
LA CULTURE DU THÉ
Le thé (Camellia sinensis) est originaire de Chine; la plus grande partie de la production mondiale vient d’Asie, une plus petite proportion d’Afrique et d’Amérique du Sud. L’Inde et le Sri Lanka sont actuellement les plus grands producteurs, mais d’autres pays produisent des quantités assez importantes: la Chine, le Japon, l’ex-URSS, l’Indonésie et le Pakistan. La République islamique d’Iran, la Turquie, le Viet Nam et la Malaisie sont de petits producteurs. Depuis la seconde guerre mondiale, les surfaces consacrées aux plantations de thé en Afrique se sont étendues rapidement, particulièrement au Kenya, au Mozambique, au Zaïre, au Malawi, en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie. Maurice, le Rwanda, le Cameroun, la Zambie et le Zimbabwe possèdent également de petites plantations. Les plus grands producteurs d’Amérique latine sont le Brésil, l’Argentine et le Pérou.
Les plantations
Le thé est produit à la fois plus efficacement et plus économiquement dans les grandes plantations, bien qu’il soit également cultivé par de petits propriétaires. En Asie du Sud-Est, une plantation est une unité qui se suffit à elle-même: procurant logement et toutes autres commodités à ses travailleurs et à leur famille, elle constitue une communauté. En Inde et au Sri Lanka, les femmes forment une grande partie de la main-d’œuvre, mais la situation est quelque peu différente en Afrique, où les travailleurs sont essentiellement des hommes, immigrants et saisonniers, et où les familles ne sont pas logées. On se référera à l’article «Les plantations» au début du présent chapitre.
La culture
Le terrain est défriché et préparé pour de nouvelles plantations, ou l’on arrache les plants qui produisent un thé de qualité médiocre pour les remplacer par des boutures à haut rendement. Il faut aux nouveaux champs deux ans pour arriver à leur plein rendement. Des travaux réguliers — fumage, sarclage et application de pesticides — sont effectués tout au long de l’année.
La cueillette des jeunes pousses de thé — «deux feuilles et un bourgeon», comme on dit couramment — est effectuée toute l’année dans la plus grande partie de l’Asie du Sud-Est, mais elle n’a pas lieu pendant les périodes d’arrêt de la végétation dans les régions connaissant une saison froide bien marquée (voir figure 64.38). Après un cycle de récolte d’environ trois à quatre ans, les plants de thé subissent une taille complète et l’on sarcle la terre. Le sarclage manuel est remplacé peu à peu par l’application d’herbicides chimiques. La récolte est transportée à dos dans des paniers jusqu’à des hangars centraux, où elle est pesée puis expédiée à l’usine. Certains pays, principalement le Japon et l’ex-URSS, ont réussi à mécaniser la cueillette du thé, mais l’usage de machines nécessite un terrain plat et des arbres plantés en rangées.
Les risques et leur prévention
Les accidents les plus courants sont les chutes et les blessures causées par les outils tranchants et ceux qui servent à creuser le sol. Ce n’est guère surprenant: le thé, dans la plupart des cas, pousse sur des pentes très raides et défrichage, déracinage et taille exposent à ce type d’accidents. Outre le risque d’être frappés par la foudre, par exemple, les travailleurs peuvent être mordus par des serpents ou piqués par des araignées venimeuses, des frelons, des guêpes ou des abeilles. On trouve cependant rarement des serpents très venimeux aux altitudes élevées où pousse le meilleur thé. On a enregistré en Assam (Inde) des cas d’allergie provoquée par le contact avec une certaine espèce de chenilles.
L’exposition des travailleurs à des quantités toujours accrues de pesticides hautement toxiques requiert une surveillance étroite. Leur remplacement par des produits peu toxiques et une bonne hygiène personnelle sont des mesures de prévention indispensables. Bien qu’assez lent, le processus de mécanisation fait appel à un nombre sans cesse croissant de tracteurs, de véhicules à moteur et d’instruments divers, augmentant du même coup la fréquence des accidents (voir figure 64.39), lesquels ne pourront être éliminés que par des tracteurs bien conçus, équipés d’une cabine ou d’un cadre de protection et conduits par des opérateurs formés et compétents.
En Asie, où la population inactive qui réside dans les plantations est presque aussi importante que la main-d’œuvre elle-même, les accidents domestiques sont à peu près aussi nombreux que les accidents du travail.
Les conditions de logement sont généralement très mauvaises. Les principales maladies sont les maladies respiratoires consécutives surtout aux conditions de vie et de travail en altitude ainsi qu’à l’exposition au froid et au mauvais temps; elles sont suivies de près par les maladies entériques, l’anémie et la sous-nutrition. Les maladies intestinales sont dues à l’insuffisance de l’équipement sanitaire et de l’hygiène des travailleurs. Ces conditions sont en grande partie évitables, ce qui ne fait que souligner la nécessité d’améliorer les installations sanitaires et de renforcer l’action éducative. L’anémie est très fréquente, surtout chez les femmes en âge de procréer; elle est occasionnée en partie par l’ankylostomiase, mais surtout par le manque de protéines dans le régime alimentaire. Cependant, les journées de travail perdues par suite de maladie sont dues à des indispositions légères plutôt qu’à des affections graves. La surveillance médicale des conditions de logement et de travail est une excellente mesure de prévention. Des conditions sanitaires convenables devraient être assurées par des inspections régulières.
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