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II - Légumineuses


  Intérêt cultural et importance des légumineuses



Les légumineuses sont représentées par environ 13000 espèces réparties dans le monde.

Malgré ce grand nombre, seules 12000 espèces ont un intérêt économique (AYKROYD et DOUGHTY, 1964). La famille des Papilionacées est la plus représentée (environ 10000 espèces) et exploitée par l’homme.

D’un point de vue alimentaire, il est d’usage de distinguer les légumineuses fourragères cultivées essentiellement pour leur production de matières vertes (Luzerne, trèfle) et celles alimentaires exploitées principalement pour leur graines riches en protéines (fèves, féverole, pois, haricot, lentille et pois chiche).

En Algérie, les légumineuses alimentaires (légumes secs), font partie du paysage agricole depuis des millénaires . Ces cultures sont utilisées dans la rotation avec les céréales car enrichissent le sol en azote. Les légumes secs sont aussi cultivées (tableau 01) parce qu’ils constituent une importante source protéique susceptible de remplacer les protéines animales difficilement accessibles pour une large couche de la population. Ils sont aussi calorifiques et riches en glucides que le blé (tableau n°02).


Tableau n° 01 : Légumineuses alimentaires cultivées en Algérie
leur importance en superficie, production et rendement (moyenne 1993-2002)


 

Cultures

Super Ficie Production Rendement  (qx /Ha)  
  Hectares % Quintaux (%)  
               
  Fève/féverole 40299 48.96 207042 50.27

5,13

 
  Pois chiche 30487 37.04 161799 39,28 5,30  
  Pois- sec 8627 10,48 29793 7,23 3,45  
  Lentilles 1271 1,54 5021 1,22 3,95  
  Haricot sec 1240 1,50 6480 1,57 5,22  
  Gesse 377 0,46 1732 0,42 4.59  
  Total 82301 100 411867 100 5,00  
               

 

Tableau n° 02 : Composition chimique des grains de légumineuses et du grain de blé (Pour100gramme de MS)


  Espèces Fève Lentille Pois chiche Pois Blé  
               
  Calories (gr) 343 346 358 330 370  
  Protéines (gr) 23.4 24.2 20.1 22.20 13,0  
  Matière grasse (gr) 2,0 1.8 4.5 1.4 2,0  
  Glucides (gr) 60.2 60.8 61.5 60.1 68,0  
  Cellulose (gr) 7.8 3.1 2.5 2.7 2.5  
  Calcium (mg) 90,0 56,0 149 70,0 60,0  
  Fer (mg) 3.6 6.1 7.00 4.3 1,0  
  Thiamine (mg) 0.54 0.5 0.4 0.72 0.13  
  Riboflavine (mg) 0.29 0.21 0.18 0.15 0.04  
  Vit c (mg) 4,0 3,0 5,0 4,0  
               

                                                  

La place des légumineuses alimentaires dans le système agraire n’a pas toujours été importante (tableau n °01). Leur superficie totale entre 1993-2002 avoisine 82301 hectares. Les espèces les plus cultivées sont dans l’ordre d’importance : la fève et féverole, le pois chiche et le pois sec (Fig. n°01) .Les rendements moyens enregistrés pour ces trois espèces sont très bas, de l’ordre de 3 à 5 qx /ha entre 1993 et 2002 (tableau n° 01).



  Contraintes de développement de culture des légumineuses



Bien que les légumineuses alimentaires cultivées aient bénéficié de quelques programmes de développement , la production nationale en légumes secs n’a pas connu l’amélioration escomptée , tant sur le plan de la superficie que production de graines .

Au contraire, toutes les espèces notamment la lentille ont connu une régression (M .A,1993-2002) .

Les raisons de cette situation sont d’ordre technique mais aussi socio-économique (ITGC, 1999) évoque par exemple:



  Contraintes techniques


•   Faible productivité du matériel végétal utilisé;
•   Régression des superficies;
•   Manque de semences certifiées;
•   Conduite traditionnelle des cultures;
•   Contrôle insuffisant des adventices;
•   Absence de mécanisation;
•   Acquis de recherche existants mal transférés.



  Contraintes socio-économiques


•   Faible marge bénéficiaire (faible productivité et forte charge);
•   Difficultés dans le financement ;
•   Cultures considérées comme familiales (auto – consommation);
•   Concurrence des produits importés souvent de meilleure qualité et bien emballé;
•   Industrie de transformation de faible capacité (conserve de pois et haricot) ou absente (fève, pois chiche, féverole);
•   Promotion faible lors de la commercialisation (emballage et présentation des produits de qualité médiocre).



  Le pois chiche



  Origine et historique



Selon LADISINSKY (1975) in SEMCHEDDINE (1990), le pois chiche serait probablement originaire du Proche-Orient (sud-est de la Turquie, Syrie).

DUKE (1981) rapporte que ce légume sec a conquis L ‘Europe durant le Moyen- âge après que les croisés l’aient redécouvert au Proche –orient. Mais, sa culture et sa consommation ont en réalité été attestées par des sources écrites et archéologiques, bien avant au moins dés le IX siècle.



  Présentation de la culture


Taxonomie et caractéristiques botaniques

Sur le plan taxonomique, le pois –chiche se rattache à la famille des : Papilionacées, genre Cicer et espèce Cicer arietinum L (SAXENA et SINGH ,1987)

Sur le plan botanique, il est décrit comme une plante herbacée annuelle, dressée ou rempante couverte de poils glanduleux. Sa germination est du type hypogée (les cotylédons restent souterrains). .Ses racines peuvent atteindre un mètre de profondeur, mais la plupart se trouvent dans les premiers centimètres (DUKE , 1981). Sa tige anguleuse a une hauteur de 0.20 à 1 mètre de haut. Ses feuilles se composent de 7 à 17 folioles ovales et dentées. Les fleurs peuvent être blanches, bleues ou violettes; solitaires et pédonculées. Les gousses sont renflées à 1 – 2 graines presque rondes. Le poids de 1000 grains varie de 200 à 600grammes (VANDER MAESSEN , 1972).


Exigences culturales

La température exerce une forte influence sur les phases végétatives et reproductrices de pois -chiche (SUMMERFIELD et al ,1979). Le pois -chiche est une plante à climat intermédiaire. La température optimale exigée par le pois -chiche d’hiver varié entre 18°C et 29°C le jour et 20°C la nuit (VERRET ,1982 et GIRRARD ,1985).

Il est considéré comme étant une plante de jours long (SUMMERFIELD et al; 1979). L’intensité de la lumière et de la durée d’éclairement sont des facteurs importants pour la nodulation et la fixation d’azote (LIE ,1971 in BEDDAR, 1990).

C’est aussi une espèce relativement résistante à la sécheresse. Sa consommation en eau a été estimée entre 110 et 240 mm par an pour produire des rendements en grains allant de 9 à 30 qx /ha en semis d’hiver (SINGH et BUSHAN,1979, cités par SAXENA , 1987). IL a été établit aussi que le pois- chiche consomme la majeure partie de son eau dans les soixante premiers centimètres (KEATING et COOPER ,1983). Sa grande capacité d’absorption de l’eau dans le sol s’effectue grâce à son système racinaire très développé à cette profondeur (DUKE, 1981). Cependant comme la plupart des légumineuses à graines, le pois -chiche est sensible à la sécheresse à certaines périodes .Sa plus grande sensibilité se situe à la floraison (GIRRARD, 1985), un déficit hydrique à ce stade là, se traduit par une diminution du nombre de gousses, de poids de 100 grains et par une augmentation de gousses vides (WERY ,1986).

Le pois chiche semble préférer les sols meubles, profonds, plus ou moins argileux avec une bonne capacité de rétention (MOLANI et CHANDRA, 1970 cités par SAXENA ,1987), il ne supporte pas les sols mal drainés qui favorisent le développement de maladies cryptogamiques (PLANCQUAERT et WERY, 1991). Les sols très calcaires sont à exclure, car donnent des graines qui cuisent mal Il supporte mal les sols salins. Le pH du sol favorable à cette culture se situe entre 6 et 9 (BRAUNE et al, 1988).


Conduite culturale

Les pratiques culturales relatives au pois- chiche sont évoquées en détail par de nombreux auteurs dont (ITGC, 1987) pour la rotation, PLANCQUAERT et WERY (1991).,SASSEN (1989) in SEMCHEDDINE (1990) pour la fertilisation ; DAHAN (1996) pour le semis ; SUMMERFIELD et al (1979) ; NENE (1984) in AYADI (1986) ; RAPPILLARD (1989); PLANCQUAERT et WERY (1991) et VANDER MAESEN (1972) pour les contraintes climatiques et pathologiques et AYADI (1996) pour la récolte.

En résumé, la culture de pois chiche entre dans une rotation quadriennale :
” Pois chiche- blé- fourrages – blé ” en régions à pluviométrie supérieure à 500mm.(ITGC, 1987) ” Pois chiche – blé- jachère- blé” en régions moins pluvieuses (pluviométrie inférieure à 500mm) (IDGC ,1987). L’objectif de labour et des outils à dents utilisés est de laisser un sol plat, souple et légèrement motteux. La formule générale de fertilisation recommandée pour l’Algérie est: 10-20 U d’azote/ha au stade 6 à 8 feuilles , 50-75 U de P2O5/ha et 70-91U de K2O/ha. La semence doit être traitée (ravageurs, maladies) et de bonne faculté germinative. Le semis doit être effectué le plutôt possible pour profiter des pluies précoces et réduire les risques d’un déficit hydrique en fin de cycle, à raison de 60-70 plants /m2 (semis d’hiver) ou 40 à 50 plants/m2 (semis de printemps). L’interligne étant de 50cm et la profondeur 4 à 6 cm.

Parmi les accidents culturaux possibles ; on note la coulure liée aux conditions climatiques défavorables (gelées tardives, siroco) et le phénomène d’avortement des gousses qui peut commencer environ 15 jours après la floraison. Les maladies les plus fréquentes sont L’Anthracnose (Ascochyta rabiei transmis par la semence et résidus de récolte) pouvant entraîner jusqu’à 80% de perte en Algérie et le complexe de flétrissement (ensemble de champignons dont surtout Fusarium oxysporum).

Notons que les dégâts engendrés par les mauvaises herbes chez le pois- chiche peuvent atteindre 30 à 50% (PANWAR cité par SAXENA, 1980) et que SAXENA ,1983) a montré le rendement d’une culture désherbée à la main augmente de 42 % par rapport au témoin non désherbé. Les pertes liées aux mauvaises herbes dépendent de la période de semis .Avec une bonne préparation de sol pour un semis de printemps, la plupart des mauvaises herbes sont détruites. Mais en semis d’hiver les mauvaises herbes lèvent et évoluent en même temps que la culture et lui font une concurrence importante. Le désherbage est donc indispensable en semis d’hiver.



  Flore adventice du pois chiche



  Importance des pertes engendrées



Les pertes de rendement du pois- chiche dues à la compétition des mauvaises herbes varient énormément d’un à l’autre. Néanmoins, tous les chiffres reflètent le sérieux problème posé par les adventices pour cette culture (PALA et SOLH, 1990)

En Asie de l’Ouest, les pertes sont arrivées jusqu’à 98% (PALA et SOLH ,1990)

En URSS, les dégâts sont estimés à 41-42% (GERMAN et SEMIRNOV, 1966 in BHAN et KUKULA, 1987)



  Principales espèces et période critique


Dans la région méditerranéenne, 75 espèces importantes sont citées par la littérature (CALCAGNO et al , 1987., BRAH , 1988., LONDY , 1989 ; in SOLH et PALA , 1990). Dans la région d’Asie de l’Ouest et d’Afrique de nord, on rencontre souvent :Sinapis arvensis , Geranium tuberosum , Scandix sp, Carthamus syriacus , Polygonum sp , Euphorbia sp , Vicia sp , Convolvulus arvensis , Chenopodium album, Avena sterilis , Phalaris brachystachys , Bromus sp, (GIEGY,1969, ICARDA , 1979, SHEL et al ,1977 ,ELBRAHLI , 1988 in SOLH et PALA ,1990)

En Algérie, les espèces adventices de pois- chiche les plus fréquentes sont :
Sinapis arvensis , Avena sterilis, Phalaris paradoxa, Bromus sp, Calendula arvensis , Polygonum aviculare, Capella bursa pastoris, Silena sp, Chenopodium album, Anacyclus arvensis, Triticum sp, Torilis nodosa , Angali arvensis, Medicago sp, Amaranthus p, Raphanus raphanistrum L, Convolvulus arvensis, Lolium multiflorum (IDGC ,1976., KERMICHE,1991 in DJEZZAR , 1993 et ITGC , 1995).

Pratiquement, ces espèces sont plus agressives au stade jeune de pois- chiche (CAUSSANEL, 1970 in HAMADACHE ,1990) et avant sa floraison (période critique selon PALA et SOLH ,1990). Des études menées en nord de la Syrie par (SAXENA et al ,1976 in PALA et SOLH ,1990), montrent que la période critique se situe entre 30à60 jours après la levée de pois- chiche.

Elle entre en compétition sévère avec la culture de pois- chiche surtout pour l’eau. Leur concurrence est donc plus importante en culture non irriguée (BHAN et KUKULA, 1987). Toutefois l’ampleur des dégâts variée selon la variété de pois- chiche et la nature et la densité des adventices.


  Source : MELAKHESSOU Zohra 2007. Etude de la nuisibilité directe des adventices sur la culture de pois- chiche d’hiver (Cicer arietinum L) variété ILC 3279, cas de Sinapis arvensis L .


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