
Le Relief
Son relief; est composé de quatre ensembles : les chaînes côtières du Tell ; une suite de plateaux et de hautes plaines; une bande montagneuse méridionale, prolongation du Haut Atlas marocain ; la région du Sahara avec ses massifs montagneux. Le Tell Occidental est constitué essentiellement de deux chaînes : l'une bordant la côté, l'autre plus méridionale séparée par une longue dépression que jalonnent les plaines de la Mteta, de la Sebkha d'Oran, de Relizane et de la vallée de Chlef. La chaîne tellienne méridionale : Les monts de Tessala, des Beni-Chougranes et le massif d'Ouarsenis dominent, au sud, une suite de plaines intérieures : Tlemcen, Sidi-Bel-Abbès, Mascara et Sersou. Elle se prolonge, au-delà de l'Ouarsenis, par les monts du Titteri et la chaîne des Bibans.
La chaîne côtière comprenant les petits massifs de la région d'Oran et d'Arzew, se continue au-delà de Chlef par la lourde échine de Dahra et se termine par le massif du Zaccar. Le Tell Oriental : au-delà du golfe de Bejaia, le relief devient plus confus, la dépression tellienne s'efface et les deux chaînes se confondent dans les monts du Guergour et du Ferdjioua et dans la chaîne numidique, au Sud de la chaîne de Bejaia Les hautes plaines, situées entre l'Atlas Saharien et les chaînes telliennes larges de 200 Km, hautes de 1 000 à 1 200 m, se rétrécissent vers la dépression au Hodna (400 m). Elles sont accidentées par des dépressions fermées formant des canyons en Oranie. Dans les Hautes Plaines Constantinoises s'élèvent de petits massifs montagneux.
L'Atlas Saharien constitue le prolongement du Haut Atlas et s'étend jusqu'à Biskra. Il est formé par un ensemble de relief calcaire de style jurassien, où l'évolution géomorphologique n'a laissé que des ruines, véritables squelettes montagneux, s'élevant au-dessus de dépressions, emplies de débris d'érosion. De l'Ouest à l'Est, se succèdent le Mont d'El-Ksour (2230m), le Djebel Amour (1930m), les Ouleds Naîl (1600 m) et les monts des Zibans. A l'Est des gorges d'EI-Kantara, au nord de Biskra, les altitudes s'élèvent ; le volume montagneux devient imposant avec l'Aurès dont le point culminant est le Djebel Chellia (2 328 m).
Ce massif aux plis réguliers est flanqué à l'Ouest par le massif de Belezma et à l'Est par
les monts des Nemenchas et de Tebessa.
Au pied de l'Atlas Saharien, l'Aurès domine brutalement, de plus de 2 000 m, la dépression des chotts
(chott Meirhir à 24 mètres au-dessous du niveau de la mer). Le relief du Sahara se caractérise par la netteté
des formes structurelles. Il est assez varié avec la dorsale de terrains cristallins antécambriens du Hoggar
dont les pénéplaines - Hamadas - étagées sont dominées par des reliefs volcaniques, ici se trouve le Tahat
(2 918 m). Dans les régions déprimées sont conservées des formations sédentaires : les plateaux d'Adrar, du
Tassili, du Hoggar des dépôts éocènes de la cavité de Tindoùf, des plateaux du Tademaît, de Tinghert, de la
Hamada EI-Hamra, du Mezak enfin, des formations tertiaires, généralement continentales. Les Oueds encaissés
dans les massifs montagneux se perdent ensuite en épandant leurs alluvions dans des cuvettes salines.
Les plaines des régions cristallines sont dominées par des reliefs résiduels. Les plateaux sédimentaires sont limités par 'de longues falaises, leurs surfaces rocheuses et nues formant les Hamada Tabulaires. Les étendues de cailloux mélangés au sable sont les Regs. Enfin le sable est répandu un peu partout, mais il ne s'accumule en dunes que dans les cuvettes, ou à proximité, accroché au relief. Ces dunes se rassemblent en Ergs : les plus importants se trouvent en Algérie, le Grand Erg Occidental et le Grand Erg Oriental.
La répartition inégale de la population correspond à la division du territoire en deux grands ensembles physiques, résultat. d'une évolution géologique différente. En effet, les grands traits de la structure et du relief se caractérisent par le contact des chaînes alpines au relief jeune et morcelé et de lourdes et vieilles plates-formes africaines souvent uniformes dans leur rigide horizontalité. Les premières forment le domaine atlasique où se concentre l'essentiel des activités économiques, les secondes le Sahara dont l'extension embrasse tous les pays limitrophes de l'Algérie.
Le relief de la partie septentrionale est constitué par deux grands alignements de chaînes de montagnes, grossièrement parallèles à la côte, séparés par de hautes surfaces, les Hautes - Plaines. Du nord au sud s'alignent les bourrelets littoraux, les plaines sublittorales, le premier alignement de montagnes ou Atlas Tellien, les Hautes-Plaines, le deuxième alignement do montagnes on Atlas saharien prolongé par les surfaces sahariennes accidentées localement, Cependant cette disposition n'est point uniforme et une étude de détail révèle une grande diversité.
Les plaines des régions cristallines sont dominées par des reliefs résiduels. Les plateaux sédimentaires sont
limités par 'de longues falaises, leurs surfaces rocheuses et nues formant les Hamada Tabulaires.
Les étendues de cailloux mélangés au sable sont les Regs. Enfin le sable est répandu un peu partout, mais il ne
s'accumule en dunes que dans les cuvettes, ou à proximité, accroché au relief. Ces dunes se rassemblent en Ergs :
les plus importants se trouvent en Algérie, le Grand Erg Occidental et le Grand Erg Oriental.
Les bourrelets littoraux sont terminés le plus souvent par de hautes falaises et découpés par de nombreuses baies
où se logent les principaux ports, bien répartis le long de la côte (de Ghazaouet à l'ouest à Annaba à l'est) ;
de plus, ces massifs sont souvent, séparés par des plaines littorales et sublittorales comme celles d'Oran et
d'Annaba.
Il en est de même de l'Atlas tellien qui n'est point continu mais formé à l'ouest de deux séries de chaînons distincts et interrompus par des plaines intérieures. Ainsi les plaines de Marnia et des Ghossels isolent au sud les Monts de Tlemcen des Taras au nord-ouest et du Tessala au nord-est. Les plaines de Sidi-Bel-Abbès et de Mascara s'intercalent entre les Béni-Chougran, au nord, et les Monts des Daya et Saida au suri. Quant au Dahra, longue échine s'étendent de l'embouchure du Chétif jusqu'au Chénoua à l'est, il est nettement isolé de l'Ouarsenis par les plaines du Chélif.
Ainsi ce relief reste, dans l'ensemble, très aéré et ne gêne point les communications entre
les différentes unités dans ce Tell occidental. Il n'en est pas de même dans le Tell central. Là. la régularité
précédente s'atténue et s'efface progressivement ;l'Atlas blidéen se confond aisément avec les Monts Tittéri
tandis que l'ensemble montagneux de la Grande Kabylie, très compact, les Bibans et les Monts du Hodna se soudent.
Seul l'oued Soummam permet les communications avec la côte (Bédjaïa).
Plus à l'est, de ce dernier port jusqu'à l'Edough, les barrières montagneuses se succèdent et encadrent au sud
des Hautes-Plaines Constantinoises dominés au sud par les Monts du Hodna, les Aurès et les Nememcha.
Les Hautes plaines Constantinoises. bien individualisées et vouées depuis la haute antiquité à la céréaliculture,
n'offrent pas les mêmes traits que Hautes - Plaines algéro-oranaises. Celles-ci s'étalant des Monts du Hodna
jusqu'au Maroc sont accidentées par des Sebkhas, étendues d'eau salée, et. sont beaucoup moins favorables à des
activités agricoles à cause de la faiblesse de la pluviosité.
Au sud de ces Hautes - Plaines algéro-oranaises et Constantinoises, s'aligne la deuxième
chaîne montagneuse, l'Atlas Saharien, formé d'une succession de chaînons, orientés S.O - N.E., d'altitude
décroissante d'ouest (2.236 m au Djebel Aïssa) en est, bien séparés par des seuils, facilitant bien les
relations méridiennes et intra régionales. Cependant, plus à l'est, entre les Hautes - Plaines constantinoises
au nord et le Sahara oriental surgit le massif de l'Aurès dont les sommets dépassent plus de 2.000 mètres.
Original à la fois par son altitude, sa hauteur au-dessus de la dépression des Chotts
(inférieure au niveau de la mer)
En revanche, le Sahara algérien, formé grossièrement par deux zones inégalement déprimés par rapport à une échine
méridienne centrale le M'zab, autre région originale, est beaucoup plus simple. Chaque zone est recouverte d'un
vaste appareil dunaire ou Erg : Erg occidental d'altitude moyenne de 400 à 600 m. et l'Erg oriental fait de traînées
de sables d'altitude décroissante depuis le pied de l'Ahagar au sud, jusqu'au pied de l'Aurès, au-dessous du niveau
de la mer, au nord. Accident notable, le Massif de l'Ahagar émerge majestueusement ses hautes cimes (2.918 m) à la
frontière du Niger, au sud-est.
Ainsi, ce relief qui s'ordonne en bandes parallèles à la côte et dont les limites sont plus distinctes dans la partie nord-ouest, et qui est plus simplifié dans le Sahara, s'explique par une évolution géologique différente. En effet, la structure met en évidence !e contact de deux zones ayant évolué séparément.
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