
L’ARBORICULTURE FRUITIÈRE
De façon générale, les exploitations des zones tempérées où l’on cultive des arbres fruitiers sont appelées vergers; en région tropicale, on parle plus généralement de plantations ou de jardins fruitiers. Les espèces sauvages d’arbres fruitiers ont été sélectionnées au cours des siècles pour produire une grande variété de porte-greffes. Dans les vergers des zones tempérées, on trouve le pommier, le poirier, le pêcher et ses variétés (nectarine), le prunier, l’abricotier, le cerisier et le plaqueminier du Japon (kaki). Les noix sont cultivées tant dans les zones tempérées que sous les climats subtropicaux; on y trouve le pacanier, l’amandier, le noyer, le noisetier, le châtaignier et le pistachier. En région subtropicale, on trouve l’oranger, le pamplemoussier, le mandarinier, le limettier, le citronnier, le figuier, le kiwi, le tangelo, le kumquat, l’oranger de Panama, le cédratier, le pomelo de Java et le dattier.
Les systèmes de production
La production des arbres fruitiers se fait en plusieurs étapes. Pour la multiplication des cultures, les producteurs ont le choix entre semer des graines ou recourir à des techniques de multiplication asexuée telles que le bouturage, l’écussonnage, le greffage ou la culture tissulaire. La préparation des sols se fait par labour ou par herse à disques; les arbres sont plantés dans des trous creusés préalablement et dans lesquels on verse eau et engrais.
La culture des arbres fruitiers nécessite l’application d’engrais, le sarclage, l’irrigation et la protection contre les gelées printanières. Les engrais sont appliqués en quantité au cours des premières années de la croissance des arbres. Les engrais composés peuvent contenir du nitrate et du sulfate d’ammonium, des fertilisants simples (azote, phosphore, potassium), des tourteaux de semences de coton, du sang desséché, de la farine de poisson, des boues d’épuration stérilisées ou de l’urée-formaldéhyde (infiltration lente). Les mauvaises herbes sont éliminées par application de paillis, ameublissement de la terre, fauchage, binage et application de désherbants; sur les grandes exploitations, on pulvérise aussi insecticides et fongicides au moyen de pulvérisateurs tractés. Certains ravageurs comme les écureuils, les lapins, les ratons laveurs, les opossums, les souris, les mulots et les cerfs attaquent l’écorce des arbrisseaux ou dévorent les fruits. La lutte contre ces ravageurs consiste essentiellement à poser des filets de protection, des pièges, des clôtures électriques et à utiliser des fusils ainsi que des dispositifs de dissuasion visuels et odorants.
Les gelées de printemps peuvent détruire les fleurs en quelques heures. On installe généralement un réseau d’arrosage par aspersion sur frondaison où circule un mélange d’eau et de glace de manière que la température ne descende pas au-dessous de zéro. Des produits antigel mélangés à l’eau sont parfois appliqués pour empêcher que les bactéries qui se développent dans la glace n’attaquent les tissus abîmés. On se sert aussi d’appareils chauffants pour empêcher l’apparition du gel; ils peuvent être soit à pétrole en plein air, soit électriques (lampes à incandescence) sous dôme ou tunnel plastique.
Les outils d’émondage peuvent transmettre des maladies; on les fera donc tremper dans une solution d’eau chlorée ou on les frottera à l’alcool chaque fois que l’on aura taillé un arbre. Après émondage, les chutes seront enlevées, broyées et compostées. Les branches seront attachées à des échalas enfoncés dans le sol au pied de l’arbre.
L’abeille est le principal pollinisateur des arbres fruitiers. On peut stimuler la production fruitière par recépage en pratiquant une légère entaille dans l’écorce des troncs des pêchers ou des poiriers. Afin d’éviter le rabougrissement, la cassure des branches et une production irrégulière, l’exploitant procède à des coupes d’éclaircie soit manuellement, soit à l’aide de produits chimiques comme le carbaryle (Sevin), un insecticide qui inhibe la photosynthèse.
La cueillette manuelle des fruits se fait à l’aide d’échelles; les fruits sont placés dans des paniers que l’on transporte ensuite sur une aire de ramassage. Les noix sont gaulées et rassemblées manuellement ou à l’aide d’un appareil spécial doté de mécanismes permettant d’envelopper et de secouer le tronc de l’arbre, puis de recueillir et de canaliser directement les noix dans un conteneur. Camions et remorques sont généralement utilisés dans les vergers au cours de la récolte et pour le transport.
Les risques de l’arboriculture fruitière
Les arboriculteurs utilisent une grande variété de produits chimiques, dont les engrais, les herbicides, les insecticides et les fongicides. Ils sont exposés aux pesticides pendant les opérations d’épandage, quand ils sont en contact avec des résidus au cours de tâches diverses, en cas de retombées de pesticides, au cours des opérations de mélangeage, de chargement, et pendant les récoltes. Les travailleurs sont également exposés au bruit, aux gaz d’échappement, aux solvants, carburants et lubrifiants. On observe un taux relativement élevé de mélanomes malins chez les arboriculteurs, notamment sur le tronc, le cuir chevelu et les membres, vraisemblablement en raison des rayonnements solaires (exposition aux ultraviolets). La manipulation de certains fruits, notamment les agrumes, peut provoquer des allergies et des affections cutanées.
Les faucheuses rotatives tirées par des tracteurs sont largement utilisées pour le désherbage. Les conducteurs de tracteurs peuvent tomber et être grièvement blessés ou tués en cas de renversement de ces engins, qui peuvent aussi projeter des débris à grande distance.
L’installation de clôtures, treilles et échalas se fait à l’aide de tarières qui creusent des trous de 15 à 30 cm de diamètre, ou d’enfonce-pieux. Ces machines, montées sur des tracteurs, sont des instruments dangereux si on ne les maîtrise pas.
Les engrais solides peuvent provoquer des brûlures de la peau et irriter la bouche, le nez et les yeux. Sont également sources d’accidents les mécanismes rotatifs à l’arrière des distributeurs centrifuges et les épandeurs qui, nettoyés au gasoil, présentent en outre des risques d’incendies.
Des accidents mortels peuvent survenir lors de collisions entre véhicules ou du retournement de tracteurs et être aussi provoqués par l’utilisation imprudente des machines agricoles, ou encore par électrocution lors d’un contact avec des tuyaux mobiles d’irrigation ou lorsqu’une échelle entre en contact avec des lignes électriques. Il n’est pas rare que les protections des tracteurs soient ôtées lors de travaux dans les vergers, car elles se prennent souvent dans les branchages et gênent les arboriculteurs dans leur travail.
Les travailleurs ne sont pas non plus à l’abri de risques d’entorses et de foulures lorsqu’ils cueillent des fruits ou des noix ou lorsqu’ils les portent à l’aire de ramassage. Ils risquent en outre de se couper en manipulant des outils à main comme les couteaux et les cisailles. Les risques de chute de personnes ou d’objets au cours de la cueillette ne sont pas non plus négligeables.
La prévention
Lorsqu’on utilise des pesticides, il importe en premier lieu d’identifier les ravageurs afin de pouvoir appliquer en temps opportun la méthode de lutte la plus efficace. Les précautions d’emploi figurant sur les étiquettes devraient être strictement observées, y compris le port d’un équipement de protection individuelle. Celui-ci étant source de contraintes thermiques, il faut ménager des pauses régulières et boire beaucoup d’eau. Il faut aussi respecter le délai d’attente prescrit avant de pénétrer dans un champ qui vient d’être traité pour éviter d’être exposé aux résidus des pesticides et aux retombées en provenance de champs contigus. Des installations sanitaires adaptées devraient être prévues. Le tableau 64.8 donne la liste des précautions à prendre lorsqu’on utilise faucheuses rotatives, tarières, enfonce-pieux et épandeurs d’engrais à moteur.
Mesures de prévention pour les faucheuses rotatives, tarières,enfonce-pieux et épandeurs d'engrais mécanique
Faucheuses rotatives
• Eviter les souches d’arbre, les fragments de métal et les pierres qui peuvent être projetés au passage • Tenir les autres personnes à l’écart de l’aire de travail pour les mettre à l’abri des projections • Maintenir en place le bouclier de protection autour de la faucheuse pour éviter toute projection d’objets • Ne laisser personne monter à bord du tracteur pour éviter qu’il ne tombe sous la faucheuse • Maintenir en place les protecteurs de la prise de force • Débrayer la prise de force avant de mettre le tracteur en marche • Braquer avec précaution dans les virages prononcés et relever la faucheuse pour qu’elle ne se prenne pas dans les roues du tracteur, au risque d’être projetée en direction de l’opérateur • Lester les roues avant lorsque la faucheuse est attachée par un attelage à trois points, de manière qu’elles adhèrent bien au sol et permettent de garder le contrôle de la direction • Utiliser si possible des pneus larges pour accroître la stabilité du tracteur • Abaisser la faucheuse au niveau du sol avant de quitter l’engin
Tarières montées sur tracteur
• Mettre au point mort avant toute opération • Serrer les freins avant de commencer à creuser • Actionner lentement la tarière pour garder la maîtrise de l’engin • Creuser le trou par étapes • Ne jamais travailler avec des cheveux non attachés, des vêtements amples ou munis de cordons • Ne permettre à personne de se tenir près de la tarière et de l’arbre de transmission lors des opérations • Arrêter la tarière et l’abaisser au niveau du sol lorsqu’on ne s’en sert pas pour creuser • Ne pas mettre le contact au moment de déloger la tarière; la déloger manuellement en la faisant pivoter en sens inverse des aiguilles d’une montre, et la relever à l’aide du système de relevage hydraulique du tracteur
Enfonce-pieux montés sur tracteur
• Couper l’alimentation du tracteur et abaisser le maillet avant lubrification ou réglage • Ne jamais placer les mains entre le sommet du pieu ou du poteau et le maillet • Ne jamais dépasser le nombre de coups de maillet recommandé par minute • Utiliser un guide pour tenir le poteau lors de l’opération au cas où il se fendrait • Ne pas mettre les mains sur le poteau lorsque celui-ci est sur le point d’être enfoncé • Veiller à ce que toutes les protections soient en place avant l’opération • Porter des lunettes de protection et des protège-tympans au cours des opérations
Epandeurs d’engrais mécaniques
• Ne pas rester à l’arrière des épandeurs d’engrais • Ne pas débrancher l’épandeur en cours d’opération • Travailler dans des lieux bien ventilés, loin de toute source possible d’inflammation, au moment de nettoyer les épandeurs avec du gasoil • Enlever toute trace de poussière d’engrais qui serait en contact avec la peau, porter des chemises à manches longues et boutonner le col lors de la manipulation d’engrais solides. Prendre plusieurs douches par jour • Travailler dans la direction du vent • Les conducteurs des tracteurs devraient veiller à ce que le vent souffle latéralement par rapport à l’épandeur pour éviter que la poussière ne revienne sur eux
Si les cadres de protection des tracteurs gêne les opérations, on peut installer des protections pliables ou télescopiques. Le conducteur devrait déployer ces dispositifs dès que l’espace libre le permet et n’attacher sa ceinture de sécurité qu’après les avoir mis en place.
Pour parer au risque de chute, on ne devrait jamais monter sur le dernier barreau d’une échelle. Les barreaux devraient être revêtus d’une matière antidérapante. On devrait utiliser des échelles en matériaux non conducteurs ou isolées pour éviter toute décharge en cas de contact avec une ligne électrique.
| Algérie mon beau pays | |