le secteur est telle qu'on ne parle plus de "l'industrie" au singulier, mais des industries agroalimentaires (IAA).
En Algérie, l'industrie agroalimentaire n'a pas réussi à s’adapter aux évolutions du monde économique découlant de la mondialisation. A part quelques cas isolés dans certaines branches d’activité, sa capacité globale s’en est nettement amoindrie au profit des importations devenues pesantes.
En effet, l’ouverture massive au marché mondial a favorisé, les importations de produits de toutes sortes (matières premières, produits semi-fini, équipements et technologie) au détriment des produits locaux.
2.Aperçu sur le secteur de l'industrie agroalimentaire algérienne (1962-2008):
La politique alimentaire menée par l'Etat, depuis l'indépendance du pays jusqu'à nos jours , visait essentiellement à satisfaire les besoins alimentaires de l'ensemble de la population. La priorité a été ainsi accordée aux produits considérés comme étant des "produits de base", car faisant l'objet d'une large consommation.
2.1 Evolution de la consommation alimentaire des ménages en Algérie :
En Algérie, les dépenses alimentaires absorbent environ 45%11 des budgets des ménages (15% en France) c'est dire leur importance et la sensibilité de la population aux prix de ces produits.
La consommation des ménages a connu une évolution irrégulière et peut être distinguée en trois phases12 :
• Très faible dans les années 1960 avec 315 $/habitant en 1962 en dollars constants 2000; • En 1985, niveau record avec 1114 $/habitant, date à partir de laquelle, la consommation par tête d’habitant n'a cessé de baisser jusqu'à atteindre en 1995 son niveau le plus faible, soit 726$/habitant. • Depuis 1998, elle a repris son ascension jusqu'à atteindre 968 $/habitant en 2007, sans pour autant rejoindre son niveau de 1985 où elle était supérieure à celle du Maroc, de la Tunisie, de l'Egypte et d'un très grand nombre de pays en développement.
Celle d'un pays développé comme la France était de l'ordre de 9727$/habitant, soit 8,75 fois celle de l'Algérie. En 2007, le Français consommait presque 15 fois plus que l'Algérien. Mais les pays en développement ont aussi largement dépassé le niveau de l'Algérie comme le Maroc avec 998$, la Tunisie 1632 $, l'Egypte 1329$. La consommation par habitant en Algérie reste en valeurs bien en dessous de celle enregistrée par les pays du pourtour méditerranéen.
Tableau n°02: Consommation des principaux aliments en Kg/habitant/an en 2005.
| Algérie | Maroc | Tunisie | Egypte | |||
| Viande | 29.67 | 38.45 | 45.20 | 42.57 | ||
| Légumes | 113 | 146.40 | 176.40 | 189.20 | ||
| Fruits | 63.40 | 74.20 | 82.40 | 93.20 | ||
| Lait | 112 | 47.20 | 100 | 56 | ||
Source: Les premières assises nationales des industries agroalimentaires: Stratégie nationale de développement des industries agroalimentaires, document de référence, Ministère de l'industrie et de la Promotion des Investissements, les 21 et 22 mars 2010.
2.2.Situation du secteur des industries agroalimentaires en Algérie :
La politique de régulation et de développement des filières agroalimentaires menées jusqu'à la fin des années 1980, avaient pour principal objectif une amélioration de la consommation et la satisfaction des besoins de la population en s'appuyant sur deux instruments principaux: le subventionnement des prix à la consommation qui ont été maintenus relativement bas grâce à l'octroi de ces aides, et les importations de quantités massives de matières premières destinées à la transformation par des unités industrielles de grande taille.
Cette stratégie soutenue par la manne pétrolière a paralysée le développement du secteur agricole local et a mis en place un système d'importation illimitée et a favoriser parallèlement la création d'une culture de consommation sans limite.
En effet, pendant les années 1970-80 l'Etat a entrepris de développer les industries agroalimentaires de transformation sans se soucier véritablement de leur cohérence avec les disponibilités d'intrants agricoles. Les unités industrielles ont été principalement installées dans les ports et les grandes agglomérations et pas dans les zones de production. Ces unités ont donc finalement travaillé essentiellement à partir des intrants importés par les monopoles d'Etat, et la production agricole elle-même a peu bénéficié de ces investissements massifs.
C'est ce qui explique la structure actuelle du secteur public des industries agroalimentaires, qui n'a pu suivre l'évolution des marchés et a perdu la majeur partie de ceux-ci accaparés par un secteur privé dynamique dès que les monopoles ont été abolis.
2.2.1.Caractéristiques générales du secteur des industries agroalimentaires algérienne :
Le secteur des industries agroalimentaires occupe une place stratégique au sein de l’économie et ce compte tenu de son objectif principal qui vise la satisfaction des besoins alimentaires de la population
De par le monde, plus de 75% des productions agricoles sont transformées par les industries agroalimentaires avant leur mise sur les marchés. Seuil que notre industrie agroalimentaire est encore loin d’atteindre14. A cette situation vient s'ajouté notre dépendance des marchés extérieurs. Une dépendance qui se situe à hauteur de 100% pour ce qui est du sucre, 95% pour l’huile, 57% pour le lait, 70% pour les céréales, 90% pour les viandes blanches et 85% des légumes secs pour ne citer que ceux-là15. «Une situation qui a empiré, selon les experts, depuis l’ouverture massive du marché».
Avec une production agricole relativement faible (12% du PNB) et des importations très importantes (11 milliards de dollars US) , notamment de céréales, de lait et de produits laitiers, de sucre, de café et de légumes secs, l'industrie de transformation agroalimentaire souffre d'un déficit important et offre, cependant des opportunités d'investissement appréciables.
C'est ainsi que les IAA algériennes publiques ou privées, ont en commun une forte dépendance des matières premières importées (ainsi que des produits semi-fini, des équipements et de la technologie), le faible degré de diversification et d'élaboration de leur produits, et la part encore insignifiante de leurs exportations dans le chiffre d'affaires. Néanmoins, ces dysfonctionnements du secteur des IAA algériennes offrent en revanche des opportunités et des créneaux d'investissements appréciables, sachant que le marché algérien dénombre plus de 40 millions consommateurs.
En réalité, ce secteur figure parmi les secteurs les plus dynamiques dans l'économie algérienne, vue l'importance grandissante de ces industries tant au point de vue de la création des richesses que de leur participation active à l'alimentation des populations.
2.2.2.Importations et exportations de biens alimentaires :
A la fin des années 60, la production agricole pouvait assurer plus de 90% des besoins alors que dès le début des années 80 elle ne suffit plus qu'à hauteur de 30%. La balance commerciale agricole connaissait un revirement spectaculaire dès 1974 : le déficit s'installe durablement, remettant en cause les objectifs de l'autosuffisance alimentaire. Le coût des importations alimentaires et des facteurs de production agricole a augmenté de près d’un tiers (32%) dans la décennie 1996 / 2006; ce taux est cependant inférieur à ceux enregistrés par le Maroc (46%), la Tunisie (44%), la France (37%) et dans le monde (66%)17.
Les exportations totales de produits élaborés, très loin par rapport aux potentialités existantes, ont progressé de 121% entre 2005 et 2007 et les importations de 149% pour une valeur 25 fois plus élevée avec une composante principale de conserves de légumes et fruits. L’Algérie est classée au premier rang Africain pour les importations agroalimentaires mondiales .Ces dernières représentent 75% du besoin social de consommation. La production domestique ne contribue donc qu’à hauteur de 25% de ce besoin incompressible de consommation .
A. Importations de biens alimentaires :
L’insuffisance de la production agricole algérienne, couplée à une demande massive et croissante de produits agroalimentaires, fait de l’Algérie un pays structurellement importateur. Les principaux produits importés concernent :les céréales ,lait et produits laitiers ,le sucre .
En valeur monétaire, les importations alimentaires ont fluctuées sur très longue période comme le montre le tableau suivant. Un pic de 7,8 milliards de dollars US a été enregistré en 2008, dû à la flambée des prix de produits alimentaires à l'échelle mondiale. Enregistrant ainsi une progression de 57,7% par rapport à l'année 2007, et de 208,44% par rapport à l'année 1998 , cette dernière a enregistré des importations alimentaires de l'ordre de 2,533 milliards de dollars US.
Tableau n° 03: Evolution des importations alimentaires et des biens d'équipement agricole. Valeur en millions USD
| Groupes d'utilisation | 1975 | 1980 | 1985 | 1990 | 1995 | 2000 | 2005 | 2007 | 2008 | ||
| Alimentation | 1.123 | 1.991 | 2.185 | 2.140 | 2.753 | 2.415 | 3.587 | 4.954 | 7.813 | ||
| Biens d'équipements. agronomiques. | 82 | 103 | 76 | 78 | 41 | 85 | 160 | 146 | 174 | ||
| Sous-Total | 1.205 | 2.094 | 2.261 | 2.218 | 2.794 | 2.500 | 3.747 | 5.100 | 7.987 | ||
| Total général des importations | 5.993 | 10.552 | 9.840 | 9.684 | 10.761 | 9.173 | 20.357 | 27.631 | 39.479 | ||
| Taux (I /II) % | 20,10 | 19,84 | 22,97 | 22,90 | 25,96 | 27,25 | 18,40 | 18,45 | 20,23 | ||
Source: Réalisé à partir des données du CNIS-DGD, Ministère des Finances.
B.Les exportations alimentaires :
Après des hauts et des bas durant la période 1975 à 2000, la tendance haussière de l'évolution des exportations de biens alimentaires a commencé à se stabiliser à partir de l'année 2000, pour passer de 32 millions de dollars en cette année à 119 millions de dollars en 2008, soit une progression de 271,87% pour la période. L'essentiel des produits exportés sont: les dattes, les fruits frais et secs, les boissons et les conserves de légumes et fruits.
Tableau n°04 : Evolution des exportations alimentaires (1975-2008) Valeur en millions USD
| Groupes d'utilisation | 1975 | 1980 | 1985 | 1990 | 1995 | 2000 | 2005 | 2007 | 2008 | ||
| Alimentation (I) | 174 | 120 | 57 | 50 | 110 | 32 | 67 | 88 | 119 | ||
| Total général des export.(II) | 4.292 | 15.613 | 10.145 | 11.304 | 10.240 | 22.031 | 46.001 | 60.163 | 79.298 | ||
| Taux (I /II) % | 4,05 | 0,76 | 0,56 | 0,44 | 1,07 | 0,14 | 0,14 | 0,14 | 0,15 | ||
Source: Réalisé à partir des données du CNIS-DGD, Ministère des Finances.
2.2.3.Les points forts et les points faibles du secteur agroalimentaire algérien :
Les points forts et faibles du secteur agroalimentaire algérien peuvent être résumés comme suit:
A.Les points forts :
Le secteur agro-industriel constitue un secteur dominant de l’industrie nationale :
• Le secteur est en pleine expansion (volumes de production en constante augmentation); • Il participe depuis plusieurs années, à hauteur de 50-55% au PIB industriel et à 40-45% de la valeur ajoutée ; En son sein, quatre filières (meunerie, lait, eaux et boissons non alcoolisées) génèrent plus de 50% de l’activité; • Il occupe autour de 60% des consommations intermédiaires et génère annuellement un chiffre d’affaires supérieur à 300 milliards de DA et une valeur ajoutée de 152 milliards de DA; • Il fournit plus de 120.000 emplois, soit 40% de la population active industrielle, exerçant dans plus de 17.100 entreprises.
B.Les points faibles :
• déconnecté de l'amont agricole; • externalisé, soit largement basé sur l'importation de matières premières20; • orienté vers le marché local et déconnecté du marché extérieur; • faible compétitivité; • pénalisé par une absence de stratégie globale et de cohérence; • pénalisé également par une absence de régulation du marché; • absence ou faiblesse des organisations professionnelles ou interprofessionnelles21; • nombreux cas de concurrence déloyale qui risquent d'asphyxier les entreprises sérieuses.
Toutefois l'importance d'un marché national de plus de 40 millions de consommateurs et la modernisation en cours de l'agriculture sont des atouts non négligeables qui pourraient être valorisée.
3.La nouvelle stratégie nationale pour le développement des agro-industries en Algérie :
Une nouvelle stratégie a été proposée lors des Assises Nationales des Industries Agroalimentaires et élaborée de concert avec plusieurs acteurs, et dont l’objectif est d’appuyer les entreprises du secteur, les aider à se développer, à se mettre à niveau et à se conformer aux standards internationaux et normes en vigueur dans le monde.
3.1.Présentation de la nouvelle stratégie :
Les principaux fondements derrière cette stratégie national visant à développer les IAA sont essentiellement:
1-contrôler et voir à la baisse la facture des importations; 2-diversifier l'économie national notamment après la dernière crise des prix des hydrocarbures, 3-fortifier la souveraineté nationale à travers l'assurance de la sécurité alimentaire de notre pays
Cette nouvelle stratégie vise la promotion de la croissance endogène et prévoit un mécanisme de financement et la création d'un observatoire des agro-industries, ainsi que le renforcement des capacités de ces industries.
La nouvelle stratégie de développement des industries agroalimentaires obéit en priorité à l’impératif d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Elle sera déclinée dans le cadre d’un Plan National de Développement des industries agroalimentaires, le PND-IAA, qui intègre un diagnostic de toutes les filières et l’analyse des perspectives de leur croissance, ainsi qu’un plan d’actions prioritaires. Ladite stratégie s’articule autour de cinq axes, et son plan d’action poursuit six objectifs stratégiques.
3.2.Les cinq grands axes de la stratégie :
Les grands axes de cette stratégie peuvent être résumés comme suit24:
3.2.1.La substitution aux importations, sur la base de l’existence d’une demande nationale potentielle en produits agro-industriels, majoritairement satisfaite aujourd’hui par les importations. Ceci en même temps que l’existence de potentialités agricoles latentes appelées à être exploitées par l’intensification de la production agricole tout en renforçant les liens agriculture-industrie.
3.2.2.La mise à niveau des entreprises du secteur en vue de les orienter vers le ciblage des marchés extérieurs tout en les accompagnant par le développement de la recherche agricole et technologique, la mise en réseau des entreprises, la promotion des IDE (investissements directs étrangers) et du partenariat en vue d’améliorer leur compétitivité.
3.2.3.La promotion des exportations des produits agroalimentaires comme besoin vital de diversifier l’économie nationale en exploitant les potentiels d’exportation des produits à avantages comparatifs avérés. Il est préconisé, à cet égard, un dispositif de soutien et d’accompagnement spécifique aux IAA renforçant, le cas échéant, le dispositif en place ou l’ajustant régulièrement.
3.2.4.L’ancrage territorial des entreprises sur des territoires attractifs en vue d’optimiser la chaine de valeur et la mutualisation des efforts et des moyens, notamment technologiques via la création de technopoles agroalimentaires.
3.2.5.La mise en place d’un cadre institutionnel de coordination et d’harmonisation des politiques publiques pour parer aux dysfonctionnements profonds des filières jusque-là enregistrés et donnant lieu à une dispersion des efforts sectoriels.
3.3.Les objectifs de la stratégie :
Quand à ses objectifs stratégiques, il s'agit de :
3.3.1.Accroitre la contribution des industries agroalimentaires au PIB industriel en passant de 50% actuellement à 60% en 2014;
3.3.2.Densifier le tissu agroindustriel pour atteindre le seuil de 500 entreprises disposant d’une moyenne de 200 travailleurs, soit la création globalement de 100 000 emplois ;
3.3.3.Intégration de la production nationale et substitution aux importations;
3.3.4.Mise à niveau de 500 entreprises dont 200 certifiées ISO 22000 éligibles aux exportations;
3.3.5.Renforcer les capacités d’exportation des IAA : passer de 120 millions de dollars à 1,2 milliard de dollars d’exportation;
3.3.6.Renforcer les compétences managériales et qualifier les ressources humaines.
Conclusion :
Les industries agroalimentaires jouent présentement un rôle appréciable et primordial dans le système alimentaire du pays, cependant :
• Elles ne sont pas à proprement parler "vivantes", car fortement dépendante de l'extérieur; • Elles ne participent que marginalement à l'amélioration de la sécurité alimentaire du pays; • Elles ne contribuent pas au développement du secteur agricole; • Elles ne s'inscrivent pas dans une stratégie de développement.
En effet, actuellement, les industries agroalimentaires (IAA) algériennes publiques ou privées, ont en commun une forte dépendance des matières premières importées (ainsi que des produits semi-finis, des équipements et de la technologie). On enregistre même une tendance à
l'importation du régime alimentaire lui-même qui est due, en partie, à l’expansion du commerce international des produits alimentaires, à la diffusion mondiale des chaînes de restauration rapide, et à l’exposition aux habitudes alimentaires américaines et européennes.
C'est ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires sur les marchés internationaux en 2007/2008 a affecté le pouvoir d'achat des ménages qui consacrent plus de 45% de leur budget au financement des dépenses alimentaire, et ce malgré les enveloppes dégagées par l'Etat pour la subvention des produits de première nécessité. Néanmoins, cette crise peut être considérée comme bénéfique pour l'Algérie dans la mesure où elle a mis en avant la nécessité d'une nouvelle approche économique axée sur la notion de bonne gestion et pas seulement sur la dépense monétaire.
Ainsi, l'industrie agro-alimentaire représente un secteur stratégique et à fort potentiel d'investissement, aujourd'hui il est placé au centre des priorités des autorités publiques dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de la diversification de l'économie algérienne, notamment en raison de sa participation à la satisfaction des besoins alimentaires de la population ainsi qu'au renforcement de la sécurité alimentaire.
L'Algérie devra donc assurer la mutation de ses industries agroalimentaires qui sont appelées désormais à moderniser leur appareil de production et à augmenter la productivité du travail et du capital. La concurrence internationale et le contexte international (défavorable à notre pays sur le plan alimentaire) sont autant de stimulants et catalyseurs de cette évolution des IAA.
Cependant, il faut souligner que tout développement du secteur agroalimentaire devrait tout d'abord s'appuyer sur un développement parallèle du secteur de l'agriculture. Toute politique d'appui et de soutien devra donc combiner entre ces deux grands secteurs.
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