
LE RIZ
Le riz constitue la denrée de base des populations asiatiques; il est consommé cuit ou moulu pour obtenir la farine qui servira à la panification et, à ce titre, c’est un aliment qui intéresse la planète tout entière. Plusieurs variétés de riz sont cultivées pour répondre aux goûts des consommateurs. La riziculture est pratiquée sur des terres inondées et marécageuses de plaine ou sur des plateaux et collines où l’eau de pluie est suffisamment abondante.
Les étapes de la riziculture
Le riz peut être cultivé soit manuellement soit en faisant appel à une mécanisation partielle ou totale, le choix étant dicté par le niveau de développement technologique local et les exigences de productivité. Toutefois, quel que soit le mode de culture adopté, il faut nécessairement passer par les étapes suivantes:
• Labour . La terre est labourée en trois étapes successives pour éliminer les mottes de terre, ameublir le sol et le rendre aussi bourbeux que possible. Les charrues de labour sont le plus souvent tirées par des buffles, des bœufs ou des vaches de trait, bien que l’on fasse de plus en plus appel à la mécanisation. • Désherbage . Cette étape est réalisée en trois passages successifs au cours desquels on irrigue les terres cinq jours durant et on les laisse sécher pendant cinq autres. A la fin de chaque cycle, la terre est battue à l’aide d’un outil en bois assez lourd pour tuer les jeunes plantes adventices que l’on utilise ensuite comme engrais. • Préparation des semis . Les semis sont tout d’abord placés dans une jarre remplie d’eau à laquelle on ajoute du sel pour que les graines saines tombent au fond. Ces graines sont ensuite rincées, mises à tremper pendant une nuit, emballées dans un tissu épais ou dans un sac pendant deux nuits pour qu’elles commencent à germer, puis elles sont semées sur les terres qui auront été préparées préalablement. On les laissera se développer pendant une trentaine de jours. • Repiquage. Les jeunes plants ou plantules sont rassemblés en bottes de trois à cinq plants et ensuite repiqués en ligne dans la terre où ils continuent de se développer pendant une dizaine de jours. Au bout de 45 jours au total, la plante est entièrement levée et des panicules commencent à se développer. • Récolte. Au bout d’une centaine de jours, on procède à la récolte. Les gerbes sont cueillies à la main (voir figure 64.26) ou coupées à la faucille ou avec d’autres outils similaires. • Séchage . Il se pratique à l’air libre et au soleil pour abaisser le taux d’humidité du paddy à moins de 15%. • Battage . Cette étape consiste à séparer les grains de paddy des panicules. On fait ordinairement appel à des buffles ou à des bœufs pour traîner un peigne sur les gerbes afin d’en séparer les grains, mais on utilise aussi des machines de fabrication locale. • Stockage . Les grains et la paille sont stockés dans des granges ou silos.
Les risques
Les risques les plus fréquents sont liés aux facteurs ci-après:
• des logements insalubres, une hygiène insuffisante, une alimentation médiocre et la mauvaise qualité de l’eau, qu’il faut pourtant boire en grandes quantités, conduisent souvent à un mauvais état de santé général, à de la fatigue, à d’éventuelles insolations et à des troubles intestinaux accompagnés de diarrhées; • la plupart des accidents liés à l’utilisation d’engins agricoles sont provoqués par des travailleurs qui ne connaissent pas bien le matériel qu’ils manient. Les muscles, les os et les articulations sont mis à rude épreuve, que ce soit à l’occasion de travaux effectués en posture stationnaire ou lors de déplacements; ces efforts engendrent souvent un état de fatigue physique, une baisse de l’endurance des travailleurs et une recrudescence de traumatismes et d’accidents divers. Chaque année, on déplore de nombreux cas de décès chez les enfants, les adolescents et les travailleurs migrants; • les agents chimiques tels que les engrais, les désherbants puissants, les pesticides et d’autres substances d’usage fréquent sont une source de risques à la fois directement pour les travailleurs agricoles et, par contamination, pour les animaux et les végétaux (poissons, crustacés, plantes aquatiques, champignons, plantes médicinales, campagnols) et l’eau qu’ils consomment; • le paludisme, le tétanos, l’ankylostomiase, la schistosomiase, la leptospirose, le rhume des foins, le poumon de fermier, les dermites, les blépharites, les conjonctivites, le rhume banal et l’insolation sont des affections très fréquentes, comme le sont également les troubles nutritionnels (carence protéique, toxines) et la dépendance engendrée par l’alcoolisme, l’abus de tabac et d’autres formes de toxicomanie; • les maladies professionnelles les plus courantes sont les affections cutanées. Parmi celles-ci, on mentionnera: les rougeurs, œdèmes, abrasions et autres plaies dues aux feuilles piquantes du riz et d’autres végétaux; les callosités de la paume, des genoux et des coudes causées par de mauvaises postures ou des outils à main; les dermatomycoses dues à Epidermophyton (teigne) et les moniliases (candidoses) de surinfection à staphylocoques, avec vésicules et érythème; les dermites vésiculaires (petites ampoules) des pieds, parfois dues à Rhizopus parasiticus ; les infections à Ancylostoma (ankylostomiase); les dermites cercariennes (prurit des nageurs), causées directement ou indirectement par contact avec de l’eau contenant des schistosomes parasitant les organismes non humains; et les rougeurs, les érythèmes et les œdèmes provoqués par des piqûres d’insectes; • les maladies respiratoires dues à des poussières organiques ou inorganiques ou à des produits chimiques de synthèse sont fréquentes. Dans certains pays, le niveau d’endotoxines bactériennes Gram négatif présentes dans l’air est relativement élevé. L’intoxication par les gaz dégagés par les produits d’ensilage provenant de sols à forte teneur en nitrates constitue également un problème de santé; • les facteurs climatiques tels que chaleur, fortes pluies, humidité, vents violents, orages et foudre sont des éléments dangereux tant pour les travailleurs que pour les animaux; • les facteurs de stress psychologique tels que les difficultés économiques, le sentiment d’insécurité, l’infériorité du statut social, le manque de possibilités de formation, l’absence de débouchés et la crainte de catastrophes imprévues sont particulièrement fréquents dans les pays en développement.
Les mesures de sécurité et de santé
Les conditions de travail peuvent être améliorées et les risques de maladies réduits par une mécanisation plus poussée des activités rizicoles. Les mesures d’ordre ergonomique concernant l’organisation du travail et les équipements ainsi que la formation systématique à l’adoption de bonnes postures de travail sont également des facteurs essentiels.
Les mesures de prévention médicale nécessaires devraient être strictement appliquées: cours d’initiation au secourisme, ouverture de dispensaires, lancement de campagnes de promotion de la santé et suivi médical des travailleurs.
L’amélioration des conditions de vie des travailleurs rizicoles passe nécessairement par l’attention portée à l’habitat et aux normes d’hygiène, l’accès à l’eau potable, une meilleure hygiène alimentaire, la salubrité de l’environnement et une économie stable.
Les conventions et recommandations de l’Organisation internationale du Travail (OIT) devraient être observées dans toutes les situations où elles sont applicables. On mentionnera à cet égard:
• la convention (no 10) sur l’âge minimum (agriculture), 1921, dont l’article 1 précise que «Les enfants de moins de 14 ans ne pourront être employés ou travailler dans les entreprises agricoles publiques ou privées ou dans leurs dépendances qu’en dehors des heures fixées pour l’enseignement scolaire, et ce travail, s’il a lieu, doit être tel qu’il ne puisse nuire à leur assiduité à l’école.»; • la recommandation (no 14) sur le travail de nuit des enfants et des jeunes gens (agriculture), 1921, demandant que tous les Etats Membres de l’OIT réglementent le travail des enfants âgés de moins de 14 ans, de manière à leur assurer une période de repos ne comprenant pas moins de dix heures consécutives, ainsi que le travail des jeunes gens de 14 à 18 ans pour lesquels la période de repos ne doit pas comprendre moins de neuf heures consécutives; • la convention (no 110) sur les plantations, 1958 [et son protocole, 1982], stipulant que tout travailleur agricole recruté doit être soumis à un examen médical. Cette convention concerne bien sûr les travailleurs de tous âges; • la convention (no 127) sur le poids maximum, 1967, précisant que le transport manuel régulier de charges dont le poids est susceptible de compromettre la santé ou la sécurité du travailleur ne doit être ni exigé ni admis.
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