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Que veut dire cette expression ? 61 à 71


 

 

  61 - Rire comme une baleine


Les expressions faisant référence à des animaux, telles que “rire comme une baleine”, se fondent généralement sur une caractéristique prononcée de l'animal. De nombreuses baleines sillonnent les eaux du monde. Leur arrive-t-il de rire, comme le suggère la formule ? Si oui, comment font-elles ? Est-ce qu’une espèce “rieuse” aurait inspiré la locution ? Nous avons recherché les origines de l’expression. Mais la vérité pourrait bien se trouver ailleurs que dans les profondeurs de l’océan…

“Rire comme une baleine“ et sa variante “se tordre comme une baleine” signifient rire aux éclats, la bouche grande ouverte et bruyamment. Les deux expressions renvoient l’image d’une personne qui rit à gorge déployée, en se tortillant sur elle-même, qui se “bidonne”. Les premières occurrences de la locution remontent au XIXe siècle mais sans que son origine ne soit véritablement établie.    



  62 - Passer du coq à l’âne


Couronné d’une crête, le coq porte fièrement son plumage flamboyant. Les oreilles dressées sur le crâne, l’âne affiche un discret pelage gris. A priori, le roi de la basse-cour et le roturier bourricot, n’ont rien en commun. Pour quelle raison une expression française réunit des animaux aussi différents ? Que signifie la locution ? Et quelle est son origine ? Enquête sur la paternité d’une expression très utilisée dans le langage populaire.

“Passer du coq à l’âne” ou “sauter du coq à l’âne” signifie passer soudainement d'un sujet à un autre sans lien évident, sans transition ni liaison. Pour la petite histoire, les Anglo-saxons disent “cock-and-a-bull”, coq et un taureau. Si, aujourd’hui, la locution verbale qualifie l’action de tenir des propos incohérents et décousus qui perturbent la bonne intelligence d’un discours, il n’en n’a pas toujours été ainsi.    



  63 - Caractère de cochon


De nombreuses expressions françaises évoquent ce sympathique animal de la famille des suidés. Parmi les locutions les plus courantes dans le langage populaire figure “avoir un caractère de cochon”. Que sous-entend cette phrase ? Quelle est son origine ? Reflète-t-elle la réalité ?

Une personne ayant un caractère de cochon se comporte de façon désagréable, se fâche pour une broutille, s’emporte pour un rien. En résumé, elle a mauvais caractère. C’est surtout dans la littérature du XIXe siècle que la formule était fréquemment utilisée, faisant initialement référence au verrat. Pourquoi ? Car ce porc non châtré et employé pour la reproduction, avait la réputation de devenir agressif et irascible avec l’âge. Ainsi, “Écumer comme un verrat”, une autre expression répandue à l’époque, signifiait se laisser facilement aller à la colère et aux débordements d'humeur.    



  64 - Politique de l’autruche


La politique de l’autruche est une expression souvent utilisée dans le langage populaire. En réalité, cette fameuse locution se fonde sur une interprétation erronée du comportement de l’oiseau qui plonge sa tête dans le sable.

Pour comprendre la formule “politique de l’autruche”, il est important de bien connaître cette espèce originaire d’Afrique. Appartenant à la famille des struthionidés, l'animal détonne à plus d’un titre. D’abord par sa taille qui en fait le plus gros oiseau du monde : le mâle peut en effet mesurer jusqu'à 2,80 mètres de haut et peser 150 kg. Et bien que portant un plumage, comme tous les volatiles, l’autruche ne peut pas voler. L’oiseau terrestre (ou coureur) partage cette particularité avec tous les autres membres du groupe des ratites parmi lesquels figurent le kiwi, le nandou, l'émeu et le casoar.    



  65 - Le loup hurle à la lune


L'unique satellite naturel de notre planète, la lune, fascine les Hommes depuis longtemps et alimente les mythes et les légendes. Certaines de ces histoires font intervenir la figure du loup. C’est en leur sein que l’on trouve de la matière pour expliquer pourquoi on dit que le loup hurle à la lune. Examinons tout cela d’un peu plus près.

Dans la mythologie nordique, deux loups, l’un nommé Hati “haine” et l’autre Sköll “répulsion”, poursuivent chacun sans relâche la Lune et le Soleil. C’est grâce à eux que le cycle naturel des jours et des nuits s’entretient régulièrement. Odin donna au Soleil et à la Lune deux chariots pour traverser le ciel et apporter la lumière au monde. Mais ces deux dieux se montraient distraits par la beauté du monde et s'arrêtaient régulièrement pour le contempler. Or, sans ryhtme régulier, ni dieux ni humains ne savaient quand dormir et quand rester éveillé. Odin tenta de les menacer, en vain. Loki, le dieu de la ruse, trouva la solution en demandant à Hati et Sköll de poursuivre le Soleil et la Lune, en leur promettant que s’ils arrivaient à les rattraper, ils pourraient les dévorer. Dans cette légende, loup et lune sont étroitement liés, sans qu’il soit question de hurlement ou de cycle de lune. Les loups-garous ont sans doute plus à nous apprendre.    



  66 - Remède de cheval


Allié de l’homme à la guerre, en politique et au travail, le cheval a été l’un des premiers animaux à faire l’objet d’ouvrages vétérinaires. De l’antiquité à la révolution industrielle, un équidé malade ou blessé portait toujours préjudice à son propriétaire, d’où la nécessité de lui apporter des soins. Face à la taille et à la force du mammifère, il n’y a rien d’étonnant à ce que des traitements puissants lui aient été administrés.

On utilise l’expression “un remède de cheval” pour désigner un traitement dur et sévère mais efficace. La locution implique que des grands moyens sont déployés pour combattre un mal. Un remède de cheval fait donc référence aux thérapeutiques puissantes mais nécessaires pour soigner ces animaux volumineux et résistants. Appliquée à l’homme, la formule sous-entend qu’un médicament ordinaire ne suffit pas à guérir une maladie ou une blessure, d’où la mise en place d’un “traitement de cheval” ou d’une “médecine de cheval”.    



  67 - Il pleut comme vache qui pisse


Certes, l’expression “il pleut comme vache qui pisse” manque d’élégance mais, très imagée, elle ne prête à aucun malentendu sur son sens. D’où vient cette formule très employée dans le langage populaire ? Dans la réalité, la miction de la vache est-elle aussi abondante qu’on le dit ? Et pourquoi avoir choisi la vache plutôt qu’un autre gros animal ?

L’expression “il pleut comme vache qui pisse” est utilisée pour décrire une pluie intense. Dans un français plus académique, on dirait “il pleut/tombe des hallebardes, des trombes d’eau ou des cordes”. En 1935, dans son ouvrage “La belle lurette“, l’auteur Henri Calet écrivait non sans humour : « Les bons amis ne venaient pas car il pleuvait comme vache qui pisse et l’on n’aurait pas mis un chien dehors. » Pour les anglo-saxons, il ne pleut pas des vaches mais des chats et des chiens (It’s raining cats and dogs)    



  68 - Prendre quelqu’un pour un pigeon


« Il a essayé de me vendre une fortune sa vieille voiture, il m’a pris pour un pigeon ! ». Cette expression signifie qu’une personne en traite une autre comme une imbécile et essaie de la duper. Mais pourquoi utilise-t-on un tel volatile pour traduire cette mauvaise intention ? Cet oiseau est-il si naïf et si stupide ?

Prendre quelqu’un pour un pigeon, c’est le manipuler, le tromper. Un pigeon fait l’objet d’une arnaque, se fait duper. Être un pigeon, c’est donc être un peu naïf et stupide au point de se faire dépouiller ou « plumer ».

Un dicton vient renforcer cette idée de bêtise mêlée de crédulité : « tous les matins, un pigeon se lève » : cela laisse entendre, pour un escroc, qu’il suffit d’attendre sa proie pour qu’elle tombe dans ses filets, car il existerait de nombreuses personnes susceptibles d’être bernées.

Finalement le pigeon peut se faire avoir parce qu’il est trop crédule, mais aussi parce qu’il est tombé sur un escroc qui a bien organisé son mauvais coup.    



  69 - Monter sur ses ergots


Que l’on monte sur ses ergots ou sur ses grands chevaux, la réaction est la même : on prend une attitude hautaine pour se défendre bec et ongles comme les gallinacés auxquels l’expression fait référence. Monter, se dresser, se tenir ou se hausser sur ses ergots, du Moyen Âge à aujourd’hui, découvrons une locution dont le sens a évolué au gré des époques et des auteurs, mais qui garde toujours en toile de fond, le coq et son esprit combattif.

Le verbe ergoter désigne l’action de chicaner sur des riens, de contester mal à propos, de discuter, de chipoter, de pinailler (familier). Selon les dictionnaires contemporains, l’expression monter sur ses ergots signifie au sens figuré s'emporter, se montrer menaçant, prendre une attitude hautaine et agressive, être orgueilleux, s'opposer, se défendre, défendre son amour-propre. On dit aussi se dresser sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, se hausser sur ses ergots. Dans le registre animalier, une formulation synonyme est monter sur ses grands chevaux.    



  70 - Tuer la poule aux œufs d’or


La poule aux œufs d’or, voilà une fabuleuse créature que l’on retrouve sous forme d’expression dans le langage courant, mais aussi dans les fables, les contes pour enfants ou dans les films. Qui a eu la géniale idée d’inventer la poule aux œufs d’or, source inépuisable de richesse ? Mais surtout, qui a fait le mauvais choix de la tuer, se privant ainsi d’un formidable trésor ? Et quelle morale faut-il en tirer ? Nous allons tout vous raconter sur cette histoire née à l’Antiquité puis couronnée de succès au XVIIe siècle. Nous verrons aussi que ce récit n’est pas aussi farfelu qu’il n’y paraît car certains œufs valent vraiment de l’or !

L'expression tuer la poule aux œufs d'or signifie se priver de profits à long terme pour combler des envies à court terme ; sacrifier des revenus prometteurs pour satisfaire des intérêts immédiats. Tuer la poule aux œufs d’or, c’est détruire une abondante et prometteuse source de richesse pour en bénéficier tout de suite. La formule laisse entendre que par cupidité et impatience, on risque de tout perdre.    



  71 - Une poule n’y retrouverait pas ses poussins


Une poule n’y retrouverait pas ses poussins : voilà une longue expression que l’on pourrait résumer en quelques mots seulement : un grand désordre. Nous apprendrons dans cet article pourquoi le gallinacé et sa progéniture sont utilisés pour exprimer la notion de pagaille. Nous verrons également qu’ils ne sont pas les seuls. Il arrive en effet que la chatte ne retrouve pas ses petits ni la vache, son veau. Nous en profiterons aussi pour voir comment la poule retrouve ses poussins et comment les oisillons reconnaissent leur mère. Partons vérifier si le bazar règne dans le poulailler

Une poule n’y retrouverait pas ses poussins ou une poule n’y retrouverait pas ses petits évoque au sens propre, un endroit où règne un désordre phénoménal. Au sens figuré, on emploie l’expression pour décrire une situation compliquée ou confuse. La locution a fait une entrée tardive dans les ouvrages de référence. en 1979, les linguistes Alain Rey et Sophie Chantreau la définissent ainsi dans leur Dictionnaire des expressions et locutions : “Se dit d'un désordre, d'un fouillis inextricable.” Le Dictionnaire de l’Académie française, pour sa part, n’introduit sa définition que dans sa 9e édition (actuelle) dont les premières parutions datent de 1992 : “Une poule n’y retrouverait pas ses poussins, le désordre y est extrême.”    



  72 - Instinct animal : de quoi parle-t-on ?


 

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