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Ressources Naturelles   (4/9)

 

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LA PLANTATION D’ARBRES


Planter des arbres est l’opération qui consiste à mettre en terre des jeunes plants ou des arbustes. Habituellement, le but est de reboiser une surface après exploitation, de boiser pour la première fois une parcelle pour en changer l’exploitation ou pour lutter contre l’érosion en terrain en pente, par exemple. Une opération de plantation peut porter sur plusieurs millions d’unités. Elle peut être exécutée par des exploitants privés au service des propriétaires fonciers, par des entreprises de pâtes et papiers, des services forestiers d’Etat, des organismes non gouvernementaux ou des coopératives. Dans certains pays, la plantation d’arbres est devenue une véritable industrie. Il ne sera pas question ici de la plantation de gros arbres, qui relève plus du paysagisme que de la foresterie.

Les travailleurs participant à cette opération sont, outre les planteurs, le personnel assurant le transport et l’entretien des plants, le personnel auxiliaire et de logistique (gestion, cuisine, conduite et entretien des véhicules, etc.) et les contrôleurs de la qualité. Les femmes représentent entre 10 et 15% du personnel de plantation. Pour illustrer la place occupée par l’industrie et l’ampleur prise par cette activité dans des régions où la foresterie est un moteur de l’économie, il suffit de rappeler que le gouvernement du Québec (Canada), en 1988, s’était donné pour objectif de mettre en terre 250 millions de plants.



  Le matériel de reproduction


Il existe plusieurs techniques pour produire des plants ou de jeunes arbres, et les conditions dans lesquelles s’effectue la plantation varient en conséquence. Sur terrain plat, on peut utiliser des machines. Le rôle du travailleur se limite alors à approvisionner la machine à la main ou simplement à contrôler la qualité du travail. Dans la plupart des pays et des situations, cependant, la préparation du terrain se fait à la machine, mais la plantation proprement dite s’effectue toujours manuellement.

Pour la majorité des opérations de boisement, ou de reboisement à la suite d’un incendie de forêt ou d’une coupe à blanc, par exemple, la hauteur des plants, qui peuvent être à racines nues ou cultivés en pot, varie de 25 à 50 cm. Dans les pays tropicaux, les pots utilisés ont une capacité généralement comprise entre 600 et 1 000 cm3. Ils sont disposés sur des plateaux en plastique ou en polystyrène qui peuvent habituellement en contenir entre 40 et 70. Certains usages nécessitent des plants de plus grande taille, de 80 à 200 cm, habituellement à racines nues.

La plantation d’arbres est saisonnière, car elle dépend des précipitations et de la température. Dans la majorité des régions, elle s’étend sur une période de 30 à 90 jours. Bien que l’on puisse, à première vue, la considérer comme une activité secondaire, il s’agit en fait d’une opération d’importance stratégique à long terme, sur les plans tant de l’environnement que des recettes générées dans les régions où la foresterie est une activité économique majeure.

Les paragraphes qui suivent traitent essentiellement de l’expérience canadienne, mais beaucoup de constatations faites peuvent être étendues à d’autres pays ayant des conditions géographiques et économiques comparables. Certaines pratiques en vigueur dans les pays en développement ainsi que les problèmes de sécurité et de santé qui se posent sont également évoqués ci-après.



  Les méthodes de plantation


Une étude approfondie des lieux est indispensable pour pouvoir fixer des objectifs réalisables. Un examen superficiel risque de ne pas révéler les difficultés dues au terrain, qui ralentiront par la suite la plantation et rendront le travail des planteurs plus difficile. Il existe plusieurs méthodes pour planter de grandes superficies. L’une d’elles consiste à former une rangée de 10 à 15 planteurs régulièrement espacés, qui avancent à la même vitesse; un travailleur est chargé d’approvisionner l’équipe en plants, habituellement au moyen d’un petit véhicule tout-terrain. Une autre technique courante consiste à grouper les planteurs par équipes de deux qui vont chercher et transportent elles-mêmes leur réserve de plants. Les travailleurs expérimentés savent comment espacer leurs réserves pour éviter de perdre du temps lorsqu’ils s’approvisionnent en plants. Il n’est pas recommandé de travailler seul pour cette opération.



  Le transport des plants


Un travail efficace de plantation nécessite un approvisionnement constant en plants. Ceux-ci arrivent par lots de plusieurs milliers des pépinières; ils sont acheminés sur des camions ou des camionnettes jusqu’au point où s’arrête la route. Les plants doivent être déchargés rapidement et arrosés régulièrement. Pour les transporter du dépôt principal jusqu’au chantier, on utilise parfois des engins forestiers transformés ou de petits véhicules tout-terrain. En l’absence de transport mécanisé, comme cela peut être le cas dans de nombreux pays en développement, ces plants doivent être portés à dos d’homme. La tâche étant particulièrement pénible, il importe d’utiliser des harnais de portage appropriés pour limiter la fatigue et les risques pour la santé. Chaque planteur doit porter entre quatre et six plateaux jusqu’à sa parcelle. Les planteurs étant pour la plupart payés à la pièce plantée, il est de leur intérêt de limiter le temps passé à se déplacer et à s’approvisionner en plants, temps qui ne leur rapporte rien.



  L’équipement et l’outillage


L’équipement de base d’un planteur se compose d’une bêche ou d’un plantoir (tube en métal légèrement conique fixé à l’extrémité d’un manche, qui sert à faire dans le sol des trous ayant à peu près la dimension des plants), de deux ou trois plateaux pour transporter les plants fixés sur un harnais, et d’une tenue de protection (bottes à embout renforcé, gants, etc.). Lorsqu’il s’agit de plants à racines nues, on utilise à la place du harnais un seau qui contient suffisamment d’eau pour recouvrir les racines, que l’on porte à la main. Divers types de houes sont aussi couramment employés pour les plants à racines nues, en Europe et en Amérique du Nord. Certains outils sont fabriqués par des entreprises spécialisées, mais beaucoup d’autres, de production locale ou destinés en fait au jardinage et à l’agriculture, présentent des défauts de conception, tels qu’un poids excessif ou une longueur inadéquate. Le tableau 68.4 donne une idée du poids moyen transporté.


Tableau 68.4 Chargement normal d’un planteur d’arbres

 
  Elément Poids en kg  
       
  Harnais de portage 2,1  
  Trois plateaux de 45 pots 12,3  
  Outil courant (plantoir) 2,4  
  Total 16,8  
       
       

  Le cycle de plantation


Le cycle de plantation se définit comme la suite d’opérations à exécuter pour mettre un plant en terre. L’état des lieux — pente, nature du sol, couverture végétale — influe sensiblement sur la productivité. Au Canada, celle-ci varie de 600 plants par jour chez un débutant à 3 000 plants par jour chez un planteur expérimenté. On peut diviser le cycle comme suit:

Choix d’un microemplacement. Cette détermination, essentielle à la survie du jeune arbre, repose sur plusieurs critères pris en compte par les contrôleurs de la qualité, notamment la distance par rapport au plant qui précède et aux pousses naturelles, la proximité de matériaux organiques, l’absence de débris aux alentours et la nécessité d’éviter un terrain trop sec ou inondé. Le planteur doit respecter tous ces critères pour chaque arbre mis en terre, faute de quoi il s’expose à une pénalité.

Creusement du trou . Le planteur fait un trou dans le sol à l’aide d’un outil. Il existe deux façons de procéder, en fonction du type de poignée et de la longueur du manche. L’une consiste à peser de tout le poids du corps sur une barre de fer placée à la base de l’outil pour le faire pénétrer dans le sol; l’autre à lever l’outil à bout de bras avant de l’abattre dans le sol. Pour éviter que de la terre ne tombe dans le trou lorsqu’ils retirent l’outil, les planteurs ont pour habitude de lisser les parois en faisant tourner l’outil sur son axe d’un mouvement du poignet, ou d’évaser l’ouverture d’un mouvement circulaire du bras.

Mise en terre . S’il n’en tient pas déjà un à la main, le planteur prélève un plant, se penche, le dépose dans le trou et se redresse. Le plant doit être vertical, bien piqué dans le sol et ses racines être entièrement recouvertes. Il est à noter que l’outil joue un rôle secondaire non négligeable en tant que point d’appui pour le planteur lorsqu’il se penche et se redresse, ce qui ménage ses muscles dorsaux. Pendant le travail, le dos peut être droit ou courbé, selon la longueur du manche et le type de poignée.

Compactage du sol . Le planteur tasse la terre autour du plant pour bien le fixer dans le trou et pour éliminer l’air qui risquerait de faire sécher les racines. Bien que l’on recommande de simplement piétiner le pourtour, les planteurs ont plus souvent tendance à battre fortement le sol de la semelle ou du talon.

Passage à l’emplacement suivant . Le planteur se rend à l’emplacement suivant, situé en principe à environ 1,8 m plus loin. Une personne expérimentée parvient habituellement à évaluer la distance au jugé. Tout en avançant, le planteur doit repérer les obstacles, prévoir un chemin de contournement ou trouver un autre moyen de les franchir. A la figure 68.12, un planteur situé au premier plan s’apprête à déposer un plant dans le trou. A l’arrière-plan, un autre se prépare à creuser le sol avec un outil à manche droit. L’un et l’autre transportent les plants sur des plateaux suspendus à un harnais de portage. Les plants et le matériel peuvent au total peser plus de 16 kg (voir tableau 68.4). On remarquera aussi que les planteurs sont habillés des pieds à la tête pour se protéger des insectes et du soleil.


Figure 68.12 Planteurs d'arbres au travail au Canada




  Les risques, les effets et les mesures de prévention


Très peu d’études sur la sécurité et la santé des planteurs d’arbres ont été effectuées dans le monde. Bien qu’il s’agisse d’une tâche en apparence bucolique, la plantation d’arbres, à l’échelle industrielle, peut être une activité pénible et dangereuse. D’après une étude novatrice conduite par Smith (1987) sur cette question peu connue en Colombie-Britannique, 90% des 65 personnes interrogées ont déclaré avoir été victimes pendant leur vie de planteur d’au moins une maladie, une blessure ou un accident d’origine professionnelle. Dans le cadre d’une étude analogue menée par l’Institut de recherche en santé et sécurité du travail (IRSST) du Québec (Giguère et coll., 1991, 1993), 24 planteurs sur 48 ont déclaré avoir subi une blessure liée à leur travail au cours de leur vie professionnelle. Au Canada, 15 planteurs d’arbres sont morts en activité entre 1987 et 1991, de diverses causes: accidents de la route (7); animaux sauvages (3); chutes de foudre (2); incidents dus aux conditions de logement (incendie, asphyxie) (2); et coup de chaleur (1).

Bien qu’elles soient rares et qu’elles portent seulement sur un petit nombre de travailleurs, les quelques enquêtes relatives aux indicateurs physiologiques de la fatigue (rythme cardiaque, paramètres hématologiques, niveau d’activité des enzymes sériques) amènent à conclure que la plantation d’arbres est un travail éprouvant pour le système cardio-vasculaire et le système musculo-squelettique (Trites, Robinson et Banister, 1993; Robinson, Trites et Banister, 1993; Giguère et coll., 1991; Smith, 1987). Banister, Robinson et Trites (1990) décrivent le syndrome d’épuisement des planteurs comme un état résultant d’une déficience hématologique et caractérisé par des symptômes de léthargie, de défaillance et d’étourdissements comparables au syndrome d’épuisement surrénalien des sportifs (on trouvera chez Apud et Valdés, 1995, des indications sur la situation au Chili, et chez Saarilahti et Asghar, 1994, des renseignements concernant le Pakistan).

Facteurs organisationnels . Les longues journées de travail, les trajets entre le logement et le lieu de travail et la rigueur des contrôles de la qualité, ajoutés à la pratique de la rémunération à la pièce (très répandue dans les entreprises de plantation), peuvent mettre en danger l’équilibre physiologique et psychologique de l’individu et causer une fatigue et un stress chroniques (Trites, Robinson et Banister, 1993). L’adoption de bonnes méthodes de travail et de courtes pauses à intervalles réguliers améliorent le rendement quotidien et limitent les risques d’épuisement.

Accidents et blessures . Le tableau 68.5 donne un aperçu de la nature et des causes des accidents et des blessures déclarés par les planteurs ayant participé à l’étude réalisée au Québec. Lorsqu’on examine l’importance relative des accidents selon la partie du corps touchée, on s’aperçoit que les extrémités inférieures (genoux, jambes, chevilles et pieds) sont plus fréquemment atteintes que les extrémités supérieures. Le milieu de travail favorise les faux pas et les chutes. Les blessures attribuables à des efforts trop violents et les lésions provoquées par des outils, des déchets de coupe ou des débris au sol doivent aussi être prises en considération.


Tableau 68.5 Fréquence des accidents subis par les planteurs d’arbres, selon le siège
de la lésion (en pourcentage, sur 122 cas signalés par 48 sujets au Québec)

 
  Rang Partie du corps % du total Causes  
           
  1 Genoux 14 Chutes, heurts contre un outil, compactage du sol  
  2 Peau 12 Ampoules et abrasions, morsures et piqûres d’insectes, coups de soleil, gerçures  
  3 Yeux 11 Insectes, insectifuges, brindilles  
  4 Dos 10 Flexions fréquentes du dos, transport d’une charge  
  4 Pieds 10 Compactage du sol, ampoules  
  5 Mains 8 Gerçures, écorchures par contact avec le sol  
  6 Jambes 7 Chutes, heurts contre un outil  
  7 Poignets 6 Pierres cachées  
  8 Chevilles 4 Faux pas et chutes, obstacles cachés, heurts contre un outil  
  9 Autres 18  
  Source: Giguère et coll., 1991, 1993.  
           
           

Une bonne préparation du terrain, qui doit être exempt de buissons et d’obstacles gênants, permet d’accélérer la plantation et de réduire les accidents. Les déchets devraient être déposés en tas et non en andains pour faciliter les mouvements des planteurs sur les lieux. Les outils devraient avoir un manche droit et être de couleur bien visible afin d’éviter les accidents. Les chaussures et les bottes devraient être suffisamment robustes pour protéger les pieds du contact répété avec l’outil et des chocs lors du tassement du sol; des tailles appropriées pour les hommes et les femmes devraient être disponibles et les semelles devraient être antidérapantes pour la marche sur les pierres ou les souches humides. Les gants sont utiles pour protéger contre les ampoules, les coupures et les meurtrissures causées par le piquage des plants; ils facilitent aussi la manipulation des plans de conifères ou d’épineux.

Camp et travail en plein air . Dans beaucoup de pays, dont le Canada, les planteurs doivent souvent vivre dans un camp. Le travail en plein air nécessite une protection contre le rayonnement solaire (lunettes, chapeau, écran solaire) et contre les morsures et piqûres d’insectes. L’exposition à la chaleur peut aussi être une cause de contrainte thermique et les mesures de protection devraient inclure la modification des horaires travail-repos et la disponibilité de boissons pour éviter la déshydratation.

Il est important de disposer sur les lieux de matériel de premiers soins et de personnel ayant reçu une formation en secourisme, sachant traiter les urgences telles que coups de chaleur et réactions d’hypersensibilisation causées par le venin de guêpe ou de serpent. Avant de les envoyer dans des régions isolées, on devrait vérifier si les planteurs sont vaccinés contre le tétanos et s’ils sont sujets à des allergies. Il est indispensable d’établir un système de communication d’urgence, des procédures d’évacuation et un signal de rassemblement (en cas d’incendie de forêt, de tempête ou d’orage soudain, ou de présence d’animaux dangereux).

Risques chimiques . L’utilisation de pesticides et de fongicides pour protéger les plants (pendant la période de culture et d’entreposage) présente des risques pour les personnes qui manipulent des plants fraîchement traités (Robinson, Trites et Banister, 1993). L’utilisation répétée d’une lotion ou d’un pulvérisateur insectifuges peut également causer une irritation oculaire.

Problèmes physiologiques et du système musculo-squelettique. Bien qu’il n’existe aucune étude épidémiologique établissant une relation entre l’existence de problèmes du système musculo-squelettique et le travail de plantation d’arbres, les efforts violents liés au transport de charges, ainsi que les différentes postures et le travail musculaire que nécessitent les étapes successives de la plantation, constituent sans aucun doute des facteurs de risque, lesquels sont aggravés par la nature répétitive du travail.

Les flexions et extensions extrêmes des poignets qui surviennent, par exemple, lors de la saisie des plants sur le plateau, et les chocs qui sont transmis aux mains et aux bras lorsque le plantoir heurte une pierre enfouie dans le sol peuvent être la source de problèmes biomécaniques au niveau des membres supérieurs. Le poids total transporté, la fréquence des mouvements de levage, le caractère répétitif et physique du travail et, surtout, les efforts musculaires intensifs à fournir pour faire pénétrer le plantoir dans la terre ajoutent à la fatigue musculaire des membres supérieurs.

Certaines affections lombaires peuvent résulter des flexions répétées du dos. La manipulation des plateaux de plants (qui pèsent entre 3 et 4 kg chacun lorsqu’ils sont pleins) au moment du déchargement des camions de livraison est aussi un facteur de risque. Le transport d’une charge avec un harnais favorise aussi l’apparition de douleurs dorsales, surtout si le poids n’est pas convenablement réparti sur les épaules et autour de la taille.

L’effort musculaire imposé aux membres inférieurs est évidemment intense. Le fait de marcher plusieurs kilomètres par jour en transportant une charge sur un terrain inégal, parfois en montée, est souvent pénible. De plus, le travail oblige à fléchir fréquemment les genoux, et les pieds sont constamment en mouvement. Avant de faire un trou, la plupart des planteurs se servent de leurs pieds pour pousser de côté les débris qui se trouvent à terre. Ils se servent aussi de leurs pieds pour peser sur l’outil afin qu’il entre mieux dans le sol et pour tasser celui-ci autour du plant fraîchement mis en terre.

La prévention des problèmes du système musculo-squelettique passe par une diminution des efforts en ce qui concerne le poids de la charge, la fréquence des transports et la distance à parcourir, ainsi que par une optimisation des postures de travail, laquelle implique l’utilisation de méthodes et d’outils de travail appropriés.

Si les plants doivent être transportés dans un seau, par exemple, on peut remplacer l’eau par de la tourbe humide pour réduire la charge. Au Chili, on a réussi à augmenter la productivité de 50% en remplaçant les lourdes caisses en bois par des cartons plus légers (Apud et Valdés, 1995). Il faut aussi veiller à ce que les outils soient bien adaptés à la tâche. Lors d’une opération de reboisement au Pakistan (Saarilahti et Asghar, 1994), le remplacement de la pioche et de la pelle par une espèce de houe spécialement conçue a permis de diminuer de moitié l’effort de travail et d’améliorer le rendement de 100%. Le poids des outils est aussi très important. Au cours d’une enquête effectuée sur le terrain au Québec, par exemple, on a constaté que le poids des plantoirs était compris entre 1,7 et 3,1 kg; cela signifie qu’en choisissant le modèle le plus léger et, à raison de 1 000 mouvements par jour, on peut diminuer de 1 400 kg le poids total soulevé quotidiennement.

Les outils munis d’un manche long et droit sont préférables car, lorsqu’ils heurtent une pierre enterrée, la main glisse sur la poignée au lieu de subir le choc. Une poignée lisse et conique offre une prise optimale pour une forte proportion d’individus. L’Institut canadien de génie forestier (Forest Engineering Research Institute) recommande l’emploi d’outils réglables absorbant les chocs, mais signale qu’aucun n’était en usage au moment de son enquête de 1988 (Stjernberg, 1988).

Il faut aussi apprendre aux planteurs à adopter de meilleures postures. Pour limiter l’apparition de problèmes du système musculo-squelettique, par exemple, ils pourront utiliser le poids du corps pour enfoncer le plantoir au lieu de recourir à l’effort musculaire; ils éviteront de faire travailler leur dos en torsion ou leurs bras en extension complète, ou de planter face à la pente et se serviront du plantoir comme appui lorsqu’ils devront se pencher. Tant que les planteurs débutants ne sont pas suffisamment entraînés, ils ne devraient pas être rémunérés à la pièce.


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