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Situation de l’élevage Bovin en Algérie


  Evolution du cheptel national


L’élevage en Algérie concerne principalement les ovins, les caprins, les bovins et les camelins. Les effectifs recensés durant les vingt dernières années sont représentés dans le tableau 1.


Tableau 1. Evolution du cheptel (milliers de têtes).



Les ovins prédominent et représentent 78% de l’effectif global avec plus de 17 millions de tête dont 10 million de brebis. L’élevage caprin vient en seconde position 15% comprenant 58% de chèvres. L’effectif des bovins reste faible avec 1 ,6 à l, 7 millions de têtes (6% de l’effectif global) dont 58% sont des vaches laitières (Figure 1). L’élevage bovin reste cantonné dans le Nord du pays avec quelques incursions dans les autres régions. Les parcours steppiques sont le domaine de prédilection de l’élevage ovin et caprin avec plus de 90% des effectifs qui y vivent entraînant une surexploitation de ces pâturages (Nedjraoui, 2012).


Figure 01 : Répartition du cheptel national par espèces (N edjraoui, 2012)




  Evolution du cheptel bovin en Algérie


L’effectif du bovin laitier moderne (BLM) est passé de 254 mille têtes en 2000 à 223 mille têtes en‘2007; les effectifs du bovin laitier local (BLL) et du bovin laitier amélioré (BLA) sont passés de 743 mille têtes à 656 mille têtes de 2000 à 2007 (Tableau 2).


Tableau 2. Evolution des effectifs bovins durant la période 2000-2007.



La structure des élevages en Algérie varie selon les zones agro écologiques, l’agriculture est dominée par l’élevage bovin (72%) dans la zone tell littoral, par l’association ovin- bovin dans les zones céréalières et sublittoral, les ovins en zones steppiques (75%) Le cheptel bovin est concentré spécialement dans la région de l’Est qui prédomine avec environ 59 % de l’effectif bovin national suivie de Centre et de l’Ouest avec respectivement 22 % et 14 %, et en fin vient le Sud avec seulement 5% (Figure 2). (Adem et Ferrah 2002).


Figure 02 : Répartition régionale du cheptel bovin en Algérie (MADR, 2010).




  Races bovines exploitées


Le cheptel est constitué de trois groupes de races :

Races locales

Le cheptel des races locales représente 48% du cheptel national mais n'assure que 20% de la Production (Bencharif, 2001). Comparée aux races sélectionnées étrangères, la population bovine locale produit peu de lait (3 à 4 litres par jour) pendant 6 mois soit en moyenne 595 kg par lactation (Yahiaoui, 2008). Selon Feliachi et al (2003), le bovin local appartiendrait à un seul et même, groupe dénommé Brune de l’Atlas.

Le bovin local est souvent cité comme exemple pour sa rusticité qui s’explique par :
    - Sa résistance aux conditions climatiques difficiles (chaleur, froid, sécheresse, . . . etc.)
    - Son aptitude à valoriser des aliments médiocres. Le bovin local a la capacité de consommer en abondance et de transformer les fourrages grossiers de faible qualité nutritionnelle.
    - Son aptitude à la marche en terrains difficiles, sa résistance aux parasites et aux maladies, surtout la résistance aux insectes piqueurs, vecteurs de maladies.

Les populations qui composent la Brune de l’Atlas se différencient nettement du point de vue phénotypique. On distingue principalement :

•   La Guelmoise à pelage gris foncé, vivant en zones forestières
•   La Cheurfa à pelage gris claire presque blanchâtre, vit en bordure des forêts et se rencontre dans les régions de Jijel et de Guelma.
•   La Sétifienne à robe noirâtre uniforme, elle présente une bonne conformation. Sa taille et son poids varient selon la région où elle vit. La queue est de couleur noire, longue et traîne parfois sur le sol (Feliachi et al, 2003).
•   La Chélifienne se caractérise par une robe fauve, une tète courte, des cornes en crochets, des orbites saillantes entourées de lunettes ‘marron foncé’ et une longue queue noire qui touche le sol.

Il existe d’autres populations mais avec des effectifs plus réduits telles que :
•   La Kabyle et la Chaouia qui s'apparentent respectivement aux populations Guelmoise et Guelmoise-Cheurfa, et les populations de l'Ouest localisées dans les montagnes de Tlemcen et de Saida, les quelles ont subi des croisements avec une race ibérique (Gredaal, 2002).


Races hautes productrices

Appelées, Bovins Laitiers Modernes (BLM), ces animaux sont constitués de races importées principalement de pays d'Europe, dont l'introduction avait débuté avec la colonisation du pays (Eddebbarh, 1989).

Ces animaux représentent 9 à 10% de l'effectif national, et assurent environ 40% de la production totale de lait de vache (Bencharif, 2001). Le potentiel génétique de ces animaux n'est pas toujours pleinement valorisé, en raison des conditions d'élevage et d'encadrement (Eddebbarh, 1989 ; Ferah, 2000 ; Bencharif 2001). La plupart des races bovines importées et introduite en Algérie sont destinées en premier lieu à la production laitière et secondairement pour la production de viande. Parmi ces races on peut citer :

Normande
Elle est originaire de la Normandie et reste localisée surtout dans le grand ouest de la France. C’est une race de grande taille avec l.40m de hauteur au garrot. Une vache qui pèse de 700 à 800kg, un taureau de 1000 à 1200 kg. Sa robe est dite tricolore ; elle comprend des poils blonds, bringés et blancs. La tête blanche avec des lunettes autour des yeux et un mufle tacheté (Babo, 2000). Elle est de type laitier avec néanmoins de bonne aptitude pour la production de viande. Son lait présente de bonnes aptitudes à la transformation fromagère : taux protéique élevé, bon rendement fromager, bonnes qualités sensorielles (Cauty et al, 2003)

Montbéliarde
Cette race est issue de la population de pie rouge continentale (Fournier, 2006). C’est une race de grande taille avec l.40m de hauteur au garrot. Une vache pèse de 650 à 750 kg, un taureau de 1000 à 1200 kg. La robe est pie rouge soutenu aux taches bien délimitées ; par contre la tête, le ventre et les membres restent blancs.La montbéliarde est une grande laitière avant tout mais conserve des qualités d’élevage et des qualités bouchères. La production laitière moyenne d’une vache est de plus de 6700 kg, son lait est de grande qualité fromagère, on y relève une teneur remarquable en protéines (Babo, 2000).

Prim’holshtein ou la Holstein
Cette race à dimension mondiale est originaire des Pays-Bas et de l’Allemagne. Sa robe est pie noire et rarement pie rouge. C’est un animal de grand format avec un type laitier très marqué : poitrine profonde, bassin horizontal à légèrement incliné ; muscles longilignes et peu épais, mamelle bien accrochée haute, avec des trayons bien implantés. Elle est à l’origine de plus de 80% de lait produit en France (Cauty et al, 2003). Elle pèse environ 700 kg, elle a de 1.35 m au garrot. La production est de 8600 litres de lait par lactation (Fournier, 2006). D’après Cauty et Perreau (2003), le taux butyreux du lait de la pie noir et de 4% et le taux protéique est de 3.l%.

Brune des Alpes
La race brune est originaire des Alpes suisses. C’est une race de grande taille au squelette puissant avec une hauteur au garrot de l’ordre de 1.40 m. Le poids d’une vache adulte varie entre 600 et 750 kg alors que celui d’un taureau est compris entre 900 et 1200 kg (Babo,2000).

Sa robe est uniforme de couleur gris souris argenté. C’est une race à une spécialisation laitière marquée, avec un fort TP et un bon TB. Bien que ses pics de lactation soient moins élevés que ses concurrentes, elle présente de très bonne persistances. Par conséquent les courbes de lactation sont très plates et le niveau de production reste plus stable (Cauty et al,2003)

Tarentaise ou Tarine
C’est une race de taille moyenne, pas plus de 1.30 m au garrot. Une vache pèse en moyenne 550 kg, un taureau 800 kg. La robe est unie de couleur fauve, celle du taureau est plus foncée. Cette race particulière donne du bon lait et de la bonne viande. Une vache fournit plus de 4600 kg de lait avec un taux butyreux de 3.6%, (Babo, 2000).

Elle se caractérise par une longévité, fécondité, facilité de vêlage, endurance et résistance aux conditions de vie les plus rude et la sécheresse (Chevallier, 1996).

Simmental
Le nom de Simmental veut dire vallée de Simmen, une vache fournit près de 5900 kg d’un lait à fort taux butyreux près de 3.9 % (Babo, 2000).La robe de la Simmental varie du brun clair (jaunâtre) au rouge foncé, avec la tête et le toupillon blancs. Des marques blanches se remarquent plus fréquemment au niveau du ventre et aux membres, mais aussi au niveau des épaule.La race Simmental est caractérisée par sa grande taille. Ainsi, le poids des taureaux adultes oscille entre 1140 et 1400 kg, alors que le poids des femelles adultes varie entre 620 et 900 kg. La maturité sexuelle des femelles est assez hâtive. Elles sont fertiles, démontrent de bonnes aptitudes maternelles et une très forte production laitière (Cauty et al, 2003).



  Races améliorées ou mixtes


Ce cheptel que l'on désigne sous le vocable de Bovin Local Amélioré (BLA), recouvre les divers peuplements bovins, issus de multiples croisements, entre la race locale Brune de l'Atlas et ses variantes d'une part, et diverses races importées d'Europe (Pie Rouge, Tarentaise, Brune des Alpes et Frisonne Pie Noire), d'autre part. (Yakhlef, 1989). Ces animaux constituent 42% à 43% de l'ensemble du troupeau national, et assure 40% environs de la production (Bencharif, 2001).

Ces produits existent dans l’ensemble des régions d’élevage bovin et sont élevés au sein de troupeaux regroupant des animaux métissés ou en mélange avec des animaux de races pures : ce type de matériel animal ainsi que son extension est encore peu connu ; il est fréquent d’observer dans une même localité un gradient de format et de types génétiques, exprimant une forte hétérogénéité du matériel génétique, difficilement identifiable sur le plan origine raciale (Feliachi et al, 2003).



  Systèmes de production bovine


L'élevage en Algérie ne constitue pas un ensemble homogène (Yakhlef, 1989), donc selon les types d’élevages on peut distinguer trois grands systèmes de production bovine :



  Système « extensif »


Le bovin conduit par ce système, est localisé dans les régions montagneuses et son alimentation est basée sur le pâturage (Adem, 2002). Ce système de production bovine en extensif occupe une place importante dans l'économie familiale et nationale (Yakhlef, 1989).

Cet élevage est caractérisé par un très faible niveau d’investissement et d’utilisation d’intrants alimentaires et vétérinaires. Il est basé sur un système traditionnel de transhumance entre les parcours d'altitude et les zones de plaines. Il concerne les races locales et les races croisées et correspond à la majorité du cheptel national (Feliachi et al, 2003). Le système extensif est orienté vers la production de viande (78% de la production nationale), il assure également 40% de la production laitière nationale (Nedjraoui, 2001).



  Système « semi intensif »


Il est marqué par un niveau d’investissement souvent assez faible en bâtiments et équipements d’élevage et par un recours plus important à des intrants alimentaires et vétérinaires que dans le cas des systèmes extensifs. Les animaux moins dépendants des ressources naturelles et de l’espace que ceux qui sont élevés dans un système extensif ne s’éloignent pas du lieu de production. Ce système est localisé dans l'Est et le Centre du pays, dans les régions de piémonts. Il concerne le bovin croisé (local avec importé) (Adem, 2002). Ce système est à tendance viande mais fournit une production laitière non négligeable destinée à l’autoconsommation et parfois, un surplus est dégagé pour la vente aux riverains. Jugés médiocres en comparaison avec les types génétiques importés, ces animaux valorisent seuls ou conjointement avec l'ovin et le caprin, les sous-produits des cultures et les espaces non exploités. Ces élevages sont familiaux, avec des troupeaux de petite taille (Feliachi et al, 2003).

La majeure partie de leur alimentation est issue des pâturages sur jachère, des parcours et des résidus de récoltes et comme compléments, du foin, de la paille et du concentré (Adem, 2002). Le recours aux soins et aux produits vétérinaires est assez rare. (Feliachi et al, 2003).



  Système «intensif »


Il est caractérisé par un haut niveau d’investissement en infrastructures d’élevage, une utilisation importante d’intrants alimentaires et vétérinaires. Les animaux ne dépendent que peu de ressources naturelles. L’élevage est conduit comme une véritable entreprise. La conduite de ce système montre clairement la tendance mixte des élevages. En effet, les jeunes sont dans la majorité des cas gardés jusqu'à 2 ans et au-delà, le sevrage est tardif, l'insémination artificielle n'est pas une pratique courante et les performances de production et de reproduction sont loin des aptitudes du matériel génétique utilisé. Les troupeaux sont généralement d'effectifs moyens à réduits et entretenus par une main d'œuvre familiale. L'alimentation est à base de foin et de paille achetés. Un complément en concentré est régulièrement apporté. Les fourrages verts sont assez rarement disponibles car dans la majorité des élevages bovins, l'exploitation ne dispose pas ou dispose de très peu de terres (Feliachi et al, 2003).

Ce type de système fait appel à une grande consommation d'aliments, une importante utilisation des produits vétérinaires ainsi qu'à des équipements pour le logement des animaux (Adem, 2002).

Le système intensif concerne principalement les races améliorées. Ce type d’élevage orienté vers la production laitière est localisé essentiellement dans les zones littorales. La taille des troupeaux est relativement faible 6 à 8 vaches laitières par exploitation. Le système intensif représente 30% de l’effectif bovin et assure près de 20 % de la production bovine nationale (Nedjraoui, 2001).



  Productions bovines en Algérie



  Production de viande


La filière des viandes rouges en Algérie, reposent globalement sur les élevages bovins et ovins ainsi que, marginalement, sur des élevages camelins et caprins dont les niveaux de production restent modestes (Gredaal, 2002). De ce fait, la production de viandes rouges provient essentiellement des élevages extensifs ovins (56 %) et bovins (34 %) (Élevage caprin, 8 %, et camelin, 2 %) (Nedjraoui, 2001). La production de viande rouge (y compris les abattages non contrôlés) est de 300 460 tonnes en 2003 contre 290 760 tonnes en 2002 (Chambre de commerce et de l’industrie, 2004). L'élevage bovin en Algérie n'arrive pas à satisfaire les besoins de la population en viande, de plus en plus croissants. En 2005, la production de viande bovine a été de, 450 000 tonnes, ce qui est nettement inférieur à la demande. (Agoune, 2004).



  Production laitière


La production laitière est un secteur stratégique de la politique agricole algérienne, parce que le lait et ses dérivées sont des produits ayant une place importante dans le modèle de consommation algérien (Bourbia, 1998). La production laitière moyenne annuelle est environ de 1 milliard de litres dont 60% provient de l’élevage bovin, 26% de lait de brebis et 13% de lait de chèvre. La production laitière cameline n’est pas prise en compte (Nedjraoui 2003).

Il faut aussi noter que l'Algérien consomme en réalité plus qu'il en produit. Environ 65% de sa consommation en lait et dérivés proviennent de l'importation (Cherfaoui, 2003). De ce fait, l'A1gérie demeure encore un des principaux importateurs mondiaux de lait (Alibenamara, 2001) : huit fois plus que le Maroc (Tableau 3). Cette situation place l'A1gérie au troisième rang mondial en matière d'importation de laits et produits laitiers, après l’ltalie et le Mexique (Amellal, 1995).


TabIeau3: Évolution des niveaux d'importation en lait dans les pays du Maghreb.




  Ressources fourragères en Algérie


Selon Nedjraoui (2012), les terres consacrées à la production fourragère couvrent 33 millions d’hectares répartis entre les prairies naturelles (0,l%), les cultures fourragères (l,6%), la jachère (l0,6%) et les pacages et parcours (87,7%).

D'après Hamadache (2001) et Gredaal (2002), les ressources fourragères en Algérie se composent principalement de chaumes de céréales, de végétation des jachères pâturées, des parcours steppiques, de forêts, de maquis et de peu de fourrages cultivés (Tableau 4).


Tableau 4 : Les ressources fourragères en Algérie.



Selon Nouad (2001), la satisfaction des besoins du cheptel provient essentiellement des pacages et parcours et des dérivées de céréales (86%), les cultures fourragères participent à hauteur de 13% dans le rationnement du cheptel national. Les besoins sont de très loin beaucoup plus importants. (En 2000, les besoins pour le cheptel étaient estimés à 7,6 milliard d'UF; les disponibilités fourragères et l’aliment de bétail ne représentaient que 6,8 milliard d’UF soit un déficit de plus de 0,8 milliard d’UF) (Kherzat, 2006).


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