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LA MÉCANISATION


Si la mécanisation du travail agricole a libéré partout de très nombreux travailleurs de tâches pénibles et monotones, la vitesse et la puissance des machines utilisées ont considérablement contribué à l’aggravation des accidents du travail. Dans le monde entier, les pays pratiquant une agriculture mécanisée s’accordent pour placer les tracteurs et autres engins utilisés dans les champs et dans les fermes en tête des causes des accidents mortels ou suivis d’incapacités. Les outils à moteur contribuent également à ces accidents, mais ceux-ci sont en général moins graves. Par ailleurs, bien des machines présentent des risques environnementaux (bruit, vibrations, émanations dangereuses, etc.).



  Les accidents liés à l’utilisation des tracteurs


Les tracteurs présentent de nombreux avantages qui font d’eux l’engin agricole le plus employé dans les exploitations agricoles. La plupart ont des pneus en caoutchouc, un système hydraulique et une prise de force; ils peuvent travailler à différents régimes. Conjuguées, ces caractéristiques leur confèrent vitesse, puissance, souplesse et adaptabilité. Les tracteurs peuvent cependant être à l’origine d’accidents extrêmement graves en cas de renversement latéral ou de basculement de l’engin vers l’arrière (cabrage), ou encore d’écrasement par l’engin lui-même ou de happement par une prise de force. Les accidents provoqués par le renversement ou le basculement d’un tracteur dépourvu d’une cabine ou d’un cadre de protection suffisamment résistants sont responsables de beaucoup plus de lésions ayant entraîné la mort que tout autre type d’accident survenant dans l’agriculture. Le tableau 64.6 donne une liste des accidents liés à l’utilisation des tracteurs et indique la manière dont ils se produisent généralement.


Tableau 64.6 Risques usuels liés aux tracteurs


  Risques Types d’accident   Description de l’accident  
           
  Renversement du véhicule Renversement latéral   Le conducteur emprunte des pentes, braque trop vite, circule sur des terrains trop accidentés; les roues arrière s’enfoncent dans un trou ou tombent dans une dépression sur le bas-côté  
  Cabrage   Attelage d’un engin auxiliaire à un endroit autre que la barre d’attelage; les roues arrière sont prises dans un trou  
  Ecrasement de personnes Chute du passager   La plupart des tracteurs sont conçus pour être conduits par une seule personne; par conséquent, toute autre personne montant à bord n’est pas en sécurité  
  Chute du conducteur   Le conducteur est fauché par une branche d’arbre trop basse ou est éjecté de son siège en circulant sur un terrain trop accidenté  
  Ecrasement du conducteur debout près du tracteur   Démarrage du tracteur par connexion à la batterie d’un autre véhicule avec une vitesse enclenchée par inadvertance. Le conducteur monte ou descend du tracteur en marche. Le tracteur roule pendant l’attelage ou le dételage d’engins auxiliaires  
  Ecrasement d’un spectateur ou d’un aide à pied   Les accidents impliquant des tiers touchent généralement les enfants que le conducteur ne voit pas. Les accidents impliquant des aides sont similaires à ceux impliquant les conducteurs descendus de leur tracteur  
  Prise de force Happement par l’arbre de prise de force   Absence de protection. La prise de force est engagée quand le tracteur est en marche. Le conducteur descend ou monte à l’arrière du tracteur  
  Dérapages et chutes En montant sur le tracteur ou en en descendant   Chaussures humides ou boueuses; marchepied trop haut; poignées hors de portée; précipitation; descente du mauvais côté  
  Perte d’audition due au bruit Conduite du tracteur   Le pot d’échappement est manquant ou endommagé ou n’est pas conforme aux normes; le moteur du tracteur est mal entretenu; les parois métalliques de la cabine répercutent le bruit à l’intérieur. Le niveau sonore dangereux est accentué par le bruit de la machine attelée au tracteur (les tracteurs plus anciens font généralement davantage de bruit que les plus récents)  
           

  Les accidents par renversement latéral ou basculement vers l’arrière


La stabilité (ou l’instabilité) d’un tracteur dépend de la position de son centre de gravité (CG), c’est-à-dire du point d’application de la résultante de toutes les forces (pesanteur, etc.) qui s’exercent sur lui. Lorsqu’un tracteur à deux roues motrices est à l’arrêt sur une surface horizontale, son CG se trouve généralement dans l’axe longitudinal de l’engin, à environ 25 cm au-dessus de l’essieu arrière et à 60 cm environ en avant de celui-ci. Sur les tracteurs à quatre roues motrices qui représentent aujourd’hui une proportion croissante des tracteurs mis sur le marché, de même que sur les tracteurs à articulation centrale, le CG est situé un peu plus vers l’avant de l’engin. Pour que le tracteur maintienne son équilibre, il faut que la projection verticale de son CG demeure à l’intérieur du périmètre de stabilité, quadrilatère imaginaire qui relie les points où les roues du tracteur sont en contact avec le sol (voir figure 64.24). La position du CG lui-même ne change pas par rapport au tracteur, mais sa position par rapport au périmètre de stabilité peut changer. Cela se produit le plus souvent lorsque l’engin passe d’un terrain horizontal à un terrain en pente; dans ce cas, le tracteur peut se trouver dans une position instable. Si la projection verticale de son CG passe à l’extérieur du périmètre de sécurité, il va se renverser. Si le tracteur, par ailleurs, est équipé d’un chargeur à benne frontale, d’un élévateur de balles ou d’un réservoir latéral destiné à recevoir des produits chimiques, par exemple, son nouveau CG se trouvera décalé vers cet accessoire; plus celui-ci sera haut, plus le CG de l’ensemble s’élèvera lui aussi.


Figure 64.24 Périmètres de stabilité de deux types de tracteurs



D’autres facteurs importants peuvent compromettre la stabilité d’un tracteur. On peut citer parmi eux la force centrifuge, le couple moteur de l’essieu arrière et l’effet de levier qu’exerce la barre d’attelage lorsqu’un engin agricole est attelé au tracteur. La force centrifuge est la force subie par un objet mobile en rotation et qui l’entraîne à l’extérieur de sa trajectoire. Cette force est proportionnelle au carré de la vitesse de l’objet et inversement proportionnelle au rayon de sa trajectoire, en supposant que celle-ci soit un cercle. Pour un rayon de braquage donné, la force centrifuge sera donc multipliée par quatre si l’on double la vitesse.

Sur un tracteur dont les roues motrices sont à l’arrière, le couple développé par le moteur est transmis à l’essieu arrière et aux roues. Si la marche avant est enclenchée, cela entraînera l’avance de l’engin. Si, pour une raison ou une autre, les roues arrière sont immobilisées, ce sera le tracteur qui tournera en sens inverse; l’avant se soulèvera, on dira que l’engin se cabre. Une fois que le centre de gravité sera sorti du périmètre de stabilité, le tracteur basculera en arrière, entraîné par son poids, se retournera ou s’écrasera contre un obstacle. On peut limiter le couple de basculement en lestant l’avant du tracteur par des masses dont le poids peut aller d’une centaine de kg à plus d’une tonne.

La barre d’attelage est un autre facteur susceptible de provoquer un cabrage. Le poids de l’engin attelé et de la charge qu’il transporte a pour effet de déplacer le CG de l’ensemble «tracteur/engin attelé» vers l’arrière. Les points de contact des roues arrière avec le sol déterminent un axe de pivotement autour duquel le tracteur peut basculer. Sur les tracteurs modernes, le point d’attelage a été abaissé pour réduire ce risque.



  Les accidents par écrasement


Des accidents de ce type peuvent survenir notamment lorsque le conducteur tombe de son siège, lorsqu’un passager occasionnel tombe du tracteur ou encore lorsqu’une autre personne se fait écraser par l’engin. Cette personne peut être un passant ou un travailleur. Lorsque des engins sont attelés, ce sont eux parfois qui sont responsables d’accidents. Les passagers sont particulièrement exposés lorsque aucun siège n’a été prévu à leur intention. Le conducteur embarque quelquefois une personne pour lui faire gagner du temps ou encore pour qu’elle l’aide aux champs; il arrive aussi qu’il emmène avec lui un enfant dont il a momentanément la garde. Il est instamment recommandé de n’accepter aucun passager, et cela sous aucun prétexte, à moins que la cabine de conduite ne comporte un siège additionnel. Cette consigne se heurte toutefois aux réalités du monde agricole: désir bien compréhensible d’avoir de l’aide pour terminer un travail avant la pluie ou la nuit, impossibilité matérielle d’acquérir d’autres véhicules pour transporter des personnes, garde d’enfants, leçons de conduite aux futurs conducteurs, etc. Des personnes se trouvant à terre — généralement le conducteur lui-même ou un enfant — peuvent être écrasées par un tracteur ou un engin tracté en mouvement. Un conducteur peut être tenté de faire démarrer son véhicule alors qu’il est à terre; l’accident survient généralement lorsqu’il essaie de mettre en marche un tracteur de type ancien avec une vitesse enclenchée ou lorsqu’il fait démarrer un engin de type plus moderne dont il a préalablement neutralisé le verrouillage de sécurité. De jeunes enfants, particulièrement ceux de moins de cinq ans, sont parfois écrasés par un tracteur dont le conducteur ignorait leur présence; ils sont souvent attirés par les bruits de démarrage et s’approchent sans faire attention. S’ils savent que le conducteur embarque volontiers des passagers, ils seront tentés d’accourir vers un tracteur prêt à démarrer ou déjà en marche.

Pour prévenir les divers risques mentionnés plus haut, il importe d’appliquer les précautions ci-après:

•   les cadres ou arceaux de protection contre les renversements latéraux et les basculements vers l’arrière constituent la mesure de sécurité la plus importante. Le port d’une ceinture de sécurité est également recommandé;
•   une cabine munie d’un cadre de protection et d’un toit est encore préférable, car elle met également le ou les occupants à l’abri des intempéries;
•   la mise en place d’un carter solide sur l’arbre des prises de force s’impose;
•   le siège du conducteur ne doit pas être occupé par plusieurs personnes;
•   la connaissance du manuel d’utilisation et des consignes de sécurité est indispensable;
•   les travailleurs agricoles devraient être physiquement et psychologiquement aptes à conduire les tracteurs et les engins mécanisés qui leur sont confiés et avoir été convenablement formés à cette fin.



  Les accidents liés à l’utilisation des machines agricoles


L’agriculture mécanisée fait appel à une multitude de machines très diverses: certaines sont équipées d’une prise de force ou peuvent y être accouplées, d’autres sont actionnées par la pression hydraulique, d’autres encore entraînées par un moteur électrique ou à combustion interne (essence ou huile lourde). Certaines machines possèdent leur propre source d’énergie, alors que d’autres sont accouplées à un arbre de prise de force ou simplement tractées ou portées. Le tableau 64.7 donne une liste des risques liés à l’utilisation de ces machines ainsi que de leur localisation.


Tableau 64.7 Risques mécaniques usuels 


  Risques Sources Sites  
         
  Pincement, coincement Deux pièces mécaniques mobiles et solidaires dont l’une au moins a un mouvement circulaire Au point de contact des courroies d’entraînement et des poulies, des chaînes d’entraînement et des engrenages  
  Enroulement Pièce mécanique rotative exposée ou non protégée Arbres de prise de force, barres de bennes basculantes d’ensilage, lames d’épandeurs de fumier  
  Happement par cisaillement Croisement des bords de deux pièces mobiles ou contact entre le bord d’une pièce mobile et celui d’une pièce fixe ou d’un matériau souple Faucheuses, récolteuses-hacheuses de fourrage, moissonneuses-batteuses (menus grains), hache-paille, vis à grain  
  Ecrasement Rencontre de deux objets mobiles ou d’un objet mobile se déplaçant en direction d’un objet fixe Pneus ou extrémités avant ou arrière de tracteurs articulés, dispositif d’attelage, main prise sous une pièce d’un circuit hydraulique  
  Pièces en roue libre Des pièces mécaniques poursuivent leur mouvement après la coupure de leur alimentation, généralement un mouvement rotatif de lames de couteau ou de pales de ventilateur Récolteuses-hacheuses de fourrage, broyeurs d’aliments pour animaux, faucheuses rotatives, ensileuses souffleuses  
  Projections Opérations mécanique de hachage, de concassage, de tronçonnage De petits objets (pierre, métal, verre, bois ou débris végétaux) peuvent être ramassés au passage et violemment projetés Faucheuses rotatives, hacheuses, moissonneuses-batteuses-hacheuses, épandeurs de fumier  
  Décharges Décharge involontaire ou inopinée d’énergie accumulée Ressorts, circuits hydrauliques, air comprimé, circuits électriques  
  Brûlures Brûlures de la peau par contact avec des pièces mécaniques brûlantes Pot d’échappement, blocs-moteurs, tuyaux, fluides (carburants, lubrifiants, produits chimiques)  
  Happement Aux points d’alimentation des machines Cueilleuses-dépanouilleuses d’épis de maïs, moissonneuses-batteuses, récolteuses-hacheuses, ramasseuses-presses  
  Perte d’audition liée au niveau sonore achines en marche Tracteurs, vis à grain, machines utilisées dans les champs, séchoirs, souffleuses de silo, broyeuses d’aliments pour animaux, hache-paille Les niveaux sonores de plusieurs machines peuvent s’additionner pour constituer une nuisance. Le matériel récent est généralement moins bruyant que l’ancien  
         


  La puissance et la vitesse des machines


La plupart des machines agricoles sont des engins puissants qui tournent à des vitesses élevées, et les travailleurs ne se rendent souvent pas suffisamment compte des risques qu’ils peuvent encourir de ce fait. La puissance développée par une machine, même petite, peut certes varier considérablement suivant le régime adopté; elle n’en reste pas moins toujours très supérieure à celle de l’être humain. Ainsi, un mouvement rapide de traction exercé par le bras met en œuvre une puissance bien inférieure à 0,75 kW, voire beaucoup moins, alors qu’une tondeuse à conducteur accompagnant peut avoir un moteur de 12 kW et une force de succion vingt à quarante fois supérieure à celle qu’il faudrait à une personne pour s’en dégager. Une machine de dimensions moyennes pourra avoir une puissance de 30 à 45 kW, alors que la puissance maximale d’un tracteur dépasse couramment 100 kW.

La combinaison de la puissance et de la vitesse crée de nombreuses situations potentiellement dangereuses pour les travailleurs. Ainsi, l’arbre de prise de force qui permet de transmettre la puissance du moteur d’un tracteur à un engin qui lui est accouplé tourne à 540 tours/min (soit 9 tours par seconde) et peut atteindre 1 000 tours/min (soit 16,7 tours par seconde) à plein régime. Si un vêtement venait à être happé par un arbre en rotation de 75 mm de diamètre dépourvu de carter de protection, et même si cet arbre ne tournait qu’à vitesse réduite (par exemple, 270 tours/min) et si la personne réagissait rapidement (disons en une seconde), le vêtement se serait déjà enroulé sur une longueur de plus de 1 m autour de l’arbre. Une vitesse plus rapide de l’arbre ou une réaction plus lente de la victime lui laisserait encore moins de chances de se dégager.

Si une machine entraînée par la prise de force d’un tracteur fonctionne à plein régime, les produits agricoles qu’elle reçoit auront une vitesse de l’ordre de 3,7 m/s. Si le travailleur alimente la machine à la main et se fait happer, il ne pourra se libérer à temps car, en 0,3 seconde (temps de réaction plutôt court), sa main aura été entraînée sur plus de 1 m. Ce type d’accident survient le plus souvent lorsque des matières végétales obstruent l’entrée de la machine et que le travailleur essaie de la dégager avant l’arrêt complet de la machine.



  Les règles de sécurité relatives aux machines agricoles


Ces règles consistent essentiellement à mettre et à maintenir en place tous les dispositifs et systèmes de protection fournis par le constructeur ou apportés par la suite, à contrôler leur bon fonctionnement de manière régulière et à les entretenir convenablement. Des autocollants devraient être apposés sur les machines et les engins mécanisés pour rappeler ces exigences aux exploitants et aux utilisateurs. Lorsqu’ils doivent être enlevés ou rendus inopérants à des fins de nettoyage, d’entretien ou de réglage, ces dispositifs et ces systèmes seront remis en place sans délai. Les consignes de sécurité devraient être observées rigoureusement. Ainsi, le moteur d’un tracteur devrait être arrêté, les prises de force déclenchées et les systèmes hydrauliques mis hors service avant toute intervention sur l’équipement considéré. Les recommandations du manuel d’utilisation devraient avoir été bien assimilées. Il conviendrait de dispenser aux travailleurs une formation appropriée et, en particulier, de les avoir rendus attentifs aux risques qu’ils peuvent encourir et aux précautions à prendre.

Les constructeurs de tracteurs et de machines agricoles s’efforcent d’améliorer constamment la sécurité et le confort des matériels qu’ils mettent sur le marché. Ainsi, en ce qui concerne plus particulièrement les tracteurs, on peut disposer aujourd’hui de cabines ventilées et climatisées, de filtres à air de cabine dont certains offrent également une protection contre le pollen, de postes de conduite réversibles assurant une meilleure visibilité à l’arrière et sur les côtés, de sièges-passager à suspension, d’une prise de force supplémentaire à l’avant et de divers autres perfectionnements destinés à alléger considérablement la conduite et à la rendre plus sûre.



Les machines agricoles


    ► Les machines agricoles sont conçues pour travailler la terre et la rendre plus propice à la croissance des récoltes, pour semer le grain, pour épandre des produits chimiques qui favorisent le développement des plants ou luttent contre les maladies et les parasites; elles servent aussi à moissonner et à engranger les récoltes. Il existe une très grande variété de machines agricoles qui consistent essentiellement en une combinaison de rouages, d’arbres de transmission, de chaînes, de courroies, de couteaux, de vibreurs, etc., destinés à accomplir une tâche précise; ces organes se trouvent généralement à l’intérieur d’un bâti fixe ou plus souvent mobile. Les principales catégories de machines agricoles sont: les machines de labour, les machines à semer et à planter, à travailler le sol, à récolter les fourrages, les céréales, les fibres végétales, les légumes, les fruits et les noix; les machines de chargement et de transport; les pulvérisateurs de produits chimiques agricoles; et les machines de triage et de conditionnement.

    ► Les machines de labour . Elles comprennent les charrues, les cultivateurs, les sous-soleuses, les herses, les rouleaux, les niveleuses, les calibreuses, etc., et sont conçues pour retourner la terre, la remuer, la tasser ou l’aplanir pour la préparer à l’ensemencement. Ces machines peuvent être soit petites et ne nécessiter dans ce cas qu’une source de faible énergie (comme les motoculteurs pour labourer les rizières), soit beaucoup plus grosses et exiger une source d’énergie considérable, comme les machines combinées fouilleuses-semoirs-herses.

    ► Les machines à planter . Elles comprennent les semoirs simples, les semoirs rayonneurs, les semoirs à la volée, etc., et sont conçues pour reprendre les semences contenues dans un bac ou une trémie et les enfouir dans le sol à une profondeur et un espacement prédéterminés ou pour les répandre uniformément à la surface du sol. Les semoirs peuvent être simples et travailler sur un seul rang à la fois, ou beaucoup plus complexes, comme les semoirs rayonneurs qui traitent simultanément plusieurs rangs et, grâce à divers accessoires, peuvent en outre épandre des engrais, des pesticides ou des désherbants en une seule opération.

    ► Les machines à travailler le sol . Elles comprennent les bineuses rotatives, les cultivateurs, les scarificateurs (mécaniques ou par le feu), etc., et servent à arracher les mauvaises herbes qui envahissent les cultures, leur disputent l’humidité du sol et rendent la récolte plus difficile. Elles servent aussi à remuer la couche superficielle de manière à favoriser la pénétration des eaux pluviales.

    ► Les machines à récolter les fourrages . Ce sont les faucheuses, les hacheuses, les presses, etc. Elles sont conçues pour couper près de leur racine les tiges des fourrages grossiers et les préparer pour la presse ou l’utilisation immédiate. Ces machines sont également d’une complexité très variable. La simple faucheuse ne fait que couper les tiges au niveau des racines, alors que la faucheuse-hacheuse-chargeuse réduit en outre la plante entière en menus morceaux qu’elle charge dans un véhicule ou une remorque attelée à la machine. Les crêpeurs, qui écrasent ou brisent la tige des plantes, servent à activer sur place le processus de séchage des cultures fourragères afin d’éviter leur détérioration, surtout pour les légumineuses destinées à l’entreposage à sec ou à la mise en balles. Les presses à agglomérer servent à comprimer les cultures fourragères pour les transformer en blocs compacts destinés à l’alimentation mécanique du bétail, les presses à balles à mettre le fourrage en balles de forme cylindrique afin d’en faciliter l’entreposage et la manutention. Il y a des balles assez petites (20 à 40 kg) pour être manipulées manuellement, alors que d’autres sont d’un tel poids (400 à 500 kg) qu’elles nécessitent l’utilisation d’engins de manutention mécaniques.

    ► Les machines à récolter les céréales et les fibres végétales. Elles comprennent les moissonneuses, les moissonneuses-lieuses, les cueilleuses-dépanouilleuses d’épis de maïs, les batteuses et les moissonneuses-batteuses. Elles servent à séparer de leurs tiges le grain ou la fibre arrivés à maturité et à les recueillir dans une benne ou des sacs pour les transporter jusqu’au lieu d’entreposage. La récolte des céréales peut nécessiter l’emploi de plusieurs engins tels qu’une moissonneuse-lieuse pour couper les céréales sur pied, des camions pour transporter les gerbes à la batteuse et des élévateurs pour charger les sacs de grain dans des véhicules qui les achemineront au lieu d’entreposage. Il se peut aussi que la plupart de ces opérations soient effectuées par une seule machine, comme la moissonneuse-batteuse-ensacheuse (voir figure 64.25) qui coupe la tige sur pied, sépare les grains de la tige et les déverse dans des sacs tout en avançant dans le champ. Ces machines combinées peuvent aussi déverser les grains dans des véhicules de transport. Les ramasseuses de maïs et de coton n’effectuent qu’une seule opération et, en général, séparent uniquement le grain ou la touffe fibreuse de la tige.

    ► Les machines à récolter les légumes. Elles comprennent les défonceuses et les arracheuses destinées soit à recueillir les récoltes en retournant la terre, soit à arracher toute la plante après l’avoir dégagée. Les arracheuses de pommes de terre, par exemple, peuvent être des machines complexes effectuant le ramassage, le tri, le classement, le nettoyage, l’emballage et le chargement par élévateurs ou bandes transporteuses. A l’autre extrême, il y a l’arracheuse simple de betteraves, à deux roues et à soc, qui doit être suivie par des travailleurs accomplissant le reste des opérations à la main.

    ► Les machines à récolter les fruits et les noix . Elles peuvent consister en un simple vibreur monté sur tracteur qui sépare le fruit mûr de l’arbre, mais aussi en machines très complexes qui récoltent le fruit, interceptent sa chute pour le déposer dans un récipient de stockage et le charger ensuite sur des véhicules de transport.

    ► Les machines de chargement et de transport . Elles sont également de complexité très variables; leur taille peut aller, par exemple, d’une simple plate-forme sur roues à des véhicules autochargeurs effectuant l’empilage des produits. Des sauterelles à chaîne, à barettes ou à bande sont utilisées pour transporter les matériaux encombrants (foin, paille, épis de maïs, etc.) d’un véhicule au lieu de stockage ou d’un bâtiment à un autre. Les élévateurs à vis servent à élever d’un niveau à un autre le grain ou les matières granuleuses; les machines pneumatiques ou soufflantes sont utilisées pour transporter les produits légers ou pulvérulents soit horizontalement, soit verticalement.

    ► Les pulvérisateurs de produits chimiques agricoles . Ils servent à épandre des engrais pour favoriser la croissance, et des désherbants ou des pesticides pour lutter contre les mauvaises herbes et les ravageurs. Ces produits peuvent être liquides, en poudre ou en granulés; les applicateurs agissent soit par pression à travers une buse, soit par application de la force centrifuge. Divers modèles sont transportables à dos d’homme, d’autres sont montés sur des véhicules. L’utilisation d’avions et d’hélicoptères pour épandre les produits chimiques est de plus en plus courante.

    ► Les machines de tri et de conditionnement . Ces machines sont généralement fixes. Elles peuvent être très simples, tel le van mécanique qui trie et nettoie le grain en un seul passage sur une succession de tamis, ou, au contraire, fort complexes, comme le trieur de semences qui non seulement trie et nettoie, mais aussi sépare les différentes espèces de semences. Les machines de conditionnement font généralement partie d’un système perfectionné de tri; elles sont utilisées surtout pour les fruits et les légumes et permettent aussi bien d’envelopper les produits dans du papier que de les ensacher ou de les introduire dans un emballage en matière plastique.

    ► Les sources d’énergie . Les machines fixes placées à proximité d’un réseau de distribution peuvent être actionnées par des moteurs électriques. Cependant, étant donné que de nombreuses machines agricoles sont mobiles et doivent souvent être employées sur de grands espaces, elles sont généralement mues par leur propre moteur à combustion interne ou par le moteur d’un engin auxiliaire, tracteur ou autre. La force motrice du tracteur peut être transmise à la machine par courroie, par chaîne, par engrenage ou par un arbre de transmission. La plupart des tracteurs sont équipés d’une prise de force spécialement conçue à cette fin.


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