
La tomate
Historique de la tomate
La tomate du genre Lycopersicum esculentum L est une plante cultivée dans le monde entier pour son fruit. Elle est originaire des régions Andines côtières du Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, dans une zone allant du Sud de la Colombie au Nord du Chili et de la côte Pacifique, aux contreforts des Andes (Equateur, Pérou). C’est en effet seulement dans ces régions, qu’on a retrouvées des plantes spontanées de diverses espèces, de l’ancien genre Lycopersicum, notamment Solanum lycopersicum ceraciforme (la tomate cerise). Cette dernière est actuellement répandue dans toutes les régions tropicales du globe, mais il s’agit d’introduction récente.
CHAUX et FOURY (1994), rappellent que le genre Lycopersicum comprend neuf espèces, dont une seule espèce Lycopersicum esculentum L sous sa forme sauvage ceraciforme pourrait être directement à l’origine de nos variétés, a émigré vers le Sud de l’Amérique du Nord.
C’est au XVIème siècle au Mexique actuel que la tomate à gros fruits a été découverte et domestiquée (Fig.1). Les indigènes l’appelaient « Tomati » ; ce nom provient d’un nom Aztèque « Zitomate », où l’ont trouvé les Conquistadors Espagnols lors de la conquête de Tenochtitlan (Mexico) par Hernan Cortés en 1519 (ANONYME1, 2011). Elle fut introduite en Europe au XVIème siècle par les Espagnols avant même la pomme de terre et le tabac, où elle fut accueillie par les gens avec un engouement très gaulois, car ils pensaient qu’elle avait un pouvoir aphrodisiaque et l’appelèrent « Pomme d’Amour » (ANONYME, 2010).
Au début, les Européens l’exploitèrent pour un usage purement ornemental et évitèrent sa consommation, à cause des liens de parenté botanique très étroits avec certaines espèces végétales connues comme plantes vénéneuses, exemple : Hyocinus niger, Lycopersicum atropa (KOLEV, 1976).
Elle a été longtemps considérée comme une plante toxique, au même titre que sa cousine « la mortelle Belladone ». Ce n’est que vers les années 1920-1930 qu’elle commença à être largement commercialisée.
En Algérie, ce sont les cultivateurs du Sud de l’Espagne (Tomateros), qui l’ont introduite étant donné les conditions qui lui sont propices. Sa consommation a commencée dans la région d’Oran en 1905 puis, elle s’étendit vers le centre, notamment au littoral Algérois (LATIGUI, 1984) (Doré et al., 2006).
Classification de la tomate
Classification botanique (systématique)
La tomate dont l’appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes a été classée par Linné en 1753, comme Solanum lycopersicum. D’autres botanistes lui ont attribué différents noms : Solanum lycopersicum, Solanum esculentum ; c’est finalement Lycopersicum esculentum L attribué par Philip Miller en 1754, qui a été retenue (MUNROE et SMALL, 1997).
CRONQUIST (1981) ; GAUSSEN et al. (1982) rappellent que la tomate appartient à la classification suivante : Règne……………………………………….. Plantae. Sous-règne…………………………………. Trachenobionta. Division…………………………………….. Magnoliophyta. Classe……………………………………….. Magnoliopsida Sous classe………………………………… Asteridae. Ordre……………………………………….. Solonales. Famille………………………………………. Solanaceae. Genre……………………………………….. Solanum Espèce………………………………………. Lycopersicum esculentum L.
Classification génétique
La tomate cultivée, Lycopersicum esculentum L est une espèce diploïde avec 2n=24 chromosomes, chez laquelle il existe de très nombreux mutants monogéniques, dont certains sont très importants pour la sélection. Sa carte chromosomique compte actuellement 235 gènes localisés avec précision (GALLAIS et BANNEROT, 1992). La structure de la fleur de Lycopersicum esculentum L assure une cleistogamie (autogamie stricte), mais elle peut se comporter comme une plante allogame. On peut avoir jusqu’à 47% de fécondation croisée dans la nature (PUBLISHERS, 2004). Ces deux types de fécondation divisent la tomate en deux variétés qui sont :
Variétés fixées
Il existe plus de cinq cents variétés fixées (conservent les qualités parentales). Leurs fruits sont plus ou moins réguliers, sont sensibles aux maladies, mais donnent en général des fruits d’excellente qualité gustative (POLESE, 2007).
Variétés hybrides
Les variétés hybrides sont plus nombreuses. Elles sont relativement récentes, puisqu’elles n’existent que depuis 1960 (POLESE, 2007).
Caractéristiques physiologiques de la tomate
De nombreux travaux ont été faits sur la tomate, ce qui nous permet de connaître assez bien son cycle biologique, ses exigences ainsi que ses conditions de milieu, lui permettant un développement optimum et une bonne productivité (HELLER, 1981).
Le cycle biologique de la tomate
D’après GALLAIS et BANNEROT (1992), le cycle végétatif complet de la graine à la graine de tomate varie selon les variétés, la durée et les conditions de culture ; mais il s’étend généralement en moyenne de 3,5 à 4 mois du semis, jusqu’à la dernière récolte (7 à 8 semaines de la graine à la fleur et 7 à 9 semaines de la fleur au fruit).
Le cycle comprend six phases qui sont les suivantes :
La germination
La germination est le stade de levée qui mène la graine jusqu’à la jeune plante capable de croitre normalement (CORBINEAU et CORE, 2006). La germination chez la tomate est épigée. A ce moment une température ambiante d’environ 20°C et une humidité relative de 70 à 80% sont nécessaires (CHAUX et FOURY, 1994).
La croissance
La croissance c’est l’augmentation de dimension d’un végétal. Selon LAUMONIER(1979), la croissance de plant de tomate se déroule en 2 phases et en 2 milieux différents.
En pépinière : De la levée jusqu’au stade 6 feuilles, on remarque l’apparition des racines non fonctionnelles et des prés feuilles.
En plein champ : Après l’apparition des feuilles à photosynthèse intense et des racines fonctionnelles, les plantes continuent leur croissance. La tige s’épaissit et augmente son nombre de feuille
La floraison
C’est le développement des ébauches florales par transformation du méristème apical de l’état végétatif, à l’état reproducteur.
A un certain moment de la croissance de la plante qui se déroule environ 1 mois, la tomate entre en parallèle avec la mise à fleur. Ces fleurs étaient auparavant des boutons floraux. La floraison dépend de la photopériode, de la température et des besoins en éléments nutritifs de la plante, car celle-ci ne peut fleurir que si elle reçoit la lumière pendant une durée qui lui est propre, en plus d’un apport équilibré sous serre.
La pollinisation
La pollinisation nécessite l’intervention des agents extérieurs, le vent ou certains insectes comme le bourdon qui est capable de faire vibrer les anthères et de libérer le pollen (CHAUX et FOURY, 1994).
La libération et la fixation du pollen reste sous la dépendance des facteurs climatiques.
Si la température nocturne est inferieur à 13°C, la plupart des grains de pollen seraient vides, et une faible humidité dessèche les stigmates et de cela résulte la difficulté du dépôt du pollen (PESSON et LOUVEAUX, 1984).
La fructification et nouaison des fleurs
La nouaison est l’ensemble de gamétogenèse, pollinisation, croissance du tube pollinique, la fécondation des ovules et le développement des fruits « fructification ».
La température de nouaison est de 13°C à 15°C. Les nuits chaudes à 22°C sont défavorables à la nouaison (REY et COSTES, 1965).
Le zéro de germination est de 12°C, l’optimum de la croissance des racines est de 15°C à18°C.
En phase grossissement du fruit, l’optimum de la température ambiante est de 25°C le jour et 15°C la nuit (ANONYME, 2003).
La maturation du fruit
La maturation du fruit se caractérise par grossissement du fruit, changement de couleur, du vert ou rouge.
La lumière intense permet la synthèse active de matière organique qui est transporté rapidement vers les fruits en croissance, pour cela il faut une température de 18°C la nuit et 27°C le jour (REY et COSTES, 1965).
Caractéristique morphologique de la tomate
L’appareil végétatif
Le système racinaire
Le système racinaire (fig. 4 A) est puissant, très ramifié à tendance fasciculée. Il est très actif sur les 30 à 40 premiers centimètres. En sol profond, on peut trouver des racines jusqu’à 1 mètre de profondeur (CHAUX et FOURY, 1994).
La tige
La tige (fig. 4 B) est de forme anguleuse, épaisse aux entre nœud pubescent (couvert de poil), de consistance herbacée en début de croissance, se lignifie en vieillissant.
Cette croissance monomodale au début après 4 ou 5 feuilles devient sympodiale, c’est-à- dire que les bourgeons axillaires donnent naissance à des ramifications successives. Par contre, les bourgeons terminaux produisent des fleurs ou avortent. Ces rameaux issus des bourgeons axillaires produisent des feuilles à chaque nœud et se terminent par une inflorescence (CHAUX et FOURY, 1994).
La tige porte 2 types de poils, simple ou glanduleux. Ces derniers contenants une huile essentielle qui donne son odeur caractéristique de la plante (KOLEV, 1976).
La feuille
Les feuilles (fig. 4 C) sont composées de 5 à 7 folioles principales, longues de 10 à 25cm et d’un certain nombre de petites folioles intercalaires ovales, un peu dentés sur les bords, grisâtre à la face inférieure. Elles sont souvent repliées en forme de cuillères ou même à bords roulés en dessus. Ces feuilles sont alternées sur la tige (RAEMAEKERS, 2001).
L’appareil reproducteur
La fleur
Pédoncule en bouquet lâche en inflorescences formant des grappes plus ou moins bifurquées de 3 à 8 fleurs chez les variétés fixées et au-delà chez les hybrides (POLESE, 2007).
Les fleurs (fig. 4D) s’épanouissent du printemps à l’été (de fin Mai à Septembre) dans l’hémisphère Nord. La fleur est actinomorphe à un système pentamère.
Le calice comporte 5 sépales verts, il est persistant après la fécondation et subsiste au sommet du fruit. La corolle comporte 5 pétales d’un jaune vif soudés à la base, réfléchis en arrière en formant une étoile à 5 pointes.
L’androcée comporte 5 étamines à déhissance latérale, les anthères allongées forment un cône resserré autour du pistil ; celui-ci est constitué de deux carpelles soudées formant un ovaire super biloculaire à 2 loges et à placenta central. Chez certaines variétés l’ovaire est pluriloculaire (DORE et VAROQUAUX, 2006).
REY et COSTES (1965) rappellent que la formule florale de la fleur est la suivante :
5 sépales + 5 pétales + 5 étamines + 2 carpelles
Fig. 4 : Appareil végétatif de la tomate

A : Système racinaire (CHAUX et FOURY, 1994) ; B : Tige de tomate . C : Feuille de tomate . ; D : La fleurs de tomate.
Le fruit (fig. 4E)
Le fruit de la tomate est une baie charnue. L’épiderme est lisse brillant et peut présenter sur des fruits mûrs des colorations très diverses, selon la variété.
Le fruit présente en principe 2 loges.
En section méridienne le fruit peut revêtir des formes très variées, ellipsoïdales, plus ou moins aplaties, globuleuses, ovales, plus ou moins allongées, voir cylindriques ou piriformes.
La taille est extrêmement variable, allant de 1,5 cm de diamètre pour la tomate cerise à plus de 10 cm. La couleur du fruit varie du rouge foncé, rose, bleuâtre, orange, jaune et même blanche (CHAUX et FOURY, 1994).
Selon le même auteur cette diversité de coloration est due à la présence de 2 principaux pigments :
• Pigment carotène : Jaune. • Pigment lycopéne : Rouge.
La graine (fig. 5 C)
Selon CHAUX et FOURY(1994), chaque fruit contient un nombre important de graines qui varie de 80 à 500 graines par fruit. Elles sont recouvertes d’un mucilage qui présente à maturité un albumen et embryon à courbe, à germination épigée.
La graine est petite (250 à 350 graines par gramme) et velue. (DORE et VAROQAUX, 2006).
Fig. 5 : Appareil reproducteur de la tomate

C : Section transversale et longitudinale d’une tomate (ANONYME4, 2009).
Source : GUEDDA Khadidja, DJABER Ouafa 2016 .Evaluation du comportement de trois variétés de tomate ( L Lycopersicum esculentum ) Sous un stress salin.
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