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Que veut dire cette expression ? 21 à 30


 

 

  21 - Être fier comme un paon


Le paon est sûrement l’un des plus beaux représentants de la famille des gallinacés. Le port altier, il déploie sa roue au plumage multicolore et parade fièrement devant sa cour. C’est d’ailleurs à cet oiseau majestueux que l’on doit la formule se pavaner. Nous allons détailler l’origine de l’expression “fier comme un paon” et voir pourquoi le volatile symbolise une fierté teintée d’arrogance.

Une personne “fière comme un paon” affiche une allure hautaine, condescendante vis-à-vis d'autrui, fait preuve d’une fierté arrogante, montre de l'orgueil. Dans le registre animalier, une locution similaire est “fier comme un coq”. Parmi les synonymes, on peut citer arrogant, hautain, prétentieux, vaniteux ou dédaigneux. En 1890, Georges Courteline écrivait dans son ouvrage Le train de 8h47 : “Il semblait se faire un point d'honneur d'être la honte de son peloton (...); toujours satisfait de lui, d'ailleurs, fier comme un paon de son ignorance crasse et acceptant les observations avec une douce ironie de grand seigneur.” Bien que d’usage vieilli, la comparaison avec l’oiseau dépeignait également un homme orgueilleux ou glorieux - dans le sens d’une personne vaine qui affecte un air de supériorité    



  22 - Faire tourner en bourrique


Asticoter quelqu’un au point de le rendre chèvre, voilà en substance ce que veut dire la locution “faire tourner en bourrique”. Nous allons voir ci-dessous comment est née cette expression populaire et pourquoi la comparaison se fait avec un âne. Il est aussi intéressant de savoir pourquoil’équidé est associé depuis des siècles à la bêtise et l’entêtement.

Du Grand Robert au Larousse, les dictionnaires contemporains définissent l’expression “faire tourner en bourrique” comme l’action d’abrutir, d’abêtir quelqu’un par des exigences, des taquineries, des ordres contradictoires, généralement formulés de façon volontaire et incessante. Par abrutir une personne, on entend l’énerver au plus haut point, lui faire perdre patience, l’exaspérer, la rendre folle. En d’autres mots ou formules, “faire tourner une personne en bourrique” revient à la tourmenter de manière à la pousser à bout ; lui taper sur les nerfs (sur le système) ou encore, à la rendre chèvre    



  23 - Tirer les vers du nez


Certaines expressions animalières sont poétiques, d’autres drôles. “Tirer les vers du nez” fait partie de ces locutions qui renvoient une image peu ragoutante. Que viennent donc faire des asticots dans votre appendice facial ? À cette locution datant du Moyen Âge sont attribuées plusieurs origines dont aucune n’a été formellement attestée. Si les hypothèses divergent sur la genèse de la locution, “tirer les vers du nez” n’en demeure pas moins une métaphore animalière qui nous en apprend beaucoup sur notre histoire.

Issue du langage familier, la locution “tirer les vers du nez” veut dire faire parler quelqu'un ; lui arracher les mots de la bouche ; l’amener à dire ce que l’on cherche à savoir ; réussir habilement à le faire avouer ; obtenir en le questionnant adroitement des renseignements qu'il ne voulait pas divulguer, un secret qu’il entendait cacher ; lui soutirer une information. La métaphore animalière a inspiré moult auteurs au fil des siècles.    



  24 - Avancer comme un escargot


Pour railler une personne qui marche, qui roule ou qui travaille sans se presser, on la compare à une tortue ou à un… escargot. Certes, le mollusque se déplace très lentement mais pour rappel, il n’a pas de pattes ! Dépourvu de membres, comment fait-il pour se déplacer ? À quelle “lenteur” avance-t-il ? L’escargot est-il l’animal le plus lent de la Terre ? Et si son rythme tant moqué constituait une grande qualité ? L’important n’est-il pas d’arriver à destination, quelle que soit la vitesse ?

Apparue au cours du XXe siècle, l’expression “avancer comme un escargot“ est très facile à comprendre : elle signifie aller très lentement, prendre son temps. Employée dans divers contextes, (lenteur à pied, en voiture, inefficacité au travail…), la locution présente quelques variantes telle “marcher comme un escargot”, “rouler” ou “se traîner comme un escargot”.    



  25 - Avoir le cafard


Avoir le cafard traduit un sentiment de tristesse. Pour rester dans le registre animalier, avoir le cafard c’est en quelque sorte avoir le bourdon. Mais quel est le rapport entre la blatte et le fait de déprimer ? De quand date cette expression ? La locution a-t-elle vraiment un lien avec l’insecte ?

“Avoir le cafard” : cette locution issue du langage familier signifie se sentir déprimé, mélancolique, triste, abattu, accablé, démoralisé, découragé. Plusieurs expressions françaises traduisent le même état d’accablement parmi lesquelles on peut citer “avoir le bourdon” et ses variantes : “avoir le blues”, le moral dans les chaussettes, le moral à zéro, le spleen, les idées noires, le vague à l'âme, ou encore, broyer du noir.    



  26 - Poser un lapin


Nous connaissons tous la signification de l’expression populaire “poser un lapin”. Mais pourquoi déplacer l’animal ? Pour le poser où ? Et pourquoi un lapin ? Si le sens de la locution est aujourd’hui largement connu, sa logique ne saute pas aux yeux. Poser un lapin : voilà une formule argotique datant du XIXe siècle qui soulève bien des questions quant à son origine. Nous allons tout vous expliquer.

L’expression “poser un lapin” désigne le fait de manquer un rendez-vous, ne pas honorer une entrevue préalablement fixée, de faire faux bond, de se désengager au dernier moment sans prévenir la personne qui nous attend    



  27 - Être chargé comme une mule


“Être chargé comme une mule” est une expression fortement imagée qui laisse facilement entrevoir sa signification. En faisant clairement référence à l’équidé jadis utilisé pour le bât et la traction, la formule se révèle très explicite. Nous allons étudier plus en détail le sens de cette locution familière, l’époque de son apparition, les raisons pour lesquelles la mule sert de comparaison et pas un autre animal de travail, comme le cheval.

Issue du langage populaire, la locution “être chargé comme une mule” veut dire porter un fardeau, un poids, une charge lourde, comme en témoigne la citation suivante : “Et pas question de redescendre pour aller chercher un outil ou quoi que ce soit : il faut prendre tout le matériel et grimper, chargé comme une mule.” (Peter Dontzow, Un militant, trois poules, 2011). Cet idiotisme animalier présente plusieurs variantes parmi lesquelles on peut citer : “être chargé comme un mulet” ou comme un baudet, un bourricot, un âne ou une ânesse. La même formule existe en anglais (to be loaded down like a mule).    



  28 - Se tailler la part du lion


Se tailler la part du lion consiste, par exemple, à prendre la plus grosse portion d’un gâteau. On peut légitimement se demander si cette fameuse locution reflète la réalité et, le cas échéant, pour quelle raison le fauve s’empare des meilleurs morceaux sans être contesté. Depuis l’Antiquité, les privilèges que s’octroie le roi des animaux ont inspiré moult récits, symboles et expressions. Et, réflexion faite, il peut être plus juste de dire “se tailler la part de la lionne”.

La locution “se tailler la part du lion” désigne l’action de prendre la majorité ou le meilleur parti de quelque chose ; de se réserver la plus grande ou la plus belle part. Parmi les formules au sens proche, on peut citer “se tailler un empire”.    



  29 - Avoir le bourdon


Pour rester dans un registre animalier qui nous est cher, l’expression “avoir le bourdon” décrit l’état d’âme d’une personne qui a le… cafard. À première vue, le lien entre un insecte volant (ou rampant) et un sentiment de tristesse ne saute pas aux yeux. Mais la locution fait-elle vraiment référence à l’animal qui butine les fleurs de nos jardins ? Pour bien comprendre cette expression et connaître ses origines, il faut d’abord se mettre d’accord sur la signification du mot bourdon.

Issue du langage familier, la locution “avoir le bourdon” signifie déprimer, ne pas avoir le moral, se sentir triste, découragé, démoralisé, abattu. Plusieurs expressions françaises traduisent le même état d’accablement parmi lesquelles on peut citer : avoir le cafard, le blues, le moral dans les chaussettes, le moral à zéro, le spleen, des idées noires, le vague à l'âme, avoir (ou faire) un coup de calcaire ou encore, broyer du noir. Pour la petite histoire, les Hollandais disent “se trouver dans le puits” (in de put zitten) ainsi que “se trouver dans sac et cendre” (in zak en as zitten).    



  30 - Être malin comme un singe


Ingéniosité, habileté, adresse… autant de qualités que peut posséder quiconque est malin comme un singe. Si aujourd’hui, la formule relève de la flatterie, il faut savoir qu’au Moyen Âge, la comparaison n’avait rien d’une louange. Quelle est l’origine de l’expression “être malin comme un singe” ? Pourquoi avait-elle jadis un sens péjoratif ? Comment la médisance a évolué en un compliment ? Mais au fait, le singe est-il vraiment malin ?

La formule “être malin comme un singe” signifie être ingénieux, futé, astucieux, débrouillard, dégourdi ou habile. Cette expression du langage populaire qualifie une personne capable de résoudre des problèmes avec facilité ou de s’extraire aisément d’une situation délicate    


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