Le climat est soumis à des masses d'air d'origines diverses : les unes proviennent des hautes pressions qui régnent sur les Hauts Plateaux. L'air tropical maritime souffle en hiver sous forme d'un flux tiède et humide du Sud-Ouest ; de la cellule anticyclone située au-dessus du Sahara, provient un vent sec et chaud dont la température peut atteindre 49° C et l'humidité tomber à 30 %. L'Algérie, comme tout le Maghreb, est également intéressée par des dépressions nées sur le front polaire et méditerranéen. Cette situation donne une alternance de pluie et de beau temps de la mi-septembre à la fin mai. Lorsque l'anticyclone des Açores et celui de l'Europe Centrale se conjuguent, un temps à ciel clair règne sur l'Algérie.
Ainsi, le Nord de l'Algérie est soumis pendant trois ou quatre mois, au régime de la zone désertique et pendant huit ou neuf mois, à celui de la zone tempérée, ou alternent une saison sèche et une saison humide et fraîche. Toutefois, le relief forme un obstacle à la pénétration de l'air marin méditerranéen vers l'intérieur du pays et la continentalité s'accentue vers le sud. En outre, les pluies tombant sur la zone littorale, les masses d'air océaniques ont perdu de leur humidité lorsqu'elles pénètrent à l'intérieur. Le climat méditerranéen se dégrade fortement de la côte vers l'intérieur et délimite des bandes climatiques variées. Les précipitations permettent de distinguer au Nord, la bande tellienne qui reçoit plus de 400 mm et, au Sud, la bande steppique qui reçoit moins de 400 mm.
Lire suite dans les articles : 02, 03, 04, 05 ...
Le Tell est un domaine de forêts et de cultures : dans le Tell maritime les températures douces permettent la culture de la vigne, des agrumes et des primeurs. Il forme une étroite bande côtière de quelques kilomètres, rapidement remplacé par le Tell continental, où déjà se font sentir des gelées et des pluies de printemps favorables à l'herbage. Puis, la végétation devient discontinue et se localise sur les maigres points d'eau : c'est la zone désertique, zone où la température reste élevée durant toute l'année. La rapidité de la variation de température est Ie fait d’un air très sec, de nébulosités nulles. Le taux d'humidité relatif, le plus bas enregistré à Tamanrasset, est de 3 %. L'évaporation peut atteindre 6 000 mm/an, alors que les pluies sont d'une extrême faiblesse. Les pluies annuelles sont inférieures à 100 mm/an. L'irrégularité des pluies constitue le trait dominant. Certaines régions ne sont arrosées que tous les 5 ou 10 ans, recevant alors de fortes quantités d'eau en quelques jours. Les régions montagneuses comme le Hoggar, constituent des secteurs de températures moins élevées. Les conséquences du climat se font sentir sur la végétation et sur les implantations humaines, mais aussi sur les formes du relief.
► TEMPERATURES : Les températures varient selon les régions. Le long de la Méditerranée, les températures moyennes s'inscrivent entre 1 î" et 24" C. Les mois d'été sont chauds et humides et les températures oscillent entre 28" et 32" C. Dans le désert il convient de signaler l'écart de température considérable entre le jour et la nuit. L'es journées sont chaudes, soit 36" C en moyenne.
► LES SAISONS : En Algérie, les quatre saisons climatiques sont bien différenciées. Cependant, le soleil brille tout le long de l'année et les hivers sont doux.
► L'ÉTÉ :
Époque idéale pour séjourner au bord de la mer et pour taire du
tourisme dans les régions côtières. Ce n'est pas la meilleure
période pour le tourisme Saharien, mais les voyages sont toujours
possibles.
► AUTOMNE - PRINTEMPS :
Saisons suffisamment chaudes pour séjourner au bord de la mer,
propices pour visiter l'intérieur du pays et pour le tourisme
Saharien. Si le temps est un peu nuageux sur les Hauts Plateaux, en
général les températures sont douées sur tout le territoire.
► L'HIVER :
L'hiver algérien est assez clément, les séjours au bord de la
mer sont possibles, sinon les baignades. Époque idéale pour visiter
le Sahara, les Oasis et le grand Sud. Dans les régions montagneuses
du Nord, il neige pendant cette période ce qui permet la pratique
des sports d'hiver.
Le climat est le facteur géographique essentiel. Des hauteurs des pluies et surtout de leurs répartitions au cours de l'année agricole, de la nature de certains vents, dépend en grande partie la quasi-totalité des activités agro-pastorales. Une carte de la répartition des pluies fait apparaître un accroissement de ces dernières d'ouest en est et une régression nette du nord au sud.
Ce sont les zones montagneuses littorales de l'est, directement exposées aux vents humides qui enregistrent les hauteurs les plus élevées. A partir du méridien de Cherchell et jusqu'à la frontière tunisienne, les précipitations restent supérieures à 600 mm et certaines dépassent les 1.000 mm (Djurdjura, les Babor, l'Edough). En revanche, à l'ouest du méridien indiqué, une grande partie des plaines du Chélif, les plaines littorales et sublittorales d'Oran sont insuffisamment arrosées : moins de 400 mm. Seules les montagnes de l'Atlas tellien reçoivent de 400 à 600 mm. Dès qu'on franchit vers le sud cet Atlas, les précipitations diminuent rapidement, à l'exception des Monts de l'Aurès, d'une partie du Djebel Amour, qui atteignent encore les 400 mm. Cette délimitation détermine en gros deux grandes zones d'agriculture. Dans la première, les cultures sèches sont généralement possibles et rentables. On rencontre également une végétation abondante et de belles forêts. Dans la seconde, par contre, la céréaliculture n'est possible qu'exceptionnellement. Là, les activités pastorales dominent, les forêts disparaissent. En effet, les pluies revêtent une double irrégularité : une irrégularité annuelle et une irrégularité inter annuelle. Les pluies sont souvent torrentielles, étalées sur quelques jours alors qu'on assiste souvent à de longs mois secs et chauds. D'une année à l'autre, les hauteurs varient beaucoup, parfois du simple au double : Alger, dont la moyenne annuelle est de 760 mm, a enregistré 400 mm en 1913 et 1.305 mm en 1847, Djelfa qui reçoit en moyenne 308 mm a connu 90 mm en 1913 et 775 mm en 1847.
Cette irrégularité, qui affecte bien souvent l'intérieur, est aggravée par les températures et localement par les vents desséchants. Si les amplitudes annuelles dans le littoral sont encore faibles, ailleurs elles sont élevées : 44° à Miliana et 54° à El-Asnam. Inversement, en raison de l'éloignement de la mer, le froid devient plus sensible sur la bordure sud du Tell avec des minima extrêmes de -13° à Berrouaghia (Médéa), -11° à Bouïra, et sur les Hautes - Plaines avec des minima extrêmes de -9° à Sétif, -12° à Batna dans le Constantinois, -15° à El-Bayad dans l'Oranie. Seuls le littoral, les plaines d'Oran, du Bas - Chélif, de la Mitidja et d'Annaba, sont épargnés par le gel. Si dans les Hautes - Plaines, il dure vingt jours par an, il peut s'étendre sur cinquante jours par an dans la région de Sétif et Bordj-Bou-Arreridj. Tous ces facteurs interviennent dans l'individualisation des régions et sous - régions et les prédisposent à une mise en valeur particulière.
Ainsi, les régions côtières, sous l'influence marine directe, sont abondamment arrosées et connaissent de faibles écarts de températures. Elles sont vouées à une utilisation permanente et intensive du sol et sont, dans les sahels, spécialisées dans la production fruitière et maraîchère, indispensable à l'approvisionnement des grandes agglomérations urbaines, concentrées sur la côte (Oran, Alger, Annaba). Les plaines et collines sublittorales, encore suffisamment pluvieuses, mais avec une atmosphère plus sèche et des températures un peu plus accusées, sont plutôt semi - continentales. Dans les deux zones, la végétation naturelle, quoique conservée difficilement dans quelques massifs, par suite de l'extension des cultures, offre de belles essences telles que les chênes-lièges dans le Constantinois, les thuyas dans le Tell oranais.
En revanche, les Hautes - Plaines, caractérisées par de fortes amplitudes diurnes et annuelles, par des étés chauds et des hivers froids, par une pluviosité nettement insuffisante, connaissent un climat rude, souvent semi-aride. La céréaliculture n'est pas toujours et partout possible. La végétation naturelle est représentée par l'association très caractéristique de l'olivier sauvage et du lentisque qu'accompagnent les genêts et les palmiers nains ( « doum » ). Cette association du genre brousse a presque partout disparu en raison du défrichement et il n'en reste que le palmier nain et quelques plantes vivaces (asphodèles). Au-dessous de 300 mm de pluie environ apparaissent les formations du type steppique, formations discontinues. Les steppes d'alfa ou d'armoise sont les plus répandues. Au rebord méridional de l'Atlas saharien commence le Sahara proprement dit. Cette limite correspond aussi à la courbe de pluviosité 100 mm. Le paysage, les genres de vie, sont très différents de ceux du nord. La vie et les activités se limitent à quelques îlots privilégiés.
Les pluies, plus qu'au nord, se définissent avant tout par leur irrégularité : à Tamanrasset, il est tombé une année 160 mm, une autre 6 mm, à Ouargla 70 mm une année et rien l'année suivante. La durée extrême des périodes sans pluies atteint trois ans au Tadmaït et cinq dans le Hoggar. Il en résulte une végétation très rare, qui apparaît rapidement après ces chutes de pluies et disparaît aussitôt. La flore est extrêmement dispersée : quelques graminées en touffes, drinn, had, cram-cram, quelques arbustes toujours rabougris et souvent épineux, éthels, acacias, jujubiers et quelques espèces plus variées dans les lits d'oueds aux eaux souterraines ou dans les zones montagneuses. Une telle flore ne peut entretenir qu'une faune raréfiée. Les espèces sont forts réduites : quelques antilopes, gazelles, lièvres, gerboises, quelques oiseaux et quelques reptiles et insectes.
Ainsi plus que le relief, c'est le climat qui définit le mieux les différentes régions de l'Algérie. Ses conséquences, la végétation, les sols ainsi que d'autres facteurs physiques tels que l'exposition et l'étendue en latitude, contribuent à la délimitation de secteurs propres, aptes à une utilisation particulière. Si toute la région littorale est propice aux cultures fruitières et maraîchères méditerranéennes (agrumes), les coteaux abrités et ensoleillés sont particulièrement réservés aux vignobles (exemple, les coteaux de Mascara, ceux du Dahhra, de Médéa, dans le Titteri). Les sahels d'Oran, d'Alger et d'Annaba, se spécialisent dans les primeurs, tandis que les plaines intérieures permettent des cultures variées. Les versants, généralement, sont réservés à l'arboriculture alors que les plateaux et les hautes plaines suffisamment arrosés sont destinés à la céréaliculture. Ailleurs, c'est l'activité pastorale qui domine, à l'exception de quelques points d'eaux aménagés.
Dans les régions sahariennes, les activités agricoles se cantonnent
dans quelques régions privilégiées par leurs ressources hydrauliques
souterraines telles que le Souf. Cependant, en dépit d'une nature
très hostile, l'homme est parvenu parfois à créer « la vie » en
aménageant les rares eaux de ruissellement comme dans le M'Zab.
D'autre part, dans le Tell, il existe des possibilités
beaucoup plus larges : les eaux de ruissellement résultant des
averses se perdent, l'infiltration reste partielle, voire réduite.
Quoi qu'il en soit, les conditions naturelles, en dépit d'une
dégradation vers le sud, présentent de nombreux avantages et l'homme
a su les utiliser. De plus, dans d'autres domaines, les ressources
sont généralement variées et abondantes comme l'ont attesté de
nombreuses études.