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Ressources Naturelles   (6/9)

 

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LES RISQUES POUR LA SÉCURITÉ PHYSIQUE


Les conditions climatiques, le bruit et les vibrations sont autant de facteurs de risque inhérents au travail forestier. Le degré d’exposition à de tels risques varie grandement selon la nature des tâches et l’équipement utilisé. Nous prendrons ici l’exemple de la coupe du bois, en distinguant entre travail manuel, travail motorisé (surtout à l’aide de scies à chaînes) et travail mécanisé.


  Le travail manuel



Les conditions climatiques

Le fait de travailler en plein air, dans des conditions climatiques variables, présente à la fois des côtés positifs et négatifs. Il est agréable de travailler dehors par beau temps, mais il en va tout autrement lorsque le temps est mauvais.

Le travail par grande chaleur aggrave le stress résultant d’un travail déjà pénible. Le rythme cardiaque tend à augmenter pour maintenir constante la température du corps, et la transpiration cause une perte de liquides organiques. Une personne qui travaille par temps chaud peut avoir besoin de boire jusqu’à un litre d’eau par heure pour éviter la déshydratation.

Avec le froid, par contre, les muscles fonctionnent mal. Le risque d’accidents et de traumatismes du système musculo-squelettique augmente. En outre, la dépense énergétique s’accroît sensiblement, car le maintien de la chaleur corporelle consomme beaucoup d’énergie.

La pluie, surtout quand elle se conjugue au froid, augmente les risques d’accident parce que l’on tient moins bien les outils en main. Elle contribue aussi à l’engourdissement du corps.

Il est indispensable que le travailleur forestier porte des vêtements adaptés au climat pour se protéger de l’humidité et du froid. En période de chaleur, par contre, des vêtements légers suffisent, à condition de disposer d’une protection suffisante contre les épines, les branches et les plantes irritantes. Les quartiers d’hébergement doivent être pourvus d’un nombre suffisant de machines à laver et à sécher. Dans de nombreux pays, l’amélioration du confort des camps a permis d’éliminer beaucoup de problèmes rencontrés par les travailleurs.

Il est très difficile de définir des conditions climatiques accep-tables en se fondant uniquement sur la température. D’une part, celle-ci varie fortement d’un endroit à l’autre de la forêt. D’autre part, divers facteurs influent sur l’état d’un individu, comme l’humidité, le vent et les vêtements portés.


Les risques liés à l’outillage

Le bruit, les vibrations et les gaz d’échappement, bien entendu, ne sont pas des problèmes lorsque le travail forestier s’effectue manuellement. Par contre, le coude et la main sont particulièrement vulnérables aux chocs transmis par les outils lorsque ceux-ci heurtent un nœud ou une pierre, par exemple en cas d’ébranchage à la hache et pendant la plantation.



  Le travail avec des outils motorisés


On entend par là le travail accompli avec un appareil à moteur tenu à la main: scie à chaîne, débroussailleuse, etc. L’exposition aux conditions climatiques est la même que pour le travail manuel; les besoins en matière de vêtements et d’hébergement sont par conséquent identiques. Un problème particulier qui se pose, toutefois, est celui de la nécessité de porter un équipement de protection individuelle par temps chaud. Il existe, d’autre part, des risques directement liés aux machines utilisées.

Le bruit produit par une scie à chaîne ou une débroussailleuse pose un problème sérieux. Dans le cas de la plupart des scies à chaîne d’usage courant, il dépasse 100 dBA et le travailleur y est exposé pendant deux à cinq heures par jour. Il est difficile d’atténuer le niveau sonore de ces instruments sans les alourdir sensiblement et sans les rendre d’usage incommode. Le port de protecteurs d’ouïe est donc essentiel. Beaucoup d’utilisateurs de scies à chaîne souffrent néanmoins de déficit auditif. En Suède, environ 30% d’entre eux ont de graves problèmes d’ouïe. On relève aussi des chiffres élevés dans d’autres pays, mais qui varient selon la définition que l’on donne de la perte d’audition, la durée d’exposition, le port de protecteurs d’ouïe, etc.

Les vibrations sont un autre inconvénient des scies à chaîne. La sensation de «doigt mort» qui en résulte est un handicap sérieux pour certains travailleurs forestiers qui utilisent ce genre d’engin. Sur les scies à chaîne modernes, cet effet a été en grande partie supprimé grâce à l’installation d’amortisseurs efficaces (et de poignées chauffantes, dans les climats froids). En Suède, par exemple, ces améliorations ont permis de ramener à 7 ou 8% la proportion d’utilisateurs souffrant du syndrome du «doigt mort», ce qui correspond au chiffre enregistré en général dans la population. D’autres pays font état de chiffres plus élevés, mais cela tient sans doute au fait qu’ils n’utilisent pas de scies à chaîne modernes munies de dispositifs antivibration.

Le problème se pose aussi pour les débroussailleuses et les scies à élaguer; toutefois ces engins n’ont pas fait l’objet d’études approfondies, car leur durée d’utilisation est généralement réduite.

Des chercheurs ont souligné le risque d’une perte de force musculaire sous l’effet des vibrations, parfois même en l’absence de symptômes d’engourdissement.



  Le travail mécanisé


Il est plus facile de se protéger des rigueurs du climat lorsque les machines sont équipées d’une cabine, puisque celle-ci peut être isolée du froid, climatisée, dotée d’un filtre antipoussières, etc. Toutefois, comme ces perfectionnements sont coûteux, la plupart des machines anciennes et une bonne partie des nouvelles machines n’en bénéficient pas, ce qui laisse le conducteur exposé au froid, à la chaleur, à la pluie et à la poussière.

En ce qui concerne le bruit, les solutions sont les mêmes. Pour les engins mis en service dans des climats froids, par exemple dans les pays nordiques, il est prescrit une isolation thermique efficace; ils sont aussi le plus souvent bien protégés contre le bruit, le niveau sonore dans la cabine ne dépassant pas 70 à 75 dBA. Sans cette protection, en revanche, le bruit peut atteindre des niveaux très élevés, supérieurs à 100 dBA.

Le problème de la poussière se pose principalement dans les régions chaudes et sèches. Une bonne isolation thermique ou acoustique offre aussi une protection efficace contre la poussière et une légère surpressurisation de la cabine permet d’obtenir des résultats encore meilleurs.

En forêt, les irrégularités du sol, les mouvements de la grue et d’autres parties mobiles de la machine, ainsi que les organes de transmission sont sources de vibrations transmises au corps entier de l’opérateur. En outre, lorsque la machine franchit un obstacle, par exemple un rocher, les chocs reçus peuvent entraîner des douleurs lombaires, fréquentes chez les conducteurs de véhicules tout-terrain — débusqueuses, débardeuses, etc. Les vibrations augmentent aussi le risque de troubles d’hypersollicitation dans le cou, les épaules, les bras ou les mains. L’intensité des vibrations s’accroît sensiblement avec la vitesse du véhicule.

Pour réduire les vibrations, les cabines des machines utilisées dans les pays nordiques sont équipées de sièges amortisseurs. On peut aussi atténuer les chocs produits par la grue en améliorant le mécanisme pour obtenir un fonctionnement plus doux et en appliquant de meilleures techniques de travail. Ces modifications en outre prolongent la vie du véhicule et de son équipement. Il convient de signaler enfin l’innovation que constitue la «cabine Pendo», dont le montage suspendu permet de l’isoler des sources de bruit et de la protéger plus facilement des vibrations. Les résultats sont concluants.

Il existe d’autres moyens pour réduire les chocs engendrés par la circulation sur un sol inégal, comme les systèmes «intelligents» de suspension et de transmission. Le but de ces derniers est d’atténuer les dégâts pour le milieu ambiant, mais ils permettent aussi d’améliorer le confort du conducteur. En règle générale, les machines de moindre coût sont aussi de conception plus rustique et donc moins bien isolées du bruit, de la poussière et des vibrations. Ces dernières peuvent aussi poser un problème quand elles s’exercent dans les poignées et les commandes.

Si aucun moyen technique n’est appliqué pour limiter les risques, il ne reste qu’une solution: réduire la durée d’exposition, par exemple en instaurant une rotation des postes.

Il existe des listes de contrôle ergonomique utiles pour évaluer les engins forestiers, guider l’acheteur et favoriser l’adoption de machines mieux conçues (voir Apud et Valdés, 1995).



  La combinaison de tâches manuelles, partiellement motorisées et mécanisées


Dans beaucoup de pays, les travailleurs manuels cohabitent sur le chantier avec des opérateurs de scies à chaîne ou d’engins mécaniques. Alors que ceux-ci sont assis dans une cabine ou disposent d’un équipement de protection, ce qui les protège notamment contre le bruit, tel n’est pas le cas en général des travailleurs manuels. Lorsque, en outre, les distances de sécurité par rapport aux machines ne sont pas respectées, il existe un risque élevé de dommages auditifs et d’accidents pour ces derniers.



  La rotation des postes


Tous les risques susmentionnés augmentent avec la durée d’exposition. La rotation des postes est donc une excellente mesure de prévention qui ne doit cependant pas faire oublier la nécessité d’agir également pour réduire les risques.


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