
La Population
Introduction
La culture d’une société peut être définie comme étant un ensemble complexe regroupant les traditions, les us et coutumes, les croyances et rites, les pratiques, comportements et attitudes des membres de la société, qu’ils soient des groupes ou des individus. La culture comprend aussi la production scientifique, intellectuelle et artistique de cette société. Tous ces éléments, matériels et immatériels, contribuent à la définition du profil de l’identité culturelle collective de la société. La culture d’une société a, par ailleurs, pour principale caractéristique l’accumulation des éléments précités et l’évolution à travers l’histoire de la société. C’est ainsi que la culture d’une société renferme les grandes étapes, haltes qui jalonnent son histoire à différents moments de sa vie. La culture, telle que définie plus haut, détient la mémoire de la société. Elle en est le dépositaire. Il lui revient de rappeler, à chaque moment, à chaque occasion, la sacralité des choses, des événements, des personnes et des espaces.
La culture étant dynamique, beaucoup de choses peuvent changer, se transformer. Ces changements surviennent par le fait de la rencontre avec d’autres cultures, par l’acculturation et l’influence mutuelle des cultures en contact. Beaucoup de choses peuvent aussi rester stables et inchangées, et de ce fait, se pérenniser. Celles - ci constitueront le socle socio-anthropologique qui confère une spécificité identitaire à la société. C’est dans ce sens que Nadir Marouf considère la culture comme étant un « élément distinctif d’une société par rapport aux autres ». La principale raison que l’on peut invoquer à cela réside dans le rôle que jouent les catégories culturelles, les éléments constitutifs de la culture dans la vie de la société, et dans sa dynamique d’évolution, de changement et d’adaptation.
Les éléments en question jouent un rôle prépondérant dans le maintien de la cohésion sociale et le renforcement des liens sociaux qui constituent le ciment entre les membres de la société et font la longévité et la pérennité de celle-ci, et qui lui permettent aussi de traverser les grandes turbulences de son histoire.
La société garde, ainsi, certaines catégories et éléments culturels et se défait de certains autres dans le cours de son histoire, et cela dans un contexte et un objectif plutôt fonctionnels. C’est-à-dire que la société garde les éléments culturels qui lui sont utiles et servent à sa survie, sa longévité, dans son adaptation et son évolution et perd progressivement, ou se défait de ceux qui ne lui sont plus « utiles ». C’est ainsi que des éléments de la culture, des catégories culturelles, à travers l’histoire de la société, tombent en désuétude et se perdent.
De ce fait, et au-delà de la cohésion sociale et du lien social, la culture est l’élément central permettant à la société de résister aux agressions et/ou violences extérieures, et de faire face au phénomène d’échange et d’acculturation. Ce sont là, dans cette brève introduction des éléments théoriques de l’approche de la culture qui guideront notre présentation ci-dessous, en dehors de toute contingence politique et/ou idéologique qui influerait de quelque manière que ce soit l’argumentation.
La Personnalité Algérienne
Il y a lieu de rappeler que le champ culturel algérien, à l’instar de toute autre culture, est un champ complexe, où se rencontrent plusieurs tendances, et de ce fait, dans un même champ plusieurs catégories culturelles ou sous cultures coexistent, opèrent des échanges et s’influencent les unes les autres.
Le patrimoine culturel algérien est riche par sa diversité géographique, l’Algérie étant un pays très vaste, où , en très peu de temps, nous pouvons passer du littoral au désert, en passant par les régions montagneuses et les hauts plateaux, avec tout ce que cela implique comme différence dans la morphologie de l’espace, dans la typologie du climat, et tout ce que cela implique comme comportement différencié des personnes et des groupes; le patrimoine culturel Algérien est riche aussi de par sa longue histoire millénaire, avec laquelle la société Algérienne est ce qu’elle est aujourd’hui. Cette culture a, de tous temps, joué le rôle de ciment de la société Algérienne et de lien entre ses différentes composantes.
Il est même possible d’avancer, dans le cas de l’Algérie, que la culture a été l’un des fondements de la cohésion sociale et du raffermissement du lien social, tout autant qu’un moteur de changement et un facteur de résistance aux agressions extérieures. Elle a été, tour à tour, tout cela. C’est pourquoi il est et serait judicieux, du point de vue méthodologique, d’adopter une approche historique qui permettrait de passer en revue les différentes étapes de la formation du « corpus » ou « champ culturel », sachant que ce dernier porte, aujourd’hui, les traces de chaque étape, même si ces traces sont parfois imperceptibles.
La mosaïque sociologique ou les sources sociologiques de la diversité
Les berbères constituent la première population ayant occupé ce territoire très vaste, et ayant laissé des traces qui peuvent permettre aux chercheurs d’écrire l’histoire de cette région sur les trois mille dernières années, au moins. Les berbères eux-mêmes sont diversifiés dans l’unicité originelle, tant le territoire berbère s’étendait depuis la Libye jusqu’au Maroc en passant par la Tunisie et le grand territoire de l’Algérie, mais qui s’enfonce aussi jusqu’au Niger et au Mali. Les grandes composantes de cette mosaïque sont :
► 1. Les Kabyles :
Dans le Djurdjura, la Soummam (Tizi Ouzou, Béjaia, Bouira, mais aussi une partie de la wilaya de Sétif, et une partie de la wilaya de Bordj Bou Arreridj, dans les hauts plateaux).
► 2. Les Chaouias :
A travers les territoires des Aurès Nemamchas (à savoir les wilayas de Batna, Tébessa, Khenchela, Oum El Bouaghi, Guelma, Souk Ahras).
► 3. Les Béni M’zab :
Communauté berbère qui vit dans la vallée du M’Zab. Elle a adopté le rite Ibadite, démembrement du rite kharidjite originel, apparu au huitième siècle. Cette communauté a réussi à traverser les siècles et garder intacts tous les repères socio anthropologiques et économiques qu’elle continue de valoriser dans la pratique quotidienne. Il est possible de parler de cette communauté comme une «communauté témoin» de ce que fut la société Algérienne (et Maghrébine) voici des siècles.
► 4. Les Touaregs :
Répartis sur le territoire du Sud Algérien et s’étendant jusqu’au Mali et au Niger. Ils parlent une langue berbère, le tamasheq, et utilisent un alphabet appelé tifinagh. Ils se déplacent dans les déserts du Ténéré, de l'Adrar des Ifoghas, du Hoggar, du Tanezruft, du Tassili n'Ajjer, du Tadmaït et du Tibesti.
► 5. Les Arabes :
La minorité d'entre eux est restée en Algérie, ils se sont installés depuis leur arrivée, à l’aube de l’Islam, dans presque toutes les régions du pays, Est, Ouest, Nord et Sud.
Il y a lieu de rappeler la dissémination de chacune des différentes catégories sociales ci dessus à travers le territoire du pays. Il n’y a pas une ville, un village en Algérie où il ne vit pas une communauté de Kabyles, de Chaouias ou de Béni M’Zab et d’Arabophones, de sorte qu’en dehors des fiefs de ces communautés, à l’instar des villages berbères reculés, le brassage est total, et les populations, coexistent, vivent ensemble, travaillent ensemble et font des alliances matrimoniales sans grande réticence.
La population et l’urbanisation :
La population exerce généralement des pressions importantes sur l’environnement. Elle est affectée par les pollutions et autres dégradations de l’environnement. La présentation des statistiques de base sur la population et l’urbanisation du pays permet une meilleure compréhension des défis environnementaux auxquels le pays fait face. La population résidente des ménages ordinaires et collectifs, recensée au 25 juin 1998 s’élève à 29 100 000 personnes. Au recensement du 20 mars 1987, elle était de 22 714 320 personnes.
La population urbaine en Algérie et l’urbanisation :
La population algérienne a été multipliée par trois en l’espace de trente huit années. Malgré le ralentissement de son rythme d’accroissement, la population urbaine a continué sa progression en 1998, elle a enregistré durant la période 1987-1998, une augmentation relative de 32,25%, alors que la progression de la population rurale est restée très lente (+4,57% en 11 ans).
Cette croissance démographique rapide, accentuée par une urbanisation accélérée, ne peut être considérée isolément, en raison de son interaction avec le développement à tous les niveaux.
La nature et l’intensité de l’influence des populations humaines sur l’environnement dépendent en grande partie de leur concentration, leur genre de vie, leur mode d’utilisation des terres et des ressources, ainsi que leur exploitation.
La répartition géographiques :
La structure spatiale du pays, entièrement polarisée sur le Nord et plus particulièrement sur la bande côtière est retracée par le tableau ci-dessus. La densité moyenne dans la bande littorale en 1998 est de 273 habitants/km², alors que la densité moyenne nationale est de 12,4 habitants au km2.
Neuf algériens sur dix vivent dans le Nord du pays, dans le nord de l’Atlas saharien (sur le littoral), sur un peu plus d’un dixième de la superficie du pays (12,6%. Inversement, un dixième seulement de la population vit dans plus de 2 000 000 de km² (soit sur 88% du territoire). Cette structure géographique profondément déséquilibrée indique l’importance du problème d’aménagement du territoire auquel l’Algérie a commencé à faire face.
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